‹ Histoire de la diplomatie slave et scandinaveChapitre 7 sur 57 · VICISSITUDES DE L*£MPIHE DANOIS · texte numérisé non relu

VICISSITUDES DE L*£MPIHE DANOIS

Tous ces actes illégaux ou cruels excitèrent de telles plaintes d^une part, une telle indignation de Tautre, qu'Engelbrecht, simple paysan dalécarlien, mais plein de bravoure et d'énergie, et qui avait, à cause de sa rare intelligence, passé sa jeunesse dans un monde plus relevé, fit soulever ses compatriotes et se trouva bientôt à la tète de cent mille hommes : c'était en l/i.â5. Tout se soumit à lui, et ce Yiriathe suédois aurait accompli peut-être Tœuvre de Tindépendance de son pays, si les grands, jaloux de cet homme nouveau, ne lui eussent préféré Charles Ganutson, grand-maréchal, qui le fit assassiner par le fils d'un sénateur afin d'exercer sans partage les fonctions d'administrateur de la Suède.

Nouveau pacte fédéral de CaTmar, 1436.

Ce n^urtre déplut au peuple, qui aussitôt se rapprocha d'Ëric-le-Poméranien, et à Calmar, lieu consacré par les premiers pactes de fédération, le l*'^ septembre l/tâ6, l'Union fut solennellement renouvelée, mais avec les modifications suivantes :

L Le roi Éric promettait de ne donner, dans chaque pays, les charges qu'à des nationaux, et même le commandement des forteresses de Nyko{ûng, de Calmar et de Stockholm.

IL En retour, et dans l'intérêt de la maison d'Éric ou bien du Dananarck, on fit, sur la succession et sur la ]oi électorale, des règlements qui établissaient :

àO LIVRE PREMIER.

1" que le clergé, si favorable, comme noui savons, à r Union, compterait autant de députés que les laïques à la diète électorale , qui se tiendrait à Halmstadt ; 2° que la totalité des députés électeurs serait de cent vingt, répartis également entre les trois royaumes; 3" que si le roi Éric laissait un fils légitime, c'est sur lui que devrait tomber le choix des électeurs ; 4* que s'il mourait sans enfants mâles légitimes, tout ce qui avait été stipulé dans T Union de Calmar serait abrogé, et le roi serait tiré de l'un des trois royaumes unis; 5** que, dans ce cas, pour éviter de fâcheuses disputes, c'est le sort qui désignerait le royaume appelé à fournir le ix)i ; 6° que ce royaume étant une fois connu, si l'assemblée générale des électeurs ne pouvait s'entendre sur la personne, le choix serait remis à une réunion moins nombreuse et plus susceptible de s'entendre, à un comité composé seulement de douze électeurs.

On ne peut pas nier que, au point de vue de la durée de l'Union, la plupart de ces dispositions fussent trèssages. Néanmoins, malgré l'attrait ordinaire des institutions nouvelles dans leur commencement, cette première période de l'Union de Calmar avait été orageuse, et elle ne promettait pas à l'œuvre de Marguerite, quelles que fussent les améliorations introduites, un développement tranquille, ni même de longs joursk : au-dessus de toutes les réformes, au-dessus de tous les perfectionnements, planait l'antipathie jalouse de race, source première et indestructible de tous les troubles et de toutes les agitations.

V1CISS1TDD£S DE L'EHPIRë DANOIS. 41

L*archi-roi do l'empire danois.

La seconde période de l'Union Scandinave, qui va de Ift36 au récès de Calmar en 1&83, ne fut pas plus calme que la première. Les Danois eux-mêmes ébranlèrent le fragile édifice élevé surtout en leur faveur. En 1438, ils déposèrent Éric-le-Pomérauieu, dont ils avaient fini, eux aussi, par être mécontents, et ils élirent en 4440 son neveu Christophe III, comte palatin du Rhin. C'était un seigneur allemand, comme autrefois Albert de Mecklembourg, et les Danois, en l'élisant seuls et les premiers, semblaient vouloir imposer leur choix à leurs confédérés : c'en fut assez pour que les Suédois protestassent. Heureusement la Norwège donna l'exemple de l'adhésion, et la Suède, pressée par les agents danois qui parlaient au nom de la paix du nord, reconnut aussi Christophe en 1442. 11 n'en était pas moins vrai que de 1438 à 1442, il y avait eu pour les uns ou pour les antres, et par la faute des Danois, quatre ans d'interrègne. Le titre alarmant d'archi-roî de l'empire danois, que prit Christophe III, n'était pas fait pour maintenir le calme rétabli. Aussi ne dura4il que six ans. Lorsque cet archi-roi, après avoir fixé sa résidence à Copenhague, qu'il avait achetée de l'évêque opulent de Roskhild, mourut en 1448, les Suédois rompirent l'Union, et, au grand déplaisir de beaucoup de grands et malgré l'opposition de Jônss

Oxenstiern, archevêque d'Upsal, élireut roi Charles Canulson, Tambitieux antagoniste du patriotique paysan de la Dalécarlie.

Charles Canutoon, roi de Suède. Les idées des Huttes en Suède. Le» propriétés ecclésiastiques menacées. Vive opposition du clergé à ce roi.

Signaler l'opposition de Farchevéque d'Upsal, du primat de la Suède, c'est dire que tout le clergé suédois était mécontent de la rupture de F Union* C'était l'époque où les Hussites de Bohème, après avoir, le fer à la main, promené leurs idées dans toute l'Allemagne sous Jean Ziska et Procopele-Grand, venaient de succomber sous le vice irrémédiable de tous les partis exaltés, la division des esprits et l'impuissance d'organisation. Leurs opinions au sujet des biens du clergé,| étaient que l'État pouvait s'en emparer, à la charge par lui d'assigner aux prêtres un revenu ^n rapport avec leur position. Or il paraît que Charles Canutson était dans ces idées : en l/i.5â, il publia un édit qui prescrivait aux tribunaux une enquête sur la nature et l'origine des possessions du clei^é, et, pour en empêcher les suites, Jônss Oxenstiern appela les prêtres aux armes et endossa lui-même la cuirasse dans la cathédrale d'Upsal comme pour une croisade.

Cette affaire, qui répand beaucoup de jour sur les mobiles divers des hautes classes au point de vue de r Union, fit le plus grand bruit et aussi le plus grand

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