‹ Histoire de la dernière capitulation de ParisChapitre 1 sur 39 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

vaise, le désir de se venger à tout prix d'ennemis désarmés. On mit à néant, par une interprétation sophistique, la capitulation de Paris, parce qu'un des articles de cette capitulation créait un obstacle insurmontable à des mesures de rigueur auxquelles on recourut sans scrupule, des qu'on crut pouvoir le faire sans péril.

Le gouvernement de Louis XVIII ayant donc écarté, comme chose indifférente ou importune, tout souvenir, toute trace matérielle de Facte qui avait restitué à ce monarque sa capitale, plusieurs documents d'un grand intérêt, concernant cette capitulation, demeurèrent entre les mains de mon beaupère, M. le baron Bignon, Tun des trois commissaires français qui l'avaient débattue et signée. Ce dossier comprend toutes les pièces originales, et la plupart inédites, des diverses négociations essayées pendant l'interrègne, du 22 juin au 5 juillet, notamment :

V Les lettres adressées aux ministres des grandes puissances par M. Bignon, chargé du portefeuille des affaires étrangères pendant cet interrègne;

2" Les instructions et la correspondance de M, de Lafayette et de ses collègues, envoyés par la commission de gouvernement provisoire auprès des souverains alliés aussitôt après l'abdication ;

5* La correspondance de M. le comte Otto, chargé

AVANT.P!lOt>OS. 3

simultanément d'une mission semblable auprès du cabinet de Londres ;

4* Les instructions et les lettres des cinq commissaires nommés le 27 juin pour traiter spécialement d'une suspension d'armes avec les Anglais et les Prussiens, qui déjà menaçaient Paris;

&• Toutes les pièces directement relatives à la convention du 5 juillet^ et notamment le premier projet présenté par les commissaires français, avec des annotations et corrections de la main même du duc de Wellington, puis une des expéditions originales du texte définitif de la convention, avec les signatures et les cacbets.

Enfin, à ces documents sont jointes des observations et de nombreuses notes, qui, comme on le verra bientôt, jettent un grand jour sur la discussion de cet acte, et sur plusieurs circonstances importantes qui s'y rattachent. L'une de ces notes, scellée d*un quadruple cachet demeuré intact pendant près de quarante ans, donne la clef d'une énigme qui, vers l'an \ 820, préoccupa vivement la curiosité publique en France et à l'étranger. On fit à cette époque beaucoup de commentaires, on hasarda diverses hypothèses plus ou moins ingénieuses sur ce qu'on appelait alors le 56cre/de M. Bignon. Des considérations^ dont on appréciera bientôt toute la gravité.

Page 1