‹ Histoire de la dentelleChapitre 7 sur 108 · MILAN. G · texte numérisé non relu

MILAN. G

canons en dentelle d'argent recouverte de dentelle de Milan en soie; et, la même année, lady Walsingham note également dans ses comptes, pour les couches de la reine, « de la dentelle, façon de Milan, pour gilet d'enfant » . En France, un édit somptuaire, daté de mars 1613, défendant les broderies d'or et d'argent, prohibe tout particulièrement l'usage de « tous passements de Milan ou façon de Milan », sous peine d'une amende de 1,000 livres (1). L'expression à point de Milan revient souvent dans les statuts des passementiers de Paris (2) . Les galons, passements et broderies de Milan en or et en argent, dit Savary, « étaient autrefois célèbres » . Lalande, qui écrit quarante ans plus tard, ajoute que les dentelles étaient un objet de commerce important pour cette ville ; mais que, de son temps, il ne s'en fabriquait que de médiocres (3). Les paysans lombards en employaient une grande partie , et les plus belles servaient pour manchettes (4). « Les habitants de Milan sont tellement opulents , dit un auteur de la même époque , que les artisans de dernier ordre , les forgerons , les cordonniers portent des habits brodés d'or et des manchettes du plus beau point (5). » Et, lorsqu'en 1770 les fabricants de dentelle de l'Auvergne sollicitent une exemption de droits d'exportation pour leurs produits, ils se fondent sur ce que les droits les empêchent de lutter avec l'étranger surtout avec Cadix, le Piémont, les Flandres et le Milanais. Il faut donc que cette dernière province ait conservé son industrie dentellière jusqu'à des temps rapprochés de nous.

(1) De la Mare , Traité de la Police.

(2) Statuts, ordonnances et règlements de la communauté des maistres passementiers de Paris, confirmez sur les anciens statuts, du 23 mars 1558. Paris,

(3) Voyage en Italie, 1765.

(4) Peuchet, Dict. universel de la Géographie commerçante. Paris, an vit (1799).

(5) Lettres d'Italie, par une dame, 1770.

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