CHAPITRE I
NATIRK Ul' POLYTHÉISME PROFESSÉ DANS l'eMPIRE d'oIUE.NT.
Lorsqu'on parle du paganisme en général, et en purliculier de celui qui était en vigueur dans l'empire d'Orient ', il ne tant pas se représenter un culte unique, régulièrement et uniformément établi dans toutes ses provinces, mais bien plutôt l'assemblage d'une multitude de cultes d'origines différentes, diversement combinés entre eux, et dont
' Nous comprenons dans l'empire d'Orient toules les provinces qui en faisaient partie lors de sa séparation définitive d'avec l'empire d'Occident, en 395, savoir celles qui composaient les deux préfectures d"Illyrie et d'Orient proprement dit. La première comprenait le diocèse de Dacie et celui de Macédoine, dont la Grèce faisait partie. La préfecture d'Orient comprenait le diocèse de Thrace, celui d'Asie (partie occidentale de l'Asie Mineure), celui du Pont (partie orientale et septentrionale de la même province), celui d'Orient (Cilicie, Osrhoène, Syrie, Phénicie et Palestine), enfin celui d'Égyple (Egypte et Libye jusqu'à la Penlapole). Voyez Spruiincr, Ilislor. Hand-Allas, carte n" 2, p. 2. Lapic , elc. Le Bas, Ilisl. du Moyeu Age, t. J, p. 1.
li I.MIlODLCno.N, CIIAl'. 1.
(Ml 110 poulcoinprendre la composition et la bigarrure (iircii se r;ippel;ml larRicri él.it relij;ieu\ do l'Orient cl les circonslanees cpii l'avaient successivcincnt modilié '.
Depuis l'époque fort reculée où les peuples d'Orient avaient lait les premiers i)as vers la civilisation, le culte le plus universellement admis chez eux était le culte de la nature , principalement celui des astres , combiné d'une part dans les classes inférieures, avec les restes de fétichisme hérités de l'état sauvage, de lautre chez les prêtres, avec les systèmes métaphysiques et cosmologiques auxquels l'étude de l'homme et de la nature les avait conduits, et qu'ils rattachaient à la religion populaire par le culte des divinités allégoriques.
Telle était la forme du polythéisme qui, probablement^ originaire de la Haute-Asie, avait pénétré de proche en proche en Egypte et dans l'Asie moyenne, de là en Syrie et en Phénicie, puis dans l'Asie Mineure, puis en Thracc, et avait ainsi envahi la plupart des contrées qui firent plus tard partie de l'empire d'Orient, mais en revêtant dans chacune d'elles des nuances extrêmement variées. Il est même certain que, parles colonies égyptiennes, ou plutôt^ par les colonies phéniciennes parties d'Egypte, cette forme de culte avait été anciennement apportée en Grèce. Mais dans cette contrée, par l'effet de diverses circonstances, et surtout par celui de l'affaiblissement du sacerdoce \ le
« Voy. Creutzer elGuigniaut,Re]]g. de l'Antiquité. Paris, 1825.— H. Coristant, De la Religion. Paris, 1824.— Du Polythéisme romain. Paris, 1833.- Tschirner, Der Fall des Heidenlhums. Leipz. 1829.
' Creutzer elGuigniaut, t. 2, p. 1, 5 et suiv.
' Raoul-Rochette, Hist. des Colonies grecques. Paris, 1815 Liv. 1, ch. 4. — Creutzer et Gidgniauf, t. 2, p. 255-260.
• Gmtjniaut, lliid., I. 2, p. 372 3; t. 3, p. 806. — B. Constant, De la Religion, t. 2, p. 311 et suiv.
i'(ii.\ Mil i>Mi, 1)1. I. F.Mi'iui: h (ir.irM. /
pnl\lliéisiuc iloiil nous vriions d'csiiiiisser los Irails n'avnil |)as l.iidc à subir des t liaiigciiMMils cssciilicls. Au tullr des aslrcs ri i\c^ l'éliclies, les Grecs avaiciil substitué celui des grands lionuiies qui leur avaient apporté les lois et les arts, (les héros (|ui les avaient élonnrs par leurs exploits. Insensiblement toute leur religion avait revêtu eetle couleur an- Ibropolalrique. Les divinités apportées de IMiénieie ou d'KgypIc avaient perdu, avec leur signification primitive, les formes monstrueuses, les attributs bizarres, en mémo temps que l'immobile quiétude dont les avait re\ élues le génie de l'Orient, et de plus en plus rapprochées de la nature et de la figure humaines, elles étaient devenues des êtres humains doués seulement au plus haut degré des qualités physiques et intellectuelles que les Grecs admiraient chez lem-s héros'. L'Astarté des Assyriens et des Phéniciens, moitié femme, moitié poisson, portée à Paphos, puis à Cythère, de là à Athènes, était devenue dans ce trajet la belle Vénus rranii;*^, digne de s'embellir encore sous le ciseau de Phidias. L'immobile Artémis d'Éphèse, avec sa poitrine couverte de mamelles, son vêtement serré et parsemé de têtes d'animaux, était devenue depuis son arrivée en Grèce ^ l'élégante et légère déesse de la cliasse. Ammon, Neith, Osiris, dépouillant de même leurs attributs astronomiques ou cosmogoniques, étaient devenus Jupiter, 3Iinerve, Apollon. Tous les débris du culte de la nature,
