‹ Histoire de la dernière capitulation de ParisChapitre 26 sur 39 · SCHWARTZENBERG · texte numérisé non relu

SCHWARTZENBERG

Dépêche N^ 5.

Looyres, ce l«r juillet 1815, 8 heures 1/3 du soir. A MOUSIBUR LE BAION BIGNON.

Monsieur le baron ,

Après avoir reçu les lettres n^ 2 et 3 , que Votre Excellence nous a fait rhonneur de nous écrire, et qui nous ont été apportées par M. le colonel de Latour-Maubourg , nous avons suspendu le départ de notre dépêche no 4, qui, comme vous le verrez à son contenu et à son posl- Bcriptum, était écrite quand M. de Latour-Maubourg est arrivé.

Nous nous sommes rendus chez lord Wellington.

Il nous a remis vos paquets contenant les dépêches n^* 1 , 4 et 5, auxquelles nous avons trouvé jointes plusieurs gazettes.

Il nous a donné connaissance d'une lettre de Mannheim, écrite aux noms des empereurs de Russie et d'Autriche par MM. de Nesselrode et de Metternich. Cette lettre presse vivement la poursuite des opérations et déclare que, s'il était adopté quelque armistice par les généraux qui dans ce moment sont près de Paris, Leurs Majestés ne le regarderaient point comme devant arrêter leur marche, et qu'elles ordonneraient à leurs troupes de s'approcher de Paris.

M. le comte d'Artois venait d'arriver au quartier général du duc de Wellington qui nous a reçus seuls dans son salon. Nous n'avons pas aperçu le prince; il était dans un appartement séparé.

Nous avons insisté pour l'exécution de la promesse qui nous avait été faite. Le duc de Wellington nous a répondu qu'il nous avait toujours jannoncé ^'il ne pourrait prendre d'engagement définitif avant qu'il ne

se fut entendu avec le maréchal prince Blûeher; qu'il allait le joindre

pour le porter à s'unir à lui pour convenir d'un armistice.

Il a ajouté qu'il ne nous dissimulait pas que ce feld-maréchal avait un extrême éloignement pour tout ce qui arrêterait ses opérations qui s'étendaient déjà sur la rive gauche de la Seine, et qu'il ne pouvait cesser d'appuyer ses mouvements s'il ne pouvait l'amener à partager son opinion.

Il nous a communiqué une proposition d'armistice faite par le prince d'Eckmûhlj qu'il venait de recevoir. Il nous a assuré qu'aussitôt qu'il aurait vu le prince Blùcher, il reviendrait nous joindre à Louvres, ou nous enverrait prier de nous rendre à Gonesse.

En causant des conditions possibles d'armistice, il a insinué qu il demanderait que l'armée sortît de Paris , ce que nous avons décliné , en opposant qu'il était au contraire convenable que ce fût l'armée des alliés qui prît des positions éloignées, pour qu'il fût possible de délibérer avec liberté sur les grands intérêts de la patrie , dont il paraissait reconnaître l'influence sur ceux de l'Europe.

La conférence s'est ainsi terminée. Nous avons quelques raisons de croire que lord Wellington fera connaître à M. le comte d'Artois qu'il doit se placer à une distance beaucoup plus considérable de Paris.

Nous joignons à la dépêche que nous avons l'honneur d'adresser à Votre Excellence, celle n» 2, qui ne vous est pas parvenue, et que M. de Tromelin, qui s'en était chargé, nous a dit avoir déchirée, ne pouvant la faire arriver et craignant qu'elle ne fût interceptée.

Aussitôt que nous aurons revu le duc de Wellington, nous aurons l'honneur de vous instruire de ce qui aura été dit et convenu.

Recevez, monsieur le baron, etc.

P. S. M. Renard, qui nous avait rejoints à Pont- Saint-Maxence, est parti avant-hier pour Heidelberg, avec un passe-port de la main de lord Wellington.

Le courrier Christophe arrive à l'instant; nous recevons à l'instant aussi une lettre du duc de Wellington dont nous joignons ici une copie.

GAPITCLATION DE PARIS. 131

Après notre conférence, nous aurons l'honneur de tous expédier le courrier Christophe.

Nous prions Votre Excellence de vouloir bien nous envoyer des officiers et quelques courriers. Nous sommes obligés de vous expédier cette lettre par un postillon.

Gonesse, 1er Juillet 18i5, 7 heures du soir.

A MESSIBURS LES COMMISSAIRES.

Messieurs,

Je suis fâché de faire savoir à Vos Excellences que je n'ai pas encore reçu la réponse du maréchal Biucher à la lettre que je lui avais envoyée ce matin sur l'armistice.

