FLORENCE
Des dentelles de Florence, nous ne savons presque rien, quoique F élégie du poëte Firenzuola prouve que les dames florentines faisaient du point en relief à une époque déjà ancienne (1). L'expression scolpito in basso rilievo dont il fait usage ne laisse pas de doute à cet égard. Henri VIII accorda à deux Florentins le privilège d'importer de leur pays, pendant trois ans, « toute sorte de franges et passements faits d'or et d'argent ou autrement » . Dès 1545, la sœur de François Ier achète « soixante aulnes fine dantelle de Florence (2) » pour son propre usage, et quelques années plus tard, la reine de Navarre paye « 17 écus 30 sols pour 10 aulnes et demye du même passement faict à Fesguille à haulte dantelle pour mettre à des fraizes (3) » . La date de ces comptes porte à croire que Catherine de Médicis introduisit, dès son ar-
(1) Elegia sopra un collaretto :
■u Questo collar scolpi la donna mia
Di basso rilevar, ch' Aracne mai, E chi la vinse nol faria più bello.
Mira quel bel fogliame, en' un acanto Sembra, che sopra un mur vada carponi.
Mira quei fior, ch' un candido ne cade Vicino al seme, apr' or la bocia Y altro. Quei cordiglin, che '1 legan d' ognitorno, Corne rilevan ben ! mostrando ch' ella È la vera maestra di quest' arte.
Corne ben compartiti son quei punti!
Ve' corne son ugual quei bottoncelli, Corne s' alzano in guisa d' un bel colle L' un corne V altro !
Questi merli da man, questi trafori Fece pur ella, et questo punto a spina, Che mette in mezzo, questo cordoncello, Ella il fe pure, ella lo fece.
(2) Compte des dépenses de Madame Marguerite de France (Bibl. imp., Mss., fonds français, 10394).
(3) Comptes de la reine de Navarre (Arch. de l'empire, KK, 170).