‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 175 sur 191 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

dition qu’Almagro lui payerait cent mille pesos pour le défrayer de la dépvase de son armement. Plusieurs de ses soldats prirent parti dans les troupes d’Almagro, et cette expédition, qui semblait devoir perdre Pizarre et sa colonie , contribua ainsi à augmenter ses forces.

Vers le même temps Ferdinand Pizarre était arrivé en Espagne. L’immense quantité d’or et d'argent qu'il apportait y causa autant d’étonnement qu’elle en avait excité à Panama et dans les autres colonies espagnoles. Pizarre fut reçu de l'empereur avec les égards dus à un homme qui lui apportait un présent dont la valeur surpassait toutes les idées que les Espagnols s'étaient formées de la richesse de leurs acquisitions en Amérique, même après avoir été pendant dix ans maîtres du Mexique. Pour récompenser les services de François Pizarre, l'empereur le confirma dans sa qualité de gouverneur, en y joignant de nouveaux pouvoirs et de nouveaux priviléges, et en étendant les bornes de son gouvernement à soixante-dix lieues au sud, le long des côtes, par delà les limites fixées dans sa première patente. Almagro obtint aussi les honneurs qu'il avait si longtemps désirés. On lui donna le titre d’adelaniade ou gouverneur, et sa juridiction fut étendue sur deux cents lieues de pays , à commencer des limites méridionales du gouvernement de Pizarre. Ferdinand lui-même ne demeura pas sans récompense. Il fut fait chevalier de l’ordre militaire de Saint-Jacques, distinction toujours flatteuse pour un gentilhomme espagnol, et retourna au Pérou accompagné de beaucoup de personnes de plus grande distinction que celles qui avaient jusqu'alors servi en Amérique.

On reçut au Pérou quelques nouvelles de sa négociation avant qu'il y arrivat lui-même. Almagro ne fut pas plu-

tôt instruit qu’il avait obtenu de l’empereur un gouvernement indépendant, qu'il prétendit que Cuzco, où résidaient les Incas, y était compris, et qu'il se prépara à se rendre maître de ce poste important. Jean et Gonzalès Pizarre se mirent en devoir de le repousser. Chacun des contendants avait un parti puissant, et la dispute allait se décider par le sort des armes, lorsque François Pizarre arriva dans ja capitale; il n’y avait jamais eu entre ce guerrier et Almagro de réconciliation sincère. La perfidie de Pizarre , qui s’était fait donner à lui seul des honneurs et des avantages qu'il devait partager avec son associé, était toujours présente à l'esprit de l'un et de l’autre. L'un , ne pouvant se dissimuler sa mauvaise foi, ne se flattait pas que son rival la lui pardonnat; l’autre, se souvenant toujours qu'il avait été trompé, ne cherchait que les cccasions de se venger. L’avidité et l'ambition les avait portés tous deux à suspendre leur haine réciproque, et même à agir de concert pour obtenir les richesses ut la puissance, mais ils n’eurent pas plutôt atteint le but de leurs désirs, que les mêmes passions qui avaient formé cette union passagère les divisèrent de nouveau. Chacun d’eux avait auprès de lui un certain nombre de subalternes intéressés à les flatter, qui, avec l'art et la méchanceté particulière à cette espèce d'hommes, aigrissaient leurs soupçons mutuels et grossissaient à leurs yeux les torts les plus légers. Mais, malgré toutes ces causes d’inimitié, ils connaissaient si bien l’un et l’autre leurs talents respectifs qu'ils craignaient également les conséquences d’une rupture ouverte. L’arrivée de Pizarre à Cuzco et l'adresse mélée de fermeté qu'il montra dans ses plaintes contre Almagro et ses partisans détournérent alors l'orage. Il se fit une nouvelle réconciliation

ernerésià à se nzalés n des allait izarre re ce rfidie neurs socié, autre.

ne se re, se rchait bition ciprohesses int le vaient nveau.

bre de , et la aigris- | leurs es ces l’autre nt les izarre nontra étourliation

Page 1