‹ Histoire de la dentelleChapitre 12 sur 108 · GRÈCE · texte numérisé non relu

GRÈCE

Ainsi que nous l'avons dit, la Grèce semble avoir été le berceau de la broderie. A partir des croisades, Chypre fut renommé pour ses fils d'or, ses étoffes et ses ouvrages à l'aiguille. Dès 1393, on trouve, dans un inventaire des ducs de Bourgogne, « un petit pourpoint de satin noir et est la gorgerette de maille d'argent de Chippre (1) ». De point coupé ou de dentelle de Chypre (2), il n'est fait aucune mention; même silence sur la Grèce; mais, au dix-septième siècle, il est fort question, pendant quelque temps, d'un point de Raguse (3) ; Tallemant des Réaux et la Révolte des passements le mettent honorablement en évidence. Cependant il disparaît bientôt sans retour.

Le commerce de la petite république dalmate consistait surtout à transporter les produits des îles grecques à Venise, à Aneône et dans le royaume de Naples ; de là on peut inférer que les beaux ouvrages faits dans les couvents grecs et dont on s'est tant occupé dans ces derniers temps, étant importés en Italie par les marchands dalmates, furent appelés tantôt point de Raguse, tantôt dentelle de Grèce. Quand Venise devint maîtresse en l'art

(1) L. de la Borde, Glossaire, Paris, 1853.

(2) Taglienti énumère parmi ses points le ciprioto, 1530.

(3) Le point de Raguse est mentionné pour la première fois dans un édit de 1654, par lequel le roi de France prélève à son profit un quart de la valeur des « passemens, dentelles, points coupez de Flandres , pointinars, points de Venise , de Raguse , de Gènes » , ete. (Recueil des Lois françaises.)

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