‹ Histoire de la diplomatie slave et scandinaveChapitre 48 sur 57 · A12 NÉGOCIATIONS DE PONGE DE LA GARDIE · texte numérisé non relu

A12 NÉGOCIATIONS DE PONGE DE LA GARDIE

déjà par une coalition qu*on cherchait à contre-balancer ces inépuisables légions de Barbares que traînaient après eux et que pouvaient armer les grandsducs de Russie. Mais, au milieu de cette précoce et frappante similitude de moyens de résistance , quelle diCFérence profonde entre ces temps et les nôtres ! La vieille Europe alors, c'est-à-dire l'Europe éclairée, cette contrée heureuse et aimée des dieux, où se jouent à plaisir, sous son favorable ciel, les infinies merveilles des arts, des lettres, des inventions, des découvertes, des perfectionnements en tout genre ; cette héritière de la civilisation grœco - romaine, transformée selon les diverses nuances de son génie; ce foyer enfin, de lumières, de justice, de bien-être pour Thumanité, n'avait à redouter qu'un danger éloigné : unie ou non, son avant-garde, la Suède et la Pologne, sufiisait à sa défense. De ces denx nécessaires États, aujourd'hui l'un est mort, l'autre a perdu sa force dans la lutte, et contre la Russie, presque maîtresse jusqu'au Rhin, l'Europe, acculée pour ainsi dire à l'Océan, a vu forcer son centre imprévoyant et timide, et n'a plus que son arrière-ban pour la défendre et la sauver ! En moins de trois siècles , quel progrès , quel sujet d'alarme , quelle source abondante de tristes réflexions !

Page 1