‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 93 sur 191 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

cours; et avec autant d'adresse que de méchanceté, ils surent faire servir les prédictions d'un astrologue à porter ses alarmes au plus haut degré. Le concours de tant de movens produisit l'effet qu'on en attendait. Velasquez se repentit amérement de la confiance imprudente qu'il avait mise en un homme dont la fidélité lui paraissait si suspecte, et dépecha en hate des instructions à Verdugo, principal magistrat à Ja Trinité, avee des ordres pour enlever à Cortés sa commission : mais celui-ci avait deja si bien gagné Vestime et la confiance de ses troupes et se trouva si assuré de leur zèle, qu'en employant tantôt la seduction of tantot la menace, il obtint la permission de caitter la Trinité sans que des ordres de Velasquez fusent executes

De la Trinité, Cortes tit voile vers Ta Havane pour lever encore des soldats et achever dapprovisionner sa Notte. La plusieurs Espagnols de distinction se détermi-

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une bonne escorte et de suspendre le départ de la flotte jusqu'à ce qu'il eût recu des ordres ultérieurs. I écrivit en méme temps aux principaux ofliciers pour leur commander d'assister Barba dans l'exécution des ordres qu'il lui envoyait. Mais, avant l'arrivée de son messager, un moine de Saint-Francois avait fait passer la nouvelle de ce qui se tramait à Barthélemy d'Olmedo , religieux de son ordre, aumônier de la flotte de Cortés.

Cortés, averti du danger, eut le temps de prendre ses précautions. La première fat d'éloigner de la Havane. sous quelque prétexte, Diégo de Ordaz, officier d'un mérite distingué, mais que son attachement pour Velasquez devait lui rendre suspect. lui donna le commandement dun vaisseau destiné à aller prendre quelques vivres dans un petit havre par dela le cap Antoine, et sat ainsi éloigner sans paraitre soupeonner sa fidélité. Apres sen départ, Cortés ne cacha plus à ses troupes les desseits le Velasquez. Comme les ofliciers ainsi que tes soldats avaient tous fa plus grande impatience de eommeneer

exécution dune entreprise dans laquelle its hasardatent toute tear fortune ils furent étonnés et indignés de cette basse jalousie à laquelle le gouverneur voulait sacrifier non-sculement Fhonneur de leur général. mais toutes les esperances de gloire et de richesses qu'enxmiemes avaient conçues. Hs supplièrent tout d'une voix Cortés de ne point abandonner ta place à laquelle ilavait tant de droits, et de ne pas les priver d'un chef qu'ils avaient SUN avec une contianee si bien méritée. Enfia ifs tut offrirent de verser tout leur sang pour te défendre

mire Velasquez. Cortes céda aisément a des instances jui n'avaient pour ob'et que de le déterminer à faire ce quil désirait lui-meme avec ardeur. jura de ne jamais

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