1 B. Constant, De la Relig., t. 3, p. 316 et siiiv — Creutzer el Guigniaut, t. 2, V^ part., p. 387.
« Pausanias, Voyage en Grèce, 1, U, trad. de Clavier. Paris, 1814. ln-8. — Lajard, Kectierches sur le culte de Vénus. Paris, 1837. ln-4. Inirod., p. ii ; i"^ méni., p. 2; 2« mém., p. 5o.
5 Creutzer, t. 2, p. 93. — Voy. sur la Diane d'Éphèse, Gronovius (Thés, antiq. gr?pc., t. 7, p.3o7 et suiv.). La différence entre la Diane d'Éphèse el la Diane grecque est fort bien caractérisée par saint Jérôme (In Ep. ad Eph. Prfcf. 0pp. (°. Ed. Ben. t. 4. p. 322a).
8 I.MIiODI CilO.N, tllAP, I.
ainsi «iiic les rites cruels ou licencieux qui s'y rallachaienl, avaient été relégués par les Crées dans leurs mystères', sous la garde de quelques anciennes familles sacerdotales (|iii, pour le moment, avaient perdu toute influence sur la nation.
Celte transformation, qui s'était accomplie en Grèce dès avant le temps d'Homère, a été, je le sais, déplorée par quelques liistoricns. «L'Egypte, a-l-on dit d'après Platon, était la patrie des symboles; la Grèce n"a été celle que des mythes. Chez elle s'est perdu le sens scientifique et élevé des objets des anciens cultes. Au lieu de ces systèmes cosmogoniques et métaphysiques, plus tard si fort appréciés des sages qui en eurent connaissance, au lieu des symboles profondément scientiliques destinés à les retracer, il n'y eut plus dans la religion nationale que des rites vulgaires, des récits gracieux, poétiques, mais insignifiants, retraçant les aventures guerrières ou galantes des rois et des héros de la Grèce. »
Mais n'est-ce point s'exagérer beaucoup le prix des découvertes des anciens prêtées, et surtout celui des spéculations philosophiques et religieuses auxquelles ils s'étaient livrés? Lorsqu'on pénètre au fond de ces systèmes sacerdotaux si vantés, et où quelques-uns ont voulu voir les restes précieux d'un théisme primitif, qu'y trouve-t-on à travers l'informe chaos des hypothèses entassées, sinon toujours la divinisation de la nature, l'adoration de l'ensemble de l'univers dont le vulgaire adorait les parcelles, le panthéisme en un mot, c'est-à-dire de tous les systèmes le moins favorable au développement du vrai sentiment religieux ? Et quant à ces emblèmes dont on a admiré la profondeur, quelle instruction en revenait-il au peuple, qui n'était point initié à leur signification? Libre aux prêtres de voir dans
' Creutzcr et (ruicjniaut, I. 3, p. 80G.
iMiis iifi.is>iK fii; i/i;mi'Iiii; imikiiai. î>
le i^rossiiT IV'lichc ilc IN'Iiisc! le smiiIkiIc de rciiihoilciiioiit tics parties de iiinivers, on dans l'oliscène (li\iiiile (|iriiivii- (jnaieid h^s (''|>(tii\ sléiiles,el dans les oITiandes eiiieiirs (jui sonillaieni les aniels de .Mnloeji, le enlle des l'orers loin' a loni" retondantes el dtîslrnelives de la natnre ; poni" le peuple «lui n était point dans la conlidence de ces mystères, el qui n'avait pour nourrir sa piétt^' que des cxoinplos el des objets si peu édifiants, il demeurait plonjié dans son ahjccl tétieinsme. Ce lut donc une époque heureuse pour les(irecs que celle où, sortant de la dépendance absolue tic leur sacerdoce, ils changèrent la forme et le caractère de Icms divinités. S'ils eurent tlès lors des dieux en forme d'hommes, et à beaucoup d'égards imparfaits comme les hommes, ils curent du moins ties dieux avec lesquels ils pouvaient conununiquer et sympathiser, qui n'exigeaient d'eux ni rites honteux, ni sacrifices atroces, des dieux dtmt le culte, favorable aux arts, à la poésie, au patriotisme, à la liberté, ouvrait les cœurs à lamour du beau physique et moral'.
Mais la Grèce ne profita point seule de cet heureux changement. Devenue à son tour, grâce à ses nouvelles institutions, un foyer de civilisation et de lumière, elle propagea au loin chez les peuples d'Orient la nouvelle forme de polythéisme qu'elle venait d'adoi)ter.
