‹ Histoire de la découverte et de la conquête de l'Amérique par les EspagnolsChapitre 32 sur 187 · LIVRE PREMiER · texte numérisé non relu

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dez-vous pour se rejoindre. Malheureusement Payva avait été assassiné en Abyssinien maisCovillam trouva au Caire deux juifs portugais qui y avaient été envoyés par Jean , dont la sagacité prévoyante ne négligeait aucun moyen propre a faciliter Fexécution de ses desseins-, il avait chargé ces deux juifs de recevoir des deux ambassadeurs le détail de leurs opérations et de leur remettre de nouvelles instructions. Covillam envoya en Portugal par un de ces juifs un journal de ses voyages par mer et par terre, et ses remarques sur le commerce de Tlnde, avec les plans exacts des côtes où il avait touché. D'après ses propres observations, ainsi que d'après les éclaircissements que lui avaient donnés d'habiles marins en différents pays, il concluait qu'en tournant l'Afrique par mer, on devait trouver un passage aux Indes orientales.

L'heureuse conformité de l'opinion et du récit de Covillam avec les découvertes que Diaz venait de faire , ne laissait presque plus d'incertitudes sur la possibilité d'aller par mer de l'Europe dans l'Inde ^ mais l'énorme longueur du voyage et les tempêtes furieuses que Diaz avait essuyées près du cap de Bonne-Espérance avaient extrêmement intimidé les Portugais, quoique une longue expérience en eût déjà fait alors d'habiles et hardis navigateurs ^ il fallut quelque temps pour rassurer leur esprit et les préparer a cette dangereuse et extraordinaire expédition. L'autorité et la fermeté du monarque dissipèrent cependant par degrés les vaines terreurs de ses sujets ou les forcèrent a les cacher. Jean se voyant a la veille d'accomplir le grand dessein qui avait été le principal objet de son règne, l'ardeur qu'il mit a en poursuivre l'exécution fut si vive que cette idée absorbait ses pensées pendant le jour et le privait du sommeil pen-

dant la nuit. Tandis qu'il était occupé a prendre toutes les mesures que ses lumières et Texpérience pouvaient lui suggérer pour assurer l'effet d'une expédition qui devait décider du destin de son projet favori , la renommée des grandes découvertes que les Portugais avaient déjà faites, le détail des instructions extraordinaires qu'ils avaient reçues de l'Orient, et les préparatifs du voyage qu'ils méditaient alors , attirèrent l'attention de toute l'Europe et tinrent les autres peuples dans l'attente et dans l'incertitude. Les uns exaltaient l'habileté et les expéditions des Portugais fort au-dessus de celles des Phéniciens et des Carthaginois, les autres formaient des conjectures sur les révolutions que le succès de ces entreprises pouvait occasionner dans le cours du commerce et dans l'état politique de l'Europe. Les Vénitiens commençaient a craindre de perdre le commerce de l'Inde , dont le monopole était la principale ressource de leur puissance ainsi que de leur richesse, et les Portugais jouissaient déjà en idée de tous les trésors de l'Orient. Mais pendant cet intervalle qui donnait un si libre essor aux mouvements divers de la curiosité, de l'espérance et de la crainte, le bruit d'un autre événement aussi extraordinaire qu'il était inattendu se répandit en Europe : c'était la découverte d'un nouveau monde situé a l'occident du globe, et ce grand objet attira sur-le-champ les yeux et l'admiration de Funivers.

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