‹ Histoire de la dentelleChapitre 50 sur 108 · AU R IL LAC ET MURAT · texte numérisé non relu

AU R IL LAC ET MURAT

ce L'on fait à Orillac des dentelles qui ont vogue dans le royaume », dit en 1670 Savinien d'Alquié, auteur des Délices de la France. L'origine de celte industrie remonte au quatorzième

rin qui les distribuaient à tout le pays ; Florence et l'Espagne en avaient chacune pour 200,000 fr.; la Guienne en exportait par Bordeaux pour 200,000 fr. ; il s'en expédiait pour 500,000 fr. aux Indes espagnoles; le reste se vendait en France, par le moyen des colporteurs. » (Peuchet.)

siècle ; presque tous les premiers points d'Aurillac s'exportaient en Espagne par des gens du pays qui étaient allés s'établir à Cuenca et à Valcameos. En 1688 on vendait annuellement sur la place de Marseille pour 350,000 livres de dentelles d'Aurillac et des autres villes d'Auvergne. « Les plus beaux points de France, dit Savary, se font à Aurillac et à Murât » ; la première de ces villes produisait seule pour une valeur annuelle de 700,000 fr., et donnait de l'occupation à 3,000 ou 4,000 dentellières. Le Mercure du mois d'avril 1681 dit, en parlant du costume des hommes : a La plupart portent des garnitures d'une richesse qui empeschera que les particuliers ne les imitent , puisqu'elles reviennent à 50 louis. Ces garnitures sont de point d'Espagne ou d'Aurillac. » D'après les citations ci-dessus, on peut conclure que vers la fin du dix-septième siècle le point d'Aurillac était une riche dentelle d'or ou d'argent, semblable au point d'Espagne.

Les dentelles de Murât étaient façon de Malines et de Bruxelles . On en faisait aussi de pareilles à La Chaise-Dieu , Allanches , et Verceilles. Ces points étaient fort estimés; les marchands en gros du Puy et de Clermont les achetaient et les revendaient ensuite dans tout le royaume par l'entremise de leurs colporteurs.

La fabrication de la dentelle cessa à Aurillac et à Murât quand éclata la révolution. Après que l'ordre fut rétabli, les ouvrières, trouvant qu'elles gagnaient davantage à se placer comme servantes dans les villes voisines , ne retournèrent plus à leurs anciennes occupations .

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