Ces colonies, que l'amour des aventures, l'attrait du commerce et du gain, ou enfin quelque intérêt national portait sans cesse à quitter la Grèce, pour former sur les côtes de la Méditerranée et du Pont-Euxinde nouveaux établissements, emportaient avec elles les dieux de la patrie, leur élevaient des autels et des temples , leur consacraient des rites en tout semblables aux rites nationaux, quelque-
» Creutzcr et Guùjniaut, t. 1, p. iOl-102; t. 3, \^.S2^. — B. Constant, De la lielig., I. 2, p. ilil-iCO.
10 IMIKUll (.IKI.V, ClI.Vi'. I.
lois nu'inc deinaiulaiiMil ;i la môlropole le graiid-prèlre qui (l('\ail pirsidor à leur culte'. C'est ainsi que de bonne heure les divinités grecques eurent des sanctuaires, non seuleineul dans les ilcs de la mer Egée, mais encore en Thrace, dans la Chersonèse Tauriquc, en Asie Mineure, en Egypte, en Libye-, comme elles en eurent aussi en Italie et en Sicile. Cyrène, ville toute grecque, fondée par une colonie de Spartiates ', avait une dévotion particulière pour Apollon*. Bérénice renfermait un temple d'Aphrodite ^ Jason, à Byzance, avait cons.lcré aux douze dieux de la Grèce des temples qui furent relevés par TArgien Timésius", Les colons grecs portèrent dans l'île de Leucé, vis-à-vis des bouches du Danube, et à Olbiopolis, près de celles du Borysthcne, le culte d'Acbille \ et dans toute la Chersonèse Taurique ceux d'Hercule, de Diane et surtout d'Apollon ^, qui y reçurent aussi les hommages des barbares indigènes ". De même les colonies doriennes, fondées sur les côtes de la Carie, eurent pour sanctuaire commun le temple d'Apollon Triopius •**, et les douze cités fondées en Lydie par les Ioniens chassés du Péloponèse, tenaient leurs conseils gé-
' 7?aou/-/?oc/ie/<e, Hisl.cril. des Colonies grecques, t. i.p. 30-43.
' Erasm. Vinding. Hellen. (in Gronov. Anliq graec. Thés., t. il, p. 464).
^ Synesius, De regno. 0pp. Paris, 1631, f" p. 2.
* Callimach., Hymn. 4 (grec-fr. Paris, 1775, p. 96-100). — Letronne, Journ. desSav., 1848, p. 371-372. — Bœckh et Franz, Corp. Inscr. Gr., t. 3, p. 517, n<'^5131, 5133, 5136-5138, e(c.
^ Strabon, Geog., liv. 17, p. 484, Irad. fr. in-4. Paris, 1805.
" Codinus Curopal, Selecla deConsl. orig., 1596, p. 17.
■^ Raoul- Rochette, Anliq. gr. du Bosph. Cimm. Paris, 1822, p. 16. 20. — Mém de l'Acad. des Inscr., l. 45, p. 8.
» Raoul- Rochette, ibid., p. 25, 32, 46, 62, 102.
» Ibid., p. 199.
'" Erasm. f^inding. Hellen. ixnGronov., l. \\, p. 458).
iMii.vniKisMi: m: i,"i:Mi'iiti, ii'oi'.ii \i 1 1
îiôraiix dans le Iciuplc de .N(|ilii!i<' , iioiiiiiic (!<• la 1'' l'aiiio-
niniii '.
Depuis le (DiimK'Mn'mrnl des <-ii(!rics iilmIkiiks , les émigralioiis dc\ iincnl licMiicniip plus l'ares ; la (irùcc ii avail pas lni|) de tous ses eiloviis pour (léleiKlre sa lilxiilé ineuacée, sou leniloiie saus resse euvalii^ Mais uu sièelc après l'expulsion des Perses, les Crées, portant cux-mùnies la guerre en Orient, s'établissent en vainqueurs dans les mêmes contrées où ils n'avaient d'abord paru qu'en lunnbles colons. Ce n'est plus seulement sur quehpies ixjinis des côtes de l'ionie ou du Pont-Euxin qu'ils portent le superflu de leur population; ils vont eu foule occuper les villes qu'Alexandre et ses successeurs ont bâties ou relevées en Tbracc, en Syrie, en Egypte, en Asie Mineure, ils y propagent leur langue, leurs sciences et leurs arts \ Antiocbe, presque en entier peuplée de (Irecs \ est comme une nouvelle Athènes. Alexandrie devient, sous lesLagides, un des foyers les plus brillants de rbellcnisme^ la civilisation grecque est depuis cette époque transplantée dans presque tout l'Orient.
Il n'était pas sans doute dans le génie de cette nation de profiter de ses conquêtes pour changer violemment la religion des peuples soumis ; l'exemple qu'Antiocbus Epiphane avait donné en Judée, et Cléomène en Egypte % eut peu
> Ibid., p. 439-410. Voyez dans le même ouvraf,'e, l'indication des divinilés introduites par les colonies grecques dans les divers lieux de leur établissement.