Au looment où je recevrai la réponse , je ne manquerai pas d'avertir Vos Excellences.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Signé: Wellington.

Dépêche N^ 6. .

Louvres, ce 3 juillet 1815, 5 heures du soir. A MONSIEUR LB BAROU BICHON.

Nous n'avons pas encore pu obtenir une réponse définitive de lord Wellington. Il nous avait promis une conférence après s'être concerté avec M. le maréchal Blûcher (et il paraît qu'il ne Ta pas vu); pour faire connaître à Votre Excellence la situation des négociations qui nous concernent, nous avons l'honneur de lui transmettre la copie d'une lettre que nous venons de recevoir de lord Wellington et de la réponse que nous avons cru devoir faire.

M. le comte d'Artois est toujours au château de Louvres.

Agréez, etc.

Au quartier général, ce 1 juillet 1815, 7 heures du matio.

A MSSSISUIS LIS COMMI88AI1I8.

Messieurs ,

Je regrette d'annoncer à Vos Excellences que je n'ai pas encore reçu la réponse du maréchal Blûcher à ma lettre d'hier. Le fait est que l'armée du maréchal a été en marche depuis hier; et les routes étant pleines de troupes et de voitures , le passage en est difficile. J'aurai l'honneur d'écrire à Vos Excellences aussitôt que j'aurai des nouvelles du maréchal.

J'ai l'honneur, etc.

Signé : Wblungton.

Dépêche iV« 7.

Louvres, ce 2 juillet 1815, 6 heures 5/4 du soir. À MONSIEUR LE BARON BIGNON.

Monsieur le baron,

Nous avions prévenu l'intention de la commission de gouvernement que vous nous faites l'honneur de nous transmettre par votre dépêche portée par M. Rouen.

La dépêche n» 6, qui partait à l'instant où celle de Votre Excellence arrive, vous en sera la preuve.

Nous allons écrire k lord Wellington d'abord après que M. Rouen sera parti ; ce soir» nous aurons l'honneur de vous transmettre la copie de notre lettre et de sa réponse, si elle a lieu tout de suite.

Nous vous prions, monsieur le baron, de nous envoyer les gazettes chaque jour aussitôt qu'il vous sera possible de les avoir.

Nous demandons encore à Votre Excellence de nous faire connaître toutes les nouvelles militaires. Il nous importe beaucoup d'être au courant de ce qui se passe.

Agréez, monsieur le baron, etc.

Dépêche iV° 8,

Louvres, 2 juillet 1815, 10 heures du soir.

Nous avons reçu la lettre de Votre Excellence que M. Rouen nous a apportée.

Nous avons remis à cet officier la lettre n« 6 que nous allions vous expédier au moment de son arrivée, lettre à laquelle était jointe la copie d'une lettre de lord Wellington, de ce matin à sept heures, et une copie de la réponse que nous avons faite à cotte lettre.

Nous lui avons remis aussi, monsieur le baron, une lettre n® 7, qui contient entre autres choses l'accusé de réception du paquet dont il était porteur.

Son Exe. M. le duc de Wellington nous a répondu sur-le-champ une •lettre dont nous avons l'honneur de vous adresser la copie.

Nous lui écrivons dès ce soir; la copie de notre lettre se trouve sous ce pli. Nous croyons que la commission de gouvernement, en la lisant, approuvera que nous n'ayons pas insisté de manière à produire une rupture.

Nous ferons valoir comme nous le devons, dans la conférence que. nous espérons avoir demain, tout ce que votre dépêche contient de motifs puissants et plausibles.

Les lettres que ce feld-maréchal nous adresse sont toujours de sa main et transmises avec les formes les plus polies. Votre Excellence paraît ne pas se souvenir que nous n'avons jamais

pu communiquer directement avec Son Excellence le maréchal prince Blûcher. Il n'est pas vraisemblable que nous puissions établir une conférence avec lui autrement que par l'intermédiaire du duc de Wellington ou du général Mûfling, chargé de ses pouvoirs, qui réside au quartier général anglais.

(Nous avons reproduit intégralement, ch. viii ci- dessus, la lettre des commissaires au duc de Wellington.)

Gonesse, le 8 juillet 4815, à 4 heures 1/2 du soir. À MESSIEURS LES COHMISSÀIRES.

Messieurs,

Il est de mon devoir de prévenir Vos Excellences que je viens de recevoir une lettre du maréchal prince Blûcher qui me témoigne la plus grande répugnance à conclure un armistice, qui est fondée principalement sur ce qui se passe journellement à Paris.

