‹ Histoire de la dernière capitulation de Paris, rédigéee [!] sur des documents officiels et inéditsChapitre 37 sur 63 · HISTOIRE DE LA DERNIÈ RE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA DERNIÈ RE

On dit qu'on ne prétend point s'opposer au choix d'aucun autre chef du gouvernement ; l'on répète à chaque occasion que les puissances de l'Europe ne prétendent point intervenir dans ce choix; mais l'on ajoute que si le prince choisi était dans le cas, par la nature même de sa situation, d'alarmer la tranquillité de l'Europe , en mettant en problème celle de la France, il serait nécessaire aux puissances alliées d'avoir des garanties; et nous sommes fondés à croire que ces garanties demandées seraient des cessions de territoire.

Un seul, Louis XVIII, leur semble réunir toutes les conditions qui empêcheraient l'Europe de demander des garanties pour sa sécurité.

Déjà, disent-ils, il réside à Cambray; le Quesnoy lui a ouvert ses portes, ces places et d'autres villes sont en sa puissance, soit qu'elles se soient données ou qu'elles lui aient été remises par les alliés.

Le duc de Wellington reconnaît et énumère une partie considérable des fautes de Louis XVIII pendant son gouvernement de quelques mois: il place au premier rang d'avoir donné entrée dans son conseil aux princes de sa famille ; d'avoir eu un ministère sans unité et non responsable; d'avoir créé une maison militaire choisie autrement que dans les soldats de l'armée, de ne s'être pas entouré de personnes qui eussent un véritable intérêt au maintien de la Charte.

Il lui semble qu'en faisant connaître les griefs, et sans faire de con* ditions, il pourrait être pris des engagements publics qui rassureraient pour l'avenir, en donnant à la France les garanties qu'elle peut désirer.

Si l'on discute des conditions, d'autres que les autorités actuelles pourront délibérer, répète le duc.

Si l'on perd du temps, des généraux d'autres armées pourront se mêler des négociations, elles se compliqueront d'autres intérêts.

Nous joignons des proclamations :

Une de Louis XVIII, contresignée par le duc de Feltre;

Une autre du même, contresignée par le prince de Talleyrand;

Une du prince de Schwartzenberg;

Et un ordre du jour de l'empereur Alexandre.

On annonce que le prince de Wrede, avec 60,000 Bavarois, sera le 4 juillet à Châlons.

Nous vous conjurons de prendre les mesures nécessaires pour qu'on ne tire plus sur les parlementaires et les porteurs de dépèches que nous envoyons.

Recevez, monsieur le baron, etc.

P. S. M. de Latour-Maubourg nous a remis ce matin, à neuf heures, vos dépêches nos 1 et 2, et une heure après, le paquet qui renfermait vos dépêches nos 3, 4 et 5. Nous avons communiqué de suite à lord Wellington la dépêche n° 3, qui donnait la nouvelle certaine du départ de Napoléon, et nous avons réclamé d'après cela, puisque sa présence était un obstacle cà un arrangement, de convenir de suite d'une suspension d'armes pour conclure un armistice. Lord Wellington nous a répondu qu'il était nécessaire qu'il en conférât avec le prince Blûcher et nous a promis qu'il nous rendrait réponse dans la journée. On nous a donné communication d'une lettre très-dure datée de Mannheim, signée Metternich et Nesselrode, sur l'état actuel des choses en France et les résultats qu'on espère obtenir.

Nous comptions vous envoyer les proclamations nos 1 et 2, mais il nous a été impossible de nous les procurer.

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