‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 141 sur 191 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

les projets du général. Ils se laissaient facilement abattre dans toutes les occasions où il fallait quelque effort extraordinaire de patience et de courage. Les plus anciens compagnons de Cortès, ceux même qui lui étaient restés fidèles quand tous les autres l'avaient abandonné, s’effrayaient à la vue des dangers auxquels il fallait s’exposer pour réduire une ville aussi avantageusement située que l’était Mexico, et défendue par une armée nombreuse. La crainte les conduisait à discuter avec uneprésomption et une liberté peu convenables à de simples soldats les plans de leur général et la difficulté du succès. De là ils passèrent à la censure et aux déclamations, et enfin ils se déterminèrent à pourvoir à leur sûreté, que Cortès leur paraissait négliger entièrement. Antonio Villefagna, simple soldat, mais audacieux, intrigant et fortement attaché à Velasquez, nourrissait avec adresse ce mécontentement. La maison qu’il habitait devint le rendez-vous des séditieux. Ils ne trouvèrent d'autre moyen d'arrêter Cortès dans sa carrière que de l'assassiner, lui et ceux des officiers les plus considérables qui lui étaient attachés, et de donner le commandement à un autre officier, lequel, abandonnant des projets qui leur paraissaient extravagants, prendrait de meilleures mesures pour le salut commun. Le désespoir les encourageait au crime. Au moment fixé pour l’exécution de ce complot, les officiers qui devaient périr, ceux qui devaient leur succéder, tout était désigné. Les conspirateurs avaient signé un acte d'association et s'étaient liés entre eux par les serments les plus solennels. Mais le soir du jour qui précédait celui de l'exécution, un des anciens compagnons de Cortés, qui s’élait laissé séduire par les conjurés, touché de repentir à la vue du danger dont était menacé un homme

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