‹ Histoire de la dernière capitulation de Paris, rédigéee [!] sur des documents officiels et inéditsChapitre 29 sur 63 · DÉPÊCHES DES PLÉNIPOTENTIAIRES · texte numérisé non relu

DÉPÊCHES DES PLÉNIPOTENTIAIRES

Laon, le 25 juin, à onze heures du matin. A MONSIEUR LE BARON BIGNON.

Monsieur le baron ,

Nous avons le regret d'avoir attendu à Soissons jusqu'à cinq heures et demie du matin les chevaux que nous avions demandés hier au soir, vers les dix heures; c'était une conséquence presque inévitable des embarras d'un quartier général.

Vous trouverez ci-jointe la copie d'une note que nous adressons par des parlementaires au duc de Wellington et au prince Blùcher.

L'ennemi a ses avant-postes à une lieue de Laon ; quelques personnes assurent qu'il a occupé Saint-Quentin. Nous doutons de pouvoir pénétrer plus loin avant d'avoir reçu les passe-ports nécessaires. Le général commandant à Laon et les avant-postes, nous assure, au reste, qu'il a, depuis ce matin, une trêve verbale avec le général de l'avantgarde alliée sur ce point, trêve qui consiste à ne pas commettre d'hostilités avant de s'être prévenus réciproquement.

Agréez, monsieur le baron, l'assurance de notre haute considération.

Le comte de Laforest, Lafayette, d'Argenson, baron Sébastiani et Benjamin Constant.

M. te baron Bignon, commissaire chargé par intérim du portefeuille des affaires étrangères.

Copie

NOTE DE MESSIEURS LES PLÉNIPOTENTIAIRES A MESSIEURS LE DUC DE WELLINGTON ET LE GÉNÉRAL EN CHEF PRINCE DE ELUCHER.

De Laon, le 25 juin 1815.

Les changements survenus dans la forme du gouvernement français par l'abdication de l'empereur Napoléon, acceptée au nom du peuple français par ses représentants, ayant écarté les obstacles qui avaient été opposés jusqu'à ce jour à l'ouverture d'une négociation propre à prévenir les malheurs de la guerre entre la France et les hautes puissances alliées, les plénipotentiaires soussignés ont reçu des pleins pouvoirs pour la négociation, la conclusion et la signature de tous les actes qui conduiraient à arrêter l'effusion du sang et rétablir d'une manière stable la paix générale en Europe.

Ils ont en conséquence l'honneur de donner ces informations à

et de le prier de les mettre à même de se rendre immédiatement au quartier général des souverains alliés et de conférer préalablement avec S. E. au sujet d'une suspension d'armes générale entre les armées françaises et alliées, suspension qui a déjà été demandée par le général français commandant l'avant-garde de l'armée du Nord, et verbalement convenue entre nos avant-postes réciproques.

Les plénipotentiaires soussignés prient M. le baron Bignon d'agréer l'assurance de leur haute considération.

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