Je lui ai écrit une seconde fois, ayant le plus grand désir de sauver cette capitale du danger qui la menace, et j'attends sa réponse dans la nuit. Vos Excellences jugeront si elles veulent attendre jusqu'à demain matin ; mais je dois les prévenir du vrai état des choses et leur dire que si elles insistent sur une réponse ce soir, il faut qu'elle soit dans la négative.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Signé : Wellingtqiî,

Dépêche iV° 9.

Vaux-d'Herlandy le 3 juillet 1815, 7 heures du matin. À MOIfSIBUR LE BAROIf BIGNOIf.

Monsieur le barogi,

Le courrier Simiane, porteur de votre dépêche du 2, n« 9, et des trois projets d'armistice que vous nous avez fait Thonneur de nous envoyer, nous a trouvés ici, nous rendant à Gonesse.

M. le comte d'Artois étant au château de Louvres et ayant mis en réquisition tous les chevaux de poste pour le service du Roi, avec injonction de n'en donner à personne sans son ordre, nous avions senti la nécessité de quitter Louvres immédiatement, pour ne pas être privés de moyens de transport et même de communication, soit avec les quartiers généraux ennemis, soit avec Votre Excellence.

Nous allions partir quand nous avons reçu la lettre du duc de Wellington, dont la copie est ci-jointe. Elle répond, comme nous le désirions, à la demande faite précédemment de nous rapprocher de son quartier général.

Si la réponse tant attendue du prince Blucher est telle que la négociation reste ouverte, nous ferons usage des projets que vous nous avez envoyés, dans Tordre et avec la mesure que la nature de la chose exige et que Vous nous recommandez.

Nous n'avons pas trouvé jointe à la dépêche la copie de la lettre de M. le duc d'Otrante que vous annoncez. Le général Tromelin n'est pas encore arrivé.

Agréez/ monsieur le baron, etc^

Gonesse, 2 juillet 1815, 9 heures 1/2 du soir. À MESSIEURS LES COMMMISSÀIRBS.

Messieurs,

J'ai eu l'honneur de recevoir la lettre de Vos Excellences, datée à cinq heures. Je vous avais écrit à quatre heures et deiaie pour vous faire savoir l'état des choses, et je m'attends à recevoir ce soir la réponse du maréchal prince Blùcher et je ne manquerai pas de vous en avertir au moment.

Si Vos Excellences restent ici demain, je ferai faire des arrangements pour que vous soyez logés au quartier général.

J'ai l'honneur, etc.

Signé : W^bllington.

CAPITULATÎON DE PARfS 239

Dépêchf N° iO.

A Gonesse» lo 3 juillet 181S, i heure 1/4.

Monsieur le baron,

M. le duc de Wellinglon, que nous avons trouvé chez lui au moment de son retour, nous apprenait que le feu avait cessé sur toute la ligne, et il commençait à conférer avec nous, quand il a reçu une lettre de M. le maréchal prince Blûcher, qui lui annonçait que l'on avait demandé, après l'évacuation du village d'Issy, à traiter d'une capitulation, et qu'il était attendu à Saint-Cloud pour en discuter les conditions.

Il s'est aussitôt disposé à partir. Il nous a priés d'attendre ici son retour ou les nouvelles qu'il nous transmettrait. * Nous n'avons point reçu le paquet que Votre Excellence nous annonce devoir nous être remis par M. le général Tromelin. Celui qui nous a été porté par le courrier Simiane ne contenait point la copie annoncée de la lettre de M. le duc d'Otrante à M. le duc de Wellington, et ce dernier n'a pas reçu l'original. .

Noua attendons des ordres ultérieurs.

Agréez, etc.

A Gonesse, ce 3 juillet 1815, 8 heures du matin. A MBS8IED1S LES C0MMISSAI1B8.

J'ai eu rhonneur de rçcevoir dans la nuit la lettre de Vos Excellences d*hiçr soir à dix heures. Je vais sortir à présent, mais j'espère être de retour à midi, et je serai bien aise de recevoir vos Excellences.

J'ai donné des ordres pour qu'on prépare pour Vos Excellences des quartiers ici, si vos Excellences préfèrent y rester.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Signé : Wellington.

Dépêche iVo f/.

Gonesse, ce 4 juillet I815.

Monsieur le baron,

L'échange des ratifications pour la convention militaire que nous étions chargés de négocier, et qui a été conclue hier soir, à onze heures, à Saint-Cloud, étant parvenue au lord Wellington, notre mission nous paraît terminée. Un plus long séjour ici serait tout au moins embarrassant, et nous croyons devoir demander l'autorisation de retourner de suite à Paris. Le comte d'Artois est à Gonesse ; le prince Talleyrand y est attendu ce soir.

Nous avons l'honneur, etc.

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