2 Raoul- Rochette, Colon, grecq., t. 3, p. 372.
5 Raoul- RocheltP,Cohm. grecq., t. l,p. Q.—Schlosser, Hist. nniv. de l'Antiq., Irad. fr., l. 3, p. 353 et suiv. — Léo, Lelirb. der Univ. Gescb. Halle, 1839. I. 1. p. 360.
4 Raoul-Rochette, t. 4, p. 236.
« Le Bas, Hist. anc, liv. Il, secl. 2, c. 2.
« Schlo^ser, llisl. de l'Anliq., t. 3, p. 15, 17.
12 ' I.MlUtDLr.llU.V, CHAI'. I.
triinilateurs. i'orsuadés que s'ils ne Irouvaicnt les sacerdoces favorables , ils trouveraient bientôt les liabilanls liosliles, les (irecs montraient en général plus que des ménagemenls pour le culle de leurs nouveaux siijels. A l'exemple d'Alexandre lui-même, qui, à son passage en Libye, avait adoré Jupiter Ammon, et qui, en Égypie,' avait sacrilié au bœuf Apis et élevé un temple à Isis, les IHolémées ' élevèrenl des autels aux principaux dieux de l'ÉgypIe, firent revenir de Perse leurs statues enlevées par Cambyse , reconstruisirent avec magnificence une partie de leurs temples, et c'est à eux que l'on doit plusieurs de ces gigantesques édifices dont si longtemps on fit lionneur aux anciens rois du pays*. Outre les monuments de Pliila3 et de Rosette, qui attestent leurs égards pour le sacerdoce égyptien^, une foule d'inscriptions découvertes de nos jours mentionnent des actes d'adoration ou d'hommages dont Isis, Osiris, Aroueris, Ammon, etc., lurent l'objet de la part des Grecs*, et la plupart des médailles frappées sous le règne des Ptolémées portent, avec l'effigie de ces rois, les noms et les attributs des dieux égyptiens'. De même,
* Jomard, Mém. sur les inscr. anc. de l'Egypte, p. 1, 9 (Descr. de l'Egypte. Ant. mém., t. t).
- Jomard, Aiiliq. d'Anléopol., p. 18 (Dcscr. de l'Egypte. Ant., t. 2), — Letionne, Recueil des inscr. grecq. et lat. relativ. a l'Egypte. Paris, 1842. Introd., p.8,t3, 18; l 1, p. 2, 30, 49. — Bœckh el Franz, Corp. iuscr. gr., t. 3, p. 303. Berol. 1848.
3 Letronne, ibid,, t. 1, p. 244 et suiv., 337 et suiv., 353, 372; Atlas, pi. 7, 8.
'* Jomard, Mém. sur les inscr. anc. (Descr. de l'Egypte. Ant. mém., t. 2, p. 1,4, S et suiv. Paris, 181 8). — Yoy. en particulier, dans l'ouvrage de Letronne sur les inscr. de l'Ég., t. 2, les nombreux actes d'adoration des Ptolémées, de leurs officiers et de leurs sujets en l'honneur de risis de Philfe. Voy. de même 1. 1, p. 408, e\c.— Bœckh et Franz, Corp. inscr. gr., t. 3, fasc. 2, passim.
^ Musei Tlieupol. ant. numism. Veuel. 1730, p. 1203-120o.
l'or.vriiiivMr nr i'imi'Iiu. iMiitirvi. [A
sons l.i (lomiiiMlinii (les (ii-i'cs, le riillc il'Ai Ifinis coiilinii;) (Ir llciiiir M Kplic'se , celui (rAdmiis à Ils hlos , crliii de Mrl- Ciirlli à Tyr, celui de .Marnas à (iaza, celui dAsIarle a lliérapnlisel àSidou ', el les rois de Perganie l'ehàliiCMl s|>l<iidideineul le leMi|de deC^hèle à Pessinoiile '.
Toulel'ois, en nména^canl, en eourlisanl même au besoin les dieux des piovinees conquises, les Grecs étaient loin d'ouMier leurs propres divinités ; et s'ils les avaient portées avec eux dans les lieux où se fixaient leurs colonies, à plus forte raison leur rendirent-ils un culte dans les principaux sièges de leur domination ^ Selon Libanius, un des Ptolcmées enleva en Syrie une statue de Diane (probablement grecque) dont la beauté lavait frappé, et la transporta en Egypte '♦. Elle n'y lit pas, h la vérité, un long séjour, car l'épouse de ce prince étant tombée malade, les prêtres égyptiens attribuèrent ce mallieur au courroux de Diane, qui protestait contre son enlèvement, et parvinrent ainsi à se débarrasser de l'étrangère. Ils réussirent aussi pendant quelque temps, selon 3Iacrobe ', à faire reléguer bors des villes le Saturne des Grecs etleSérapis du Pont, introduits
' T.<;chirner, Der Fall des Heidenth., p. 63-6G.
* Guigniaut, t. 2, p. !^)8.
