MÊME MAISON, A GENÈVE
Iliic ades, omne hominum geiius ; luic concurritc et nrbes ! I.iix iinmensa vocat ; factorem noscite vestrum !
Prudent, iti Svniinacli.
FKKFACi:.
Si de toutes les pensées de rhoiume, celle qui le met en rapport avec la Divinité, en même temps qu'elle est la plus élevée, est celle qui exerce sur lui le plus d'empire; si les idées qu'il'se forme de Dieu déterminent le point de vue sous lequel il envisage toutes choses, et avant tout sa propre vocation et ses propres devoirs ; si de la profondeur et de la pureté de ses sentiments religieux dépendent celles de tous ses autres sentiments; si sa foi, en un mot, renferme la plus haute expression de sa vie spirituelle et morale , il n'est pas pour un peuple de progrès plus heureux ni plus féconds que ceux qui le font avancer dans la connaissance de Dieu. Chaque pas qu'il fait vers la vraie religion est un pas vers la vraie science, la vraie moralité, la vraie civilisation; et si
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ce peuple, par le rang qu'il occupe, est appelé à inlluer puissamment sur les autres nations, ciiaque progrès qui s'accomplit dans ses idées religieuses est un bienfait pour l'espèce humaine tout entière.
A ce titre, parmi les révolutions dont l'histoire a conservé le souvenir , il en est peu d'aussi importantes que celle qui, jadis dans l'empire romain, remplaça parle culte d'un seul Dieu celui des anciennes divinités païennes; la chute même de l'empire romain eut des conséquences moins étendues, et à coup sûr moins salutaires que celle de son polythéisme. Ainsi en a jugé l'illustre Académie qui , deux fois en moins^ de vingt ans, a proposé ce sujet aux recherches et aux méditations des amis de l'histoire. Dès ^830, elle les avait invités à retracer la chute du paganisme dans l'empire d'Occident. L'ouvrage qui obtint la palme dans ce concours', tout en résolvant d'une manière si supérieure la question proposée, jeta aussi un jour précieux sur l'autre face du sujet. Il fit reconnaître que le paganisme de l'empire d'Orient, composé en partie d'autres éléments que celui des provinces occidentales, professé par d'autres peuples, entouré d'autres circonstances, soutenu par d'autres appuis, avait suivi dans sa chute des phases assez différentes.
* Beugnot, Histoire de la deslruclion du paganisme en Occidonl. Paris, 1833.
l'urivci'. 3
l)rs lois rAcadciiiic , (jui iiv;iil cMiiioiiiir cf liciiii l/;ivail , n'a pas xoiilii laiss(M' son omimo iiicoinplric , et aiijouKriiiii , c'est la desUuclioii du paganisme dans l'enjpire d'Orient qu'elle nous api)clle à raconter.
Il m'a paru que, pour entrer dans ses vues, il fallait avant tout s'attacher à bien caractériser le polythéisme dont il s'agit, en indiquant les éléments qui avaient concouru à sa formation, et en montrant en quoi il se distinguait de celui des provinces latines.
En second lieu, quoique l'Académie ait fixé pour point de départ de ces recherches le règne de Constantin, il m'a semblé que, pour connaître la vraie situation du paganisme à cette époque, surtout en Orient, il était nécessaire de remonter quelques siècles plus haut, et de rappeler sommairement les premières attaques auxquelles il avait été en butte, les premiers ébranlements, les premiers échecs qu'il avait subis; en un mot, les premiers pas qu'il avait faits vers sa décadence.
Après ces préliminaires, entrant dans le cœur de notre sujet , nous retracerons de règne en règne , à partir de celui de Constantin, les destinées du paganisme dans les provinces d'Orient, les mesures répressives dont il fut l'objet, les nouveaux assauts qui
lui furent livrés, les résistances qu'il y opposa, les
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iiioyons à l'aido desquels ces résistances rurent vaincues. Nous parcourrons ainsi les degrés successifs de sa destruction, jusqu'au moment où nous le verrons disparaître complètement de Terapire grec, et où nous n'aurons plus qu'à constater l'époque de sa cliute définitive.
Nous nous livrerons ensuite à quelques reclierches sur les causes les plus générales de cette grande révolution , et nous jetterons en terminant un coup d'œil rapide sur ses conséquences.
iiisToiin:
DESTRUCTION DU l'AGANISMK
DANS L'EMI'lltK D'ollIKN T.