‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 176 sur 191 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

dont la condition principale fut qu’Almagro tenterait la conquête du Chili et que, s’il n’y trouvait pas un établissement digne de lui, Pizarre, pour l’indemniser, lui cèderait une partie du Pérou. |

Dès que cette affaire importante fut \ezminée , Pizarre revint dans les provinces voisines de la mer, et comme il jouissait alors d’une tranquillité qui n’était troublée par aucun ennemi, ni espagnol ni indien, il s’occupa, avec l’ardeur et la constance qui distinguent son caractère, à établir un gouvernement régulier dans les vastes pays soumis à son autorité. Quoique son éducation le rendit incapable de toute recherche sur les principes de la police intérieure, et que le genre de vie qu’il avait mené jusquela parût peu compatible avec l’ordre que demande l’administration , sa sagacité naturelle suppléa aux lumières et à l'expérience. Il partagea le pays en différents districts, et il établit des magistrats dans chacun. Il fit des règlements sur l’administration de la justice, la perception des impôts, le travail des mines et le traitement des Indiens. Ses lois furent simples et n'avaient pour objet que la prospérité publique.

Mais, quoiqu'il proportionnat son plan à l’état de faiblesse où était sa colonie naissante , son esprit étendu se portait vers l'avenir. Il se considérait lui-même comme le fondateur d’un grand empire, et délibéra longtemps avec beaucoup de sollicitude sur le lieu où il placerait le siége du gouvernement. Cuzco, la résidence des Incas, était

située dans un coin de l’empire à plus de quatre cents’ |

milles de la mer, et plus éloignée encore de Quito, province dont l'importance lui paraissait extrême. Le Pérou n'avait aucun autre établissement qui méritat le nom de ville et qui pdt déterminer les Espagnols à y fixer leur

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