‹ Histoire de la dernière capitulation de ParisChapitre 30 sur 39 · DÉPÊCHES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE AUX COMMISSAIRES · texte numérisé non relu

DÉPÊCHES DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE AUX COMMISSAIRES

Dépêche jY<> /.

Pafis, 38 juin^ 8 heures du soir.

À HVSSIBtRS LES COMMISSAIRES CHARGfiS DE LA GONGLUSIOlf d'un armistice.

Messieurs,

La commission de gouvernement n*a point d'instructions nouvelles à vous donner; elle espère que vous pourrez aujourd'hui même entrer en pourparlers sur l'objet de votre mission, et elle se repose sans réserre sur votre zèle et sur vos lumières, pour tout ce qui peut contribuer à en assurer le succès.

Je prie Yos Excellences, etc.

244 HISTOIRE DE Lk DERNIÈRE

Dépêche iV° 2.

Paris, 30 juin 1815.

À MESSIEURS LES COMMISSAIRES

Messieurs,

La commission de gouvernement voit avec peine les difficultés que rencontre la proposition dont vous êtes chargés : elle se flattait que vous trouveriez chez MM. les commandants en chef des armées anglaise et prussienne des dispositions conformes aux siennes et favorahles à l'objet de votre mission.

On se trompe peut-être sur l'esprit de Paris et de la France; 80,000 braves sont réunis en ce moment sous les murs de Paris et déterminés à la plus vigoureuse résistance ; les sentiments de la garde nationale sont parfaitement d'accord avec ceux du gouvernement et de l'armée.

Dans l'intérieur tout est calme : Lyon et Bordeaux sont tranquilles, la Vendée même se pacifie et on n'y voit plus de drapeau blanc : il ne se montre aujourd'hui que derrière les armées étrangères. La commission de gouvernement se persuade que MM. le duc de Wellington et le prince Bliicher ne peuvent manquer de reconnaître combien il importe à l'intérêt commun de mettre promptement un terme à des hostilités qui maintenant sont, pour ainsi dire, sans objet comme sans utilité pour, leurs gouvernements, et qui n'ont d'autre résultat que de faire répandre, ^ans fruit, un sang précieux de part et d'autre ; vous ne négligez sans doute, messieurs, aucun moyen pour vaincre les obstacles qu'on vous oppose, mais si tous vos efiforts sont inutiles, si vous ne voyez absolument point de jour à ce que la négociation s'ouvre et puisse conduire au résultat désiré, c'est un devoir pour vous de revenir auprès du gouvernement ; on aime à espérer cependant que vous ne serez pas réduits à cette extrémité.

Dépêche N^ 3.

Paris, 30 juin 1815.

A MESSIEURS LES COMMISSAIRES

Messieurs,

M. le colonel Latour-Maubourg m'a remis la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire aujourd'hui, et je me suis empressé de la placer sous les yeux de la commission de gouvernement.

Vous connaissez, messieurs, les démarches qui ont été faites à l'effet d'obtenir pour Napoléon des passe-ports et sauf-conduits nécessaires ; vous verrez par la réponse ci-jointe du duc de Wellington que ce général ne s'est pas cru autorisé à les accorder ; les circonstances étant devenues plus délicates et plus graves à raison de l'approche des armées ennemies et de la réunion des troupes françaises sous les murs de Paris, le départ de Napoléon a eu lieu hier, et des mesures sont prises pour assurer sa sortie du territoire français.

Les faits répondent ainsi, messieurs, à l'objection qui vous a été faite; et le motif allégué par MM. les commandants en chef de l'armée anglaise et prussienne, pour différer d'accueillir la proposition d'un armistice, n'a plus de fondement. MM. le duc de Wellington et le prince Biûcher doivent reconnaître maintenant que du côté de la nation française il n'existe aucune circonstance qu'ils puissent regarder comme un obstacle au rétablissement de la paix< et c'est une raison de plus pour Vos Excellences d'insister plus vivement auprès d'eux pour la conclusion d'un armistice, qui ne peut manquer de conduire à ce salutaire résultat.

La lettre que j*ai reçue par M. de Latour-Maubourg porte le n9 3, le n® 2 ne m'est point parvenu.

La dépêche n<> 4, qui fait suite à celle-ci, n'est qu'une si communication de la réponse négative de Wellington relativement à la demande des passe-ports.

CAPITULATION DB P^Ria 947

Dépê(Ae i^» 8.

Paris, !«' Juillet, i heare du matin.

Page 1