‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 95 sur 191 · LIVRE TROISIÈME, {st · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME, {st

était entièrement changée pour des raisons qu'on ne connait pas. Après beaucoup de tentatives pour les gayner, il fut obligé d'employer la violence. Quoique les Indiens fussent nombreux et qu'ils attaquassent avec beaucoup de courage, ils furent battus avec un grand carnage en différentes actions. Les pertes qu’ils firent, l’étonnement et la terreur que leur inspirèrent les effets destructeurs des armes à feu, enfin l'aspect effrayant des chevaux dans le combat, déconcertèrent leur courage et les forcérent à demander la paix. Ils reconnurent le roi de Castille pour leur souverain, et donnèrent “‘ortés des provisions, des habits de coton, un peu d’o. à vingt femmes esclaves (101).

Cortès continua sa course à l’ouest sans perdre, autant qu'il le pouvait, le rivage de vue, afin d'observer le pays; mais il ne put trouver aucune place propre au débarquement jusqu'à ce qu'il fût arrivé à Saint-Jean-d'Ulloa. Comme il entrait dans le havre, un grand canot rempli d’Indiens, parmi lesquels deux semblaient être des personnes de distinction, s'approcha de son vaisseau avec des signes de paix et d'amitié. Les Indiens vinrent à son bord sans crainte et sans défiance, et lui adressèrent, Wun air très-respectueux, un discours qu’Aguilar n’entendit point. Cortés se trouva trés-embarrassé d’un incident dont il prévit toutes les conséquences. Il commença à craindre pour le grand objet qu’il méditait les lenteurs et l'incertitude que causerait nécessairement l’impossibilité de communiquer ses idées autrement que par le secours imparfait des signes et des gestes; mais il ne demeura pas longtemps dans cette inquiétude. Un heureux hasard suppléa à ce que toute sa sagacité n'aurait pu faire. Une des femmes esclaves qu'il avait eues du

Page 1