' Bœckh et Franz, Inscr. gr., n" 4682, l. 3, p. 330, etc. Le voyageur Cosmas ludicopleustes cite l'inscription d'un monument élevé par l'un des Ptolémées k Adulis, en Éihiopie, sur les bords de la mer Rouge, et qui attestait qu'après des victoires éclatanles remportées sur les peuples voisins, ce prince avait sacrifié à Mars, a Jupiter et a Neptune. Le monument lui-même portait l'image de deux autres divinités grecques (Christ, opin. de mund. in Montfaucon. nov. coliect. script, grsec, t. 2, p. 141). — Voy. de même l'inscription du monument élevé en l'honneur de Mars par Aizana, roi d'Axum. Bœckh et Franz, Corp. inscr. gr., t. 3, p. olo.
'' Liban, Anliochic. 0pp. i°. Paris, 1627, t. 2, p. 3o2. Libanius raconte dans ce même discours qu'on revanche un des Séleucus transporta a Anlioche une statue d'Isis.
^ Macrobii o\^ç. Leyde, 1670. In-8, p. 21o. Saturnal. I, 7.
H iMIUlDl CTIOV, CHAI'. I.
par lM(>l(''iiu''t'SuU'r, sous [)ivle\k' (iiio ces dieux lalamaiciil (les saciiliees d'aniinaux iiilcrdils dans le culle égyptien ; ils iinircnt cependant par les admettre dans leurs propres temples et par leur rendre de grands honneurs '. Strabon vit à Dendera et h Mcmpliis des temples de la Vénus grecque; à llermontliis, un temple de Jupiter et d'Apollon '*. On voyait de môme à Alexandrie un autel en l'honneur d'Aj)ollon et de Proserpine^ Il y en avait sans doute de pareils dans bien d'autres villes, et ce culle mélangé, moitié égyptien, moitié grec, lut placé par les Ptolémées, qui euxmêmes recevaient des hommages religieux*, sous la surintendance d'un grand ponlife grec, nommé par le roi et résidant à Alexandrie-', L'archi-prophèle ou grand pontife d'Isis était aussi pour l'ordinaire un Grec, comme Letronne l'a prouvé par plusieurs inscriptions ^. C'étaient les divinités grecques que chantait à la cour des Ptolémées Callimaque de Cyrène. Si les médailles d'Egypte portent en général des dieux el des attributs égyptiens, quelques-unes cependant portent des dieux et des attributs grecs ^ Sérapis lui-même perdit sous cette influence ses formes primitives et gro-
* Sainte-Croix, Mystères du Paganisme. Paris, 1817, t. 2, p. 152.
- Strahon, Gt'ogr., liv. 17, p. 394, 418, 424. Quelques-unes de ces divinités pourraient être, il est vrai, comme Letronne le suppose (Inscr. de l'Ég., t. 1, p. 94, etc.), des divinités égyptiennes, telles qu'Isis, Aroueris, Athor, désignées par Strabon sous des noms grecs. Voy. encore Jomard, Deser. de Mempliis, p. 42 (Descr. de l'Ég., 1.2), Descr. d'Hermonthis, p. 13 (Antiq., t. 1).
' Letronne, t. 1, p. 417.
'' Les Ptolémées étaient qualifiés de dieux sauveurs, et leurs images placées dans les temples. — Creutzer et Guigniaut, t. 3, p. 30. — Letronne, 1. 1, p. 249-251 (Inscr. de Rosette), p. 257, 363, etc.
« Letronne, Inscr. de l'Ég., t. 1, p. 363; t. 2, p. 26, 27. — Bœckh et Franz, Corp. insc. gr., t. 3, p. Zib. — ^ Letronne, ibid., t. 2, p 25.
' Musei Tln'iipol. nuniism., p. 1205-1206. — Sestini Num. .ficvp., p. 2, 3, 13.
l'dl.VIIIKKMK l»l. I l'MI'll'.l It'nHIIM. V>
t(N(|ii('S, cl ;iii lien d'un viisc Nciilni iMUlr sur dr pclils jiicils L'I surmoiilr d'une [(Hcd'lidiinne, ou Nil à Alcvandiie la figure majcsliuuisc d'un Jupiter portant sur sa Irto un boisseau'. La nuMnc transformation se fait remarquer sinl»lusieurs médailles d'KpIièse, où Diane ap|)arait avec les atlrilmts et le eostume f^recs'. Kn Syrie enlin, où sous le règne des Séleucidcs la domination grecque s'élahlil d'une manière plus complète, et à quelques égards i)lus violente que partout ailleurs ^ une foule de monuments furent consacrés à des divinités grecques, entre autres, à Daphné près d'Antioche les temples de Diane et d'Apollon. Les médailles syriennes portent presque toutes des dieux grecs ou représentés à la grecque*. A Iliérapolis, dans le temple même de la déesse syrienne, les Grecs avaient introduit leurs propres divinités; bien plus, ils avaient mudilié le culte de cette déesse, en sorte qu'àLaodicée, au lieu d'une vierge qu'auparavant on lui sacrifiait tous les ans, on ne lui sacrifiait plus qu'une biebc \ Enfin le nom générique dÉ)jT;v£;, que les chrétiens appliquèrent dans la suite à tous les païens de l'empire dOricnt,n'atteste-l-il pas l'empreinte profonde qu'avait laissée chez ces derniers la religion aussi bien que la civilisation hellénique^ y
Bientôt une nouvelle influence vint modifier encore le polythéisme des provinces d'Orient : je veux parler des conquêtes romaines.
