‹ Histoire de la diplomatie slave et scandinaveChapitre 8 sur 57 · VICISSITUDES DE L*£MP1RE DANOIS. &S · texte numérisé non relu

VICISSITUDES DE L*£MP1RE DANOIS. &S

tort à Charles CaDutson. Elle explique pourquoi le» clergé, de concert avec ceux des nobles qui étaient jaloux de T élévation de ce seigneur, reconnut roi, en l/i57, Christian P' d'Oldenbourg, le seul descendant de Waldémar que les Danois eussent pu trouver. Yoilà pourquoi aussi Jônss Oxenstiero déposa Chartes Canutson^ que le pape Calixte lit, dans sa bulle, appela ennemi de f Église et tyran du peuple^ Enfin, comme dans la réaction on ne s* arrête pas plus que dans le mouvement qui Fa provoquée, on comprend parla comment Christian P', imitant les associations au trône chez les Capétiens ou Tinstitution du roi des Romains dansTempire germanique, réussit affaire reconnaître de son vivant, par les trois royaumes unis, son fils Jean pour son successeur, l/i.58. Mais la noblesse, qui avait secondé le clergé contre Charles Canutson, ne voulait au fond ni de Uun ni de Tautre pour roi. Elle préférait à la royauté une république où elle réglerait seule et avec plus de pouvoir les intérêts du pays. Son républicanisme était égoïste comme celui de toutes les aristocraties. Si elle avait lutté contre Charles Canutson, c'était contre son titre, qui la froissait dans ses opinions et ses vues, autant que contre sa personne, dont elle était ^louse; aussi, rentrée en Suède, n'obéît-elle qu'à regret et à travers mille sourdes cabales, au nouveau chef de l'Union; et, quant à Charles Canutson, elle le repoussa constamment. Rétabli en lli&li par les paysans finlandais et dalécarliens, où cet ancêtre et ce modèle des Wasa trouvait som principal appui, ce prince fut renversé l'année suivante par les grands,

hà LIVRE PRËMlLn.

el après sa seconde restauration, en l/i67, c'est lui-même qui, connaissant les vraies causes de ses chutes, conseilla au moment de sa mort, en l/i.70, à Sten Sture, désigné par lui aux suffrages de la nation, de ne prendre que le titre républicain d'administrateur de la Suède, afin de donner, pendant quelque temps du moins, à la faction des nobles, un régime qui fût plus de leur goût, lis s'y rallièrent avec empressement, et, grâce à leur actif concours, les Danois de Christian 1" furent battus par Sten Sture, et leur étendard national, le fameux Danebrock, malgré le courage des cinq cents nobles préposés à sa défense, tomba au pouvoir du vainqueur.

Christiaq I*'. Le Sleswick et le Holstein déclarés États d'umpirc, 147/}.

Il parait que Christian P' ne s'effraya pas beaucoup de ce revers. L'usage des armes à feu n'étaH pas encore très-répandu en Suède; la supériorité pouvait donc revenir aux Danois, qui s'en servaient depuis plus longtemps. Les Suédois d'ailleurs n'avaient pas de plus grands ennemis qu'eux-mêmes, que leurs haines de classes et leurs antipathies d'opinion. Christian V^ les laissa tranquilles, et, en attendant, s'occupa d'autres affaires.

Héritier, comme roi de Danemarck, du Sleswick etdu Holstein, par la mort d'Adolphe VIII, de la maison de Holsteîn-Schauembourg, décédé sans pos-

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lérilé en 1459, il fit régler par l'empereur Frédéric III,. sou ami, le régime sous lequel ces deux pays devraient vivre à l'avenir. ^ L'empereur signa, le V 18 février 147i, un acte par lequel il réunit le « Sleswick et le comté de Holstein avec le canton de « Stormarn, en un seul corps d'État, en y joignant le « pays des Ditmarses, peuple vivant sous un régime € républicain et excitant par ses brigandages con- « tinuels, les plaintes de ses voisins. Ces trois pays « réunis furent érigés en un duché, fief de l'empire, « dont les ducs recevraient toujours l'investiture au « nom de l'empereur, mais par l'évèque de Lubeck. « Par un autre diplôme, antérieur de cinq jours, Fré- « déric III avait accordé à Christian P% pour ses a comtés particuliers, le droit de non evocando, ou « de justice sans appel, comme aux électeurs d'Alle- « magne eux-mêmes, et, de plus, l'exemption de tous « les péages qui seraient établis par là suite en Aile- « magne (1). » Ainsi le Sleswick et le Holstein étaient constitués États d'empire, et le Danemarck, pour ces duchés , entrait dans la société germanique avec séance et vote dans les diètes. Bientôt, sous l'empereur Maximilien, il sera classé dans le cercle de Basse-Saxe.

Pour dresser ce règlement, Christian l®' avait fait une visite officielle à Frédéric III^ en 1474. De Vienne, il continua son voyage jusqu'à Rome, comme l'avait fait autrefois la plus noble illustration de sa race, Canut-le-Grand ; et là, cette année même, le

(1) Schœll, Uisl. des État* europ., t. XXII, p. 209.

pape Sixte IV, voulant favoriser ce royal pèlerin, lui accorda le droit de patronage sur tous les bénéfices ecclésiastiques de Suède et de Danemarck, ce qui fit que le clerçé de ces deux royaumes se serra encore plus fortement autour du trône protecteur des rois danois : d'autant plus que Christian I^ ne s'occupait pas seulement des biens temporels de T Église ; il prenait soin aussi de défendre la religion contre Tesprit d'innovation que lesHussites avaient soufflé partout. Dans ce but, il avait institué la Confrérie dé la Tri-nitéj de la Passion de J.-C. et de la Satnte'Vierg&, répondant à tout ce qui avait pu être attaqué par les novateurs. Dans ce but aussi, et comme un résultat précieux de son voyage d'Italie, il fonda en 1475 l'Université de Copenhague, où l'enseignement théologique marcha de front avec celui des lettres.

Il ne paraissait donc pas s'inquiéter beaucoup de la question suédoise. 11 savait que les Suédois n'étaient jamais moins à craindre que lorsque la guerre ne les occupait plus au dehors ; qu'en temps de paix ils se divisaient, ils subissaient les conséquences de leur constitution trop républicaine, et qu'alors ils préparaient eux-mêmes le triomphe du Danemarck. Ses prévisions ne furent pas trompées.

Après avoir, par une louable émulation, fondé l'Université d'Upsal en 1476, un an après celle de Copenhague, Sten Sture trouvant son pouvoir d'administrateur trop gêné, oQensa doublement la noblesse. Il appela aux états l'ordre des villes et celui des paysans, qu'on avait jusque-là négligés, et s'appuya sur ce tiers-état, définitivement constitué,.

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contre les grands. Puis il laissa tomber le sénat, en ne nommant plsis aux places vacantes.

Jçan 1*% son fils, élu en Suède par les hautes classes mécontentes de la politique démocratique des successeurs de Charles Canutson. Analyse du Récès de Calmar, sous Jean 1**, >483.

Que résulta-t41 de ces tendances, sdt libérales, soit anti-^natoriales ? C'est que, après la mort de Cbristii^ P' en l/i81, malgré Stra Sture, les hautes classes en Suède élirent roi, conformément, du reste, à rengagement précédemment pris, Jean 1^, son fils. Elles le firent en l/i8tS, moyennant une Capitulation que Jean P'^ voulut bien signer, et qiû, dans un intérêt suédois et aristocratique, modifiait de nouveau le pacte primitif : c*est ce qu'on appelle le Récès de Calmar de 1&83.

l"" Jean P' s'engageait à rendre à la Suède File de Gothland,. 2"" Comme on n'était pas content de la manière dont s'employaient les revenus de chaque État, il était dit qu'on établirait dans chaque royaume une trésorerie particulière : à Kallundborg pour le Danemarck, à Stockholm p<Mir la Suède, et à Bei^ben pour laKorwège ; que là seraient déposées les recettes de chaque État, au lieu de l'être dans une même trésorerie, et que deux sénateurs, l'un laïque, l'autre ecclésiastique, seraient, en qualité de gardiens de ces trésoreries particulières, comme de véritables ministres des finances pour chaque État. Ainsi était réglée la question délicate de l'administration cen-

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traie fiuancièrc. 3° AUernativcmenl le roi devait résider un an dans chaque royaume, et pendant son absence, les autres royaumes devaient être administrés par un conseil de régence composé de quatre sénateurs. 4" Un article plus important et très-sage au point de vue de l'Union, consistait dans la création d'une cour supérieure, composée d'un évéque et de deux sénateurs de chaque État, pour terminer les différends entre les royaumes unis. C'était tout à fait ce que Leibnitz, au dix-septième siècle, aurait voulu qu'on établit, après le traité de Westphalie, pour le maintien delà paix de l'Europe.

Ces articles étaient dictés par l'intérêt même de l'Union. Les grands cherchèrent à en faire passer d'autres qui n'avaient pas ce caractère et n'étaient inspirés que par un intérêt de caste. Ils voulaient : 1° que le roi ne nommât sénateur aucun laïque qui ne fût noble et qui n'eût été agréé par le sénat luimême, absolument comme si l'on eût accordé au sénat le droit de se recruter lui seul ; 2* que la noblesse fût autorisée à construire des châteaux sur ses terres et qu'elle y exerçât sur ses hommes les mêmes^ droits que le roi. Cette dernière demande eût été l'introduction de la féodalité dans les États Scandinaves; mais le roi s'y opposa constamment, et le premier de ces deux articles fat seul adopté (1).

(i) Puffcndorfif, t IV et V; SchœH, l. XXII, ch.wiu, Des Royaumes du norci; Eyriès, p. IOjO à 132, Hist. du Danemarck; Kocli, t. l«s période 5«, p. 274, 275, el période 6% p. 381 et suiv.; Mallel, Hist, duDanemarck, t. V, p. 410 cl suiv.; Vcrlol, Révol. de Suéde, p. 54 à 68 ; Geyer, Hist de Suéde, ch. v el vi.

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Voilà les modifications à l'aide desquelles on espcv rait maintenir encore quelque temps l'Union Scandinave. Mais, en Suède, le peuple et la petite noblesse n'en voulaient à aucun prix. Ils soutinrent encore Sten Slure quatorze ans, jusqu'en li97, époque à laquelle il perdit sa dignité d'administrateur. Rien donc, comme on voit, ne faisait présager, pour l'Union de Calmar, de plus paisibles destinées que par le passé.

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