‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 31 sur 191 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

dérable, et le sol fertile, et les Portugais reconnurent bientôt qu'il produisait de l’ivoire, de la gomme, de l'or et d’autres denrées précieuses. Cette découverte, en étendant le commerce, encourageait à de nouvelles tentalives; et des hommes dont le courage et l’activité étaient excités par la perspective d’un bénéfice certain, durent poursuivre leurs recherches avec plus d’ardeur que lorsqu'ils n'étaient animés que par l’espérance et la curiosité.

Cette disposition ne pouvait manquer d'acquérir de nouvelles forces par la protection d’un monarque tel que Jean IL: il encouragea hautement toutes les entreprises qui avaient pour but quelque découverte et en favorisa l'exécution avec tout le zèlc de son grand-oncle le prince Henri, mais avec un degré supérieur de puissance. Les effets de ses soins ne tardèrent pas à se faire sentir. Les Portug: ‘s équipèrent une flotte puissante qui, après avoir découvert les royaumes de Benin et de Congo, s’avança de plus de quinze cents milles au delà de l'équateur, et les navigateurs européens, pour la première fois, virent un nouveau ciel et observèrent les étoiles d’un autre hémisphère. Jean était non-seulement jaloux de découvrir des terres nouvelles; il s'occupait aussi à s’en assurer la possession. Jl bâtit des forts sur la côte de Guinée et y envoya des colonies ; il établit une correspondance de commerce avec les états les plus puissants, et tacha de rendre tributaires de sa couronne ceux qui étaient faibles ou divisés. Plusieurs petits princes d'Afrique se reconnurent volontairement vassaux du roi de Portugal ; d’autres y furent contraints par la force des armes. Il se forma un système régulier et bien réfléchi relativement à ce nouvel intérêt de politique, et les Portugais, en l’observant invariablement, parvinrent à établir sur un fon-

nr. :

o> tela alia ae nll ID cat

dement solide leur puissance et leur commerce en Afrique.

Une communication suivie avec les peuples de l'Afrique procura par degrés aux Portugais quelque connaissance des parties de ce continent qu'ils n'avaient pas visitées. Les instructions qu'ils reçurent des habitants, jointes à ce qu'ils avaient observé eux-mêmes dans leurs voyages, commencèrent à leur offrir des vues plus étendues et à leur suggérer l’idée d'entreprises plus importantes que celles qui les avaient occupés jusque-là. Ils avaient reconnu l'erreur des anciens sur l'état de la zone torride. En avancant plus avant vers le sud, ils trouvèrent que le continent de l'Afrique, au lieu de s'étendre en largeur selon la doctrine de Ptolémée, qui était alors l’oracle et le guide des gécgraphes , paraissait se resserrer sensiblement et se courber vers l’est. Cette observation leur inspira quelque confiance dans les récits des voyages que les Phéniciens faisaient anciennement autour de l’Afrique et qu’on avait regardés longtemps comme fabuleux; ils conçurent l'espérance qu’en suivant la route des Phéniciens ils pourraient arriver aux Indes orientales et s’emparer du commerce qui a toujours été la source de la richesse et du pouvoir des nations qui en ont joui. Le vaste génie du prince Henri, autant qu’on peut le conjecturer par la tenear de la bulle du pape, avait conçu de bonne heure l'idée de cette navigation. Tous les pilotes et mathématiciens portugais s'accordèrent alors à la regarder comme praticable. Le roi entra avec chaleur dans leurs idées et commença à concerter les mesures nécessaires pour cette grande et importante entreprise.

Avant que les préparatifs de cette expédition fussent achevés, on apprit d'Afrique que différentes nations éta-

sf

Dome

wv —

Si RG. a

tas cnt

Page 1