* Creutzer al Guigniaut, t. i, p. 41o.
- Mus. Theupol. num., p. 126S-12G6. — Sestini Museo Hedervar., part. 2. Firenze, 1828, in-4, p. 102, 103.
* Léo, Lehrb. der L'niv.-Gesch., l. 1, p. 3u7.
* Sestini Museo Hedervar., part. 3, p. 1-20.
5 Porphijr., Deabst. ab esu anim. Ed. l{(f>hr, in-4. L. 2, c. 56, p. 202.
8 Erasm Viniing., Helleii. lin Gronoiii Tliesaur. Gtss^. aniiq., 1.11,11.323).
h» tMItdllI CTKIS, (.MAP. I.
Los Uitm.iins, îiiiisi (|ii(' lanl d'aulrcs peuples d'Occidcnl, avaiiMil reçu des Grecs, à diverses reprises, les priucipaux éléments de leur religion ', mais ils les avaient assortis à ItMirproprc^éiiie; en général le cullc romain, moins tourné (jue le culte grec vers l'art et la poésie, mais mieux api)roprié aux intérêts politiques et sociaux, avait un caractère plus simple, plus positif , plus sérieux, plus austère'-. On s'accorde à le considérer comme le polythéisme porté à son plus haut point de perfection, jusfju'à l'époque du moins où des tyrans, dignes à peine du nom d'hommes, furent transformés en dieux et obliment pour eux et leurs favoris les honneurs de l'apothéose.
Par sa nature même, il est vrai, le culte romain était moins susceptible que le polythéisme grec de s'amalgamer avec les cultes étrangers. « Ni leur belliqueux Mars, auquel « ils attribuaient leurs victoires, ni Quirinus, le fondateur « de leur empire, n'étaient propres à devenir les dieux des « nations vaincues ^ » Les Romains, d'ailleurs, ne songeaient pas plus que les Grecs à changer par force la religion des peuples soumis et à fonder sur l'unité de culte l'unité de leur empire. Ils considéraient chaque portion du globe comme étant sous la protection de divinités spéciales que ses habitants étaient tenus d'honorer, et qu'eux-mêmes, ne fut-ce que pour mieux s'attacher leurs nouveaux sujets, devaient chercher à se rendre favorables. Ils pratiquaient surtout ces maxùnes à l'égard des cultes de l'Orient. Tandis qu'en Gaule la résistance des druides entraîna la sup-
1 Creutzer el Guigniaut, t. 2, part. \, p. 254, 389.
^ Dionxjs. Ealic, Anliq. Rom., liv. 2, c. 19-21. Ed. Reiske. — D. Constant, Du Polylh. rom., liv. t, c. 10. — Tschirner, Der Fait des Heidenth., p. 40-47.
* Tschi'rner, ibid.,p. 49.
l'oi YTiii'iisMi- m l'KMi'inr; ii'oHirsr. 17
pression |»r(S»|H(' lol.ilf ilr r:iulniil('' de ccl ordif ', cl (|iic, dans les |)i'iii('i|iiil(>s cites an iiioins, les (li\iiiil('-s loinaiiirs liiiirciil par sii[)planl(!r 1rs diviniles etlliques '; in (ircce cL en Ot'ienl, on l'inllnenre dn vain(|nenr dail aHiiil)lie par la dislanee, les privilé;^('s des corps saeerdolanx lijrcnl pins iespeclés ', el les dieux indigènes, laissés à leurs adorateurs respeelils, reçurent munie plus d'une lois l'Iioinniage des Uoniains '. Cependant il était impossible «pic rinlluencc romaine nintroduisil aussi «pieltpies clian<ieinenls dans le culte des provinces d'Orient, lui dépit des maximes générales de tolérance, il y eut çà et là des violences partielles ' ; plus d'un temple fut dépouille, plus d'un trésor sacré pillé, plus d'un avide proconsul imita en Orient les déprédations de Verres. Les soldats d'Antoine fondirent la statue d'oi- de la Vénus Anaïs ^\ Néron, à lui seul, transporta de JJelplies en Italie cinq cents statues de dieux et de héros, qu'il remplaça par les images des empereurs ^ Caracalla, irrité contre
* De Burigny, Des honneurs et prérog. des prêtres (Acad. d. Inscr., t. 31, p. 114). — 2 Tschirner, 1. c, p. 50.
=* Cependant les Romains eurent, comme les Grecs, la précaution de mettre un souverain pontife de leur nation a la tête du sacerdoce égyptien et du musée d'Alexandrie. Bœckh et Frariz, Cor|i. Insc. gr., 1.3, p. 31o.
