‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 68 sur 191 · PTS RER · texte numérisé non relu

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LIVRE DEUXIÈME. 429 grelot Indiens l’obligation de payer ce tribut étaient des maux | livres intolérables pour des hommes accoutumés à passer leurs £ ail été jours dans l'indolence sans aucun soin de Vavenir. Us ase el étaient incapables d’une industrie si régulière et si con-

s. Co- tinue; et cette servitude leur parut si cruelle que pour r qu'il | secouer ce joug ils eurent recours à un cxpédient qui ais à montre tout l’excés de leur désespoir. Ils firent le projet lui à | d’affamer ces oppresseurs qu'ils n’osaient plus combattre, opéra- et, d’après l'opinion qu'ils avaient conçue de la voracité et de des Espagnols, ils ne doutèrent pas du succès. Ils suspenoup de i dirent toute culture; ils ne semérent point de mais; ils crédit | arrachèrent toutes les racines de manioc qui étaient planrection tées; et, se retirant dans les parties les plus inaccessibles e telle de leurs montagnes, ils abandonnérent la plaine inculte à s écri- leurs ennemis. Cette résolution désespérée ne produisit it avec | qu’une partie de l'effet qu’ils en attendaient. Les Espasait de gnols furent réduits aux dernières extrémités, mais ils reins EX- | çurent si à propos des secours d'Europe et trouvèrent ne Ca- tant de ressources dans leur industrie et leur intelligence, yen de | qu’ils ne perdirent pas beaucoup d'hommes. Les malheulence, | reux Indiens furent les victimes de leur mauvaise politinon- que. Confinés dans des montagnes stériles, sans aucune les ri- nourriture que les productions spontanées de la terre, sabelle | ils sentirent bientôt toutes les horreurs de la famine, qui tif qui fut suivie de maladies contagieuses, et dans le cours de ndiens quelques mois plus du tiers des insulaires périt aprés avoir . C'est i éprouvé tous les genres de calamités. ‘il est | Tandis que Colomb jetait ainsi les fondements de la uceur | grandeur espagnole dans le Nouveau-Monde, ses ennemis traité | travaillaient sans relâche à le priver de la gloire et des | récompenses auxquelles ses services et ses travaux lui it aux : donnaient tant de droits. Les difficultés qui accompagnent

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toujours un nouvel établissement, les maladies causées par un climat malsain, les malheurs attachés à un voyage dans des mers inconnues, tout fut représenté comme les effets de son ambition imprudente et inquiète. Son attention à conserver la discipline et la subordination fut appelée rigueur excessive , et les châtiments dont il avait puni la mutinerie et le désordre furent regardés comme autant d'actes de cruauté. Ces accusations prirent tant de crédit dans une cour ombrageuse, qu’on nomma un commissaire chargé de se transporter à Hispaniola et d'y examiner la conduite de Colomb. Ses ennemis obtinrent qu'on confierait cet emploi important à Aguado, valet de chambre du roi, qu'ils proposèrent bien moins pour sa capacité que pour son dévouement à leurs intérêts. Enflé de son élévation subite, Aguado déploya, dans l'exercice de son ministère, la sotte importance et l’insolence ridicule, ordinaires aux petits esprits lorsqu'ils se voient revêtus de dignités qu'ils n'osaient espérer et chargés d'emplois au-dessus de leurs forces. Il écouta avidement non-seulement les Espagnols mécontents, mais même les Indiens. Il encouragea les uns et les autres à produire leurs griefs, bien ou mal fondés. Il fomenta l'esprit de dissension dans Vile, et ne fit aucun règlement qui pit remédier à des abus dont il voulait faire des crimes à l'administration de Colomb. Colomb sentit vivement combien sa situation serait humiliante s’il demeurait dans le pays où un juge si prévenu observait toutes ses démarches et affaiblissait son autorité : il prit donc la résolution de retourner en Espagne, dans le dessein de mettre sous les yeux de Ferdinand et d'Isabelle un récit exact de tout ce qui s'était passé, surtout dans les démélés qu’il avait eus avec ses ennemis, espérant obtenir de leur

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