‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les Espagnols [microforme]Chapitre 96 sur 191 · IIS · texte numérisé non relu

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cacique de Tabasco, se trouvant présente à l’entrevue de Cortés et de ses nouveaux hôtes, apercut son embarras et la confusion d’Aguilar, et comme elle entendait parfaitement la langue mexicaine, elle expliqua dans la langue yucata, qu’Aguilar entendait, ce que disaient les Indiens. Cette femme, connue dans la suite sous le nom de dona Marina , et qui fait une si grande figure dans l'histoire du Nouveau-Monde où les plus grands événe- | ments sont presque toujours l’effet de trés-petites causes, | était née dans une des provinces de l’empire du Mexique. Après avoir été faite esclave dans une guerre et avoir éprouvé diverses aventures, elle était tombée entre les mains des peuples de Tabasco et avait vécu assez longtemps parmi eux pour apprendre leur langue sans oublier la sienne. Quoique cette manière de converser par l'entremise de deux interprètes fut très-fatigante et trèsennuyeuse, Cortés fut ravi d’avoir découvert ce moyen de communiquer avec les habitants d'un pays où il voulait pénétrer, et, dans les transports de sa joie, il regarda cet événement comme une marque éclatante des secours de la Providence en sa faveur.

Il apprit alors que les deux personnes qu'il avait reçues. à son bord étaient députées de Pilpatoë et de Teutilé, l’un gouverneur de la province à laquelle il abordait et qui était soumise à un grand monarque appelé Montézuma, l’autre commandant de ses troupes; ces députés étaient envoyés pour s'informer des intentions de Cortés en visitant leur côte et pour lui offrir les secours dont il pouvait avoir besoin pour continuer sa route. L'air de ces Indiens et les intentions exprimées dans leur message frappèrent Cortés. Il les assura , dans les termes les plus respectueux, qu'il abordait chez eux avec des sentiments

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