* Jomard, Mém. inscr. d'Egypte, 1. c, p. a et suiv. On trouve sur plusieurs monuments d'Egypte [Letronne, 1. c, t. 1, p. 106, ioù, :20G, 427, 433 ; t. 2, p. 467) l'attestation d'tiommages rendus et même de temples élevés par les Romains aux dieux du pays. Balbillus, préfet d'Egypte sous Néron, adore le grand dieu Soleil. Le procurateur et le chiliarque d'Egypte élèvent sur le mont Claudicn, pour la fortune deTrajan, un autel à Jupiter-Soleil grand St'rapis. Sous le même Trajan, un propylon est élevé à Pan par Cl. AiioUinaiis, tribun militaire, etc. De même, Scptime-Sévère érige a Byzaïute un temple et une statue au Soleil, qu'il désigne sous son nom Ihrace, Deo Zeuxippo [Joh. Malala, Chronogr. Ed. Niebuhr. Bonn, 1831. In-8. Liv. 12, p. 291). — •• Tschirner, p. 32, 53. — « Creutzer, l. 2, p. 78. — ' Tschirner. p. 53.
IS IMIlOniCTKtV, r.llAP. t.
les lialjilanlsd'Alcxaiulrio, (|ui l'avaiciil jJiovoqiK' par leurs sairasines, pilla quelques-uns de leurs temples ', Les vainqueurs (le l'Orient distribuèrent plus d'une fois à leur gré les pontilicats des villes occupées '\ D'ailleurs, le seul lait de leur domination installa, même pacifiquement dans les provinces conquises, tantôt les divinités qu'eux-mêmes avaient empruntées aux Grecs ^ tantôt leurs propres divinités romaines. Ainsi Tibère érigea près d'Antioclie un temple en l'honneur de Jupiter Capitolin^; il y en avait de même un à Corinthe ^. Des inscriptions recueillies en Dacic '^ nous montrent les cultes de Jupiter, de Mars, d'Auguste, etc., introduits dans cette province. A Elis, à Corinthe, à Sparte, à Athènes, on voyait des temples et des statues en l'honneur des empereurs ; à Corinthe, un temple en l'honneur d'Octavie, sœur d'Auguste"; à Dendera, un temple en Thonneur de Julia Augusta, épouse de Trajan**, et même dans quelques villes de la Grèce et de l'Egypte, Adrien ne rougit pas d'établir le culte de l'infâme Antinous ^.
» Dion. Cass., liv. 77, c. 22, 23.
' De Burigny, Des prérogat. des prêtres (Acad. des Inscr, t. 31, p. H2,416).
3 Joh. Malala (Chronogr., liv. il, p. 277-278, 307, elc.) parle des temples érigés à Antioche parTrajan, Adrien, Dioclétien, etc., à des divinités grecques. Quelques médailles égyptiennes du temps des Romains portent l'effigie de divinités grecques, de laJunon argienne, du Neptune isthmien (Mus. Tlieup. numism.,p. il02-H03).
* Joh. Mal, ibid., liv. 10, p. 234.
^ Pausan., Voyage en Grèce, H, 4.
Seivert., Inscr. mon. rom. in Dacià. Vindob. 4773, p. 24-30. ' Pausan., Voy. en Grèce. I, 18. III, 11 . V, 12. VI, 23.
* Letronne, Inscr. de l'Egypte, t. 1, p. 103.
" Pausan. VIII, 9. — Sainte-Croix, Myst. du Pag., t. 2, p. 132. — On^èjîP, Conl. Gels. VIII, 9. — Athanas., Cont. Cent. — Jomanf, Descr. d'.Aiilinoë (Descr. de l'ÉgypIe. Anl., I. 2, p 3, 4 et suiv.).
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Au l't'slt', il rl.lil (le ^(•S^0I1(■(• du pnlNlIiciMii»- {r,i||rl' in
so ('(>iii|)li(|iianl de plus eu plus, surtout clic/ les ualioiis civilisées. A iikîsuic ([u'il s'élahlissail (Mitre les p«'iiplcs rie nouveaux liens, à iiiesutc que le commerce, les voyaf^es, le mouvement dos armées, l'idenlilédu régime; polili(|uc metlaienl eu relation entre eux les liabifaiits des diverses proviiic(>s de l'empire, ils se eonnnuuiiiuaieiil mutuellement leurs divinités : le f.rcc qui avait apporté en Kyypte les dieux de son pays, rapportait à son retour les dieux de l'Egypte, et reconnaissait la protection qu'ils lui avaient accordée sur la terre étrangère, en leur éle\aiit dans ses propres foyers des temples et des autels. Ammon, (sis, Sérapis, la Diane d'Éphcse, la déesse syrienne, avaient, du temps de Pausanias ' et de Lucien '\ des temples en Grèce. Le culte de 3Iithra, que les pirates de Cilicie avaient apporté dans l'Asie antérieure ^ du temps de Pompée, s'était répandu de proche en proche en suivant le trajet des légions romaines \ et l'on en trouve des traces aux deux extrémités de l'empire, sur les hords du Danube, aussi bien qu'en Afrique et enNumidie^ 11 s'établissait ainsi entre les diverses provinces un échange continuel de divinités: chaque ville, outre les siennes auxquelles elle rendait un culte particulier, en recevait de nouvelles et d'étrangères, et le génie des Grecs s'évertuait à saisir des liens et des ana-
' Pausan. 1, 18. II, 2-4. III, iS. VII, 21, 2fi. IX, 16, etc.
