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TULLE BELGE

En 1834 (1), huit machines à tulle furent établies à Bruxelles par M. Washer dans le but de faire du tulle à double et triple torsion. Ce tulle est le fond sur lequel sont cousues les fleurs aux fuseaux pour F application de Bruxelles. M. Washer s'attacha exclusivement à la maille extra-fine; il forma des ouvriers spéciaux pour ce travail délicat. En quelques années, il réussit à surpasser les produits anglais, et ce tulle a remplacé depuis trente ans le fond vrai réseau à la main, dont le prix est si élevé.

La Belgique ne fabrique que deux espèces de tulle blanc : d'abord cette qualité superfine universellement connue comme tulle de Bi^uxelles à la maille hexagonale , puis le tulle Matines dont la maille est plus ronde, mais qui est peu solide.

duit au même prix que Nottingham. Un grand nombre de fabricants de dentelle de cette ville sont venus s'établir à Saint-Pierre-lès-Calais.

(1) Le premier métier à tulle fut établi à Bruxelles en 1801. Il y en eut à Termonde en 1817, à Gand, en 1828, etc.

§ A. DEISTELLE MÉCANIQUE.

Si l'invention du tulle mécanique uni appartient à l'Angleterre, à la France revient l'application du système Jacquard au métier à tulle, et par conséquent l'invention de la dentelle mécanique.

On avait fait des châles , des robes et même des pièces de petite dimension en brodant le tulle de diverses manières. Un fabricant de Nottingham avait inventé un réseau qu'il appelait tulle grec; il y avait le tulle à points d'esprit, à œillets , etc. Mais tout cela était fort incomplet comme résultat.

Bientôt le système Jacquard fut appliqué pour faire du tulle à dessins et des blondes brochées. Gela donna l'idée à M. Ferguson (1), en 1836, d'adapter le système Jacquard au métier circulaire à tulle , et il produisit ainsi le tulle de soie noire broché , appelé dentelle de Cambrai ou imitation de Chantilly. Le dessin est tissé avec le fond par le métier; le brodé, c'est-à-dire le contour des dessins, est passé ensuite à l'aiguille.

Différents brevets furent immédiatement pris en Angleterre et en France. Nottingham et Saint-Pierre-lez-Calais continuent à rivaliser sans relâche dans la variété de leurs produits. A l'Exposition de 1862 Nottingham avait des dentelles d'Espagne, imitations fidèles des blondes au fuseau de Barcelone, des imitations de Malines, dont le brodé et le point étaient faits à la main, des blondes de Caen, et des valenciennes ; enfin des imitations des dentelles noires de Chantilly et de Mirecourt.

Les fabricants français en adoptant ce qu'on appelle en termes du métier huit motifs, produisent des dentelles mieux faites et

(1) M. Ferguson, inventeur du tulle à œillets, du tulle carré, et du point de champ ou de Paris, avait transféré sa manufacture de Nottingham à Cambrai où , associé à M. Jourdan, il fit la dentelle de Cambrai et, en 1852, la dentelle lama, qui diffère de la première en ce que la trame est en mohair au lieu d'être en soie.

des dessins plus compliqués. La dentelle de Calais est une admirable imitation du fond carré de valenciennes , c'est la branche principale de la fabrication. Calais produit aussi des blondes blanches et des noires, des tulles de fantaisie de dessins très-variés, des dentelles de laine noire imitation du Puy, et une variété infinie de dentelles blanches et de noires.

Aujourd'hui on fabrique au métier (1) presque toute espèce de dentelles , et il n'est pas toujours aisé de distinguer la dentelle mécanique de la dentelle à la main. Cependant, on ne peut nier que les produits les plus soignés du métier ne possèdent jamais le fini, la beauté des dentelles faites à la main; le toucher même est différent.

L'invention de la dentelle mécanique a eu un résultat tout différent de celui qu'on devait naturellement attendre : elle n'a pas diminué la demande des belles dentelles à l'aiguille et au fuseau. Au contraire, les gens riches ont recherché plus que jamais les ravissants produits d'Alençon et de Bruxelles, depuis que les machines ont répandu dans toutes les classes le goût de porter des dentelles.

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