‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 64 sur 191 · DR | NE · texte numérisé non relu

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mal, ils accusaient Colomb et les compagnons de sa première expédition qui, par leurs descriptions pompeuses d'Hispaniola, les avaient engagés à quitter leur patrie pour un pays barbare et stérile où ils allaient périr de faim ou de maladie, Plusieurs des officiers et des colons les plus distingués adoptaient et répétaient ces plaintes séditieuses au lieu de les arrêter. Il fallut toute l'autorité et toute l'adresse de l'amiral pour rétablir la tranquillité et la subordination. Il employa alternativement les menaces et les promesses; mais rien ne contribua plus à adoucir les mécontents que l'espoir de trouver dans les mines de Cibao des trésors qui les dédommageraient de leurs souffrances et qui effaceraient de leur mémoire jusqu'au souvenir de leurs premiers malheurs.

Lorsque Colomb, par ses soins et sa prudence , eut ramené l'ordre et la paix, il crut pouvoir quitter Vile et poursuivre ses découvertes. Il voulait surtout s'assurer si nt ces nouvelles contrées tenaient à quelques régions de la | | terre déjà connues, ou si elles en étaient une portion ab- | solument séparée. Il confia en son absence le gouvernement de Vile à son frère D. Diego, aidé d'un conseil d’of- | ficiers. Il donna le commandement d'un corps de troupes à D. Pedro Margarita, qu’il chargea de visiter les diflé- | rentes parties de Vile et d'y établir l'autorité des Espa- | gnols ; après avoir laissé à l’un et à l’autre des instructions très-détaillées sur la conduite qu'ils devaient tenir. il leva l'ancre, le 24 avril, avec un vaisseau et deux pe- | tites barques. Pendant un ennuyeux voyage de cinq mois entiers, il fut éprouvé par toutes les. sortes de dangers auxquels un navigateur peut être exposé, sans faire aucune découverte importante que celle de la Jamaïque. En rangeant la côte sud de Cuba, il se trouva engagé dans

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