2 Lucian. Luc. 0pp. Ed. Reisice. T. 2, p. 604.
^ Guigniaut, l. 1, p. 362-382. — Lajarcl, Nouv. observ. sur le bas-relief milhr. Paris, 1828, in-4, p. 3, 4, 12 et suiv.
* Lajard, Mém. sur deux bas-reliel's mitlir. découverts en Transylvanie (Acad. des Inscr., 1840, I. 14, 2^ pari., p. oo).
' LajanI, Mém. ibid., p. 54, 56, 62, H6, 178 et suiv. — Seivert, 1. c, p. 172. — Letronnp, Note sur une inscr. trouvée à Lanibcesa ^Journ, des Savants, anu. 1847, p. 620 et suiv.).
*Î0 IMltOlll'CTlOV, CHAP. I.
l(>;^i<>s (Milrt'ct's di(Mix rassciiihlt's de loulcs paits '. Anliorhe l'I.iil un vériliiMc olyuipo ; ninr.i l'a Implisc-e Lil);inius ■^, L'Atliquc, selon l'exjjrcssion d'Hégésias\ « clail ploiiie ilcs « (lieux qui l'avaient choisie pour demeure » ; elle invoquait à la fois ceux de l'Europe, de l'Asie, de la Libye, el, de crainte d'en oublier quelqu'un, elle élevait des autels au dieu inconnu '.
Ce qui cuaclérise donc surtout le pnp:anisme des piemiers siècles de notr(^ ère, c'est cet assemblage, cette mise en commun d'une foule de divinités de nature el d'origine diverses, les unes cosmologiques, les autres anlhropomorphi(]|Ues; les unes orientales, les autres grecques ou romaines. Quant au paganisme de l'empire d'Orient, en particulier, l'élément romain, d'après ce que nous venons de remarquer, y occupait beaucoup moins de place ; les anciens cultes de l'Orient et le culte grec, associés et diversement combinés entre eux, en formaient les éléments principaux.
* Bœckh et Franz, Corp. insc. gr., t. 3, p. 303 et suiv. Sur une stèle découverte dans l'île de Dionysos, près des cataractes du Nil, chacune des divinités égyptiennes invoquées par les officiers de Ptolémée-Évergète est désignée aussi sous le nom grec correspondant (Letronne, Inscr. de l'Egypte, t. d, p. 390). De là encore les noms d'Antai'opolis, Hermopolis, Aphroditopolis, ApoUinopolis, etc., donnés par les Grecs a des villes d'Egypte, dans les dieux tulélaires desquelles ils croyaient reconnaître leurs propres divinités. « Les Grecs, « dit M. Jomard, qui rapportaient tout à leur mythologie, voyaient rt leurs dieux partout; ils ont distribué, pour ainsi dire, entre les « villes égyptiennes presque toutes leurs divinités. » Jomard, Descr. des antiquités d'Edfou, p. 2, d'.\ntteopolis, p. 20, de l'Heptanomide, p. 70 (Descr. de l'Egypte. Ant., 1. 1, 2).
2 Liban. Antiochic. 0pp., t. 2, p. 3S3.
' In Slrabonis Géogr., liv. 9. Pétrone, dans sa Satire, c. 17, disait qu'en Attique on trouverait plus facilement un dieu qu'un homme.
'' Act. Apost. XVII, 23. — Pausan., Voy. en Grèce, I, t . — Sainte- Croix, JMysl. du l^ag., t. 1, p. 3S. — Heller, De Dec ignolo (in Gro~ no»'. Thés, aniiq. Grrt'c, t. 7, p. 223 et suiv.).
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Telle )-l;ii( l:i (-(iiii|)i)silii)ii tlii |iiil\lliéisin('<liMil innis inons à l'.-K'oiilri' la (liiilc. .Mais, a\aiil (rt'Xaiiiiiicr ('niiiinciil (cHr rt'volulioii s'elIVclua, r;i|)[)clons <ii |)(ii i\c mots les «ircoiistaiices (|ui l'avaient préparée, les seeidisscs, leséejiers «pie le paj^anisine a\ait subis dès lonyliMiips avant l'éporpie «le Ooiistantin. Ces préliminaires, sur lesquels nous sen»n.> aussi bn-r (pie |)Ossil)le, son! indispensables, je le répèle, pour Faire eoiniaitre la situation réelle de Taneien culte à l'entrée de la période (fue nous avons à retracer.
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