‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 112 sur 149 · DIVINATION PAR LES SONGES OU ONIROMANCIE · texte numérisé non relu

DIVINATION PAR LES SONGES OU ONIROMANCIE

S*il est un mode de divination en faveur duquel on puisse invoquer le témoignage du consentement universel, c'est, à

[*] L'oniromancio a été exposée, enseignée^ discutée par quantilé d'auteurs anciens, — presque tous d'origine orientale, — dont les ouvrages, intitulés uniformément « Des Songes » ou <( Onirocriiiques » sont aujourd'hui perdus : par Épicharhe (Tert. De An,^ 46. Cf. Lorenz, Lehen des Epicharmu5,p. 289); — Pân7asis d'Halicamasse (Artemid., I, 2. 64; II, 35. Suidas, s. V. IIav^a((); — Antiphon (Cic. Divin, ^ î, 20. 51 ; II, 70. Senec. Controv,^ 9. Diog. Laert., II, 46. Lucian. HisL ver., 2. TertuU. De Àn,^ 46. Hermogen. De Ideis, 11,7. Fulgent. Mylh., I, 13); — Straton (Diog. L., V, 59. Tertull. lh\d)\ — Démétrids de Phalère (Artemid., II, 44); — Aristandre de Telmesse (Plin., XVII, 38, 343. Plut. AUx.^ 2. Arrian. Andb>^ II, 18. Lucian. Philops.y 21-22. Artemid., I> 31; IV, 23); — Apollodore de Tel messe (Artemid., I, 79); — Philochorb (Tert. Ibid,); — Chrysippe (Cic. Divin.^ I, 3. Cf. I, 20; 11,65. 70); — Antipater de Tarse (Cic. Divin., II, 70. Artemid., IV, 65);

— Denys de Rhodes (Tert. Ibid. Artemid., Il, 66) ; — Cratippe (Tert. Ihid.); -— Alexandre de Mjndes (Artemid., I, 67; II, 9. 66); — P. Nigidius Figulus (Io. Lyd. De Ostent,, 45); — Hermippus de Beryte (Tert. Ibid,); — Artémon de Milet (Artemid., 1,2; 11, 44. Fulg. Myih., 1, 13. Schol. Hom. Iliad.y XVI, 854);

— Aristarque (Artemid., IV, 23); — Apollonius d*AttaIe (Artemid., I, 32; m, 28); — P. JEl. Aristidks (Aristid. OraLj iv, v., vi) ; — lIoRus (Dio Chrys. OraLf XI); — Gehinus de Tyr (Artemid.^ Il, 49); — Nicostrate d'Éphèse (Artemid., I, 2); — Phœbcs d*Anlioche (Artemid., I, 2; IV, 66); — Dion Civssius (Dio Ca^s., LXXII, 23) ; — Serapion d'Ascalon [TerUbid,) ; — Poilon de Béryte {ïïist. Graec. Fr, éd. Didot., III, 35); —Pappus d'Alexandrie (Suidas s. v. Uamz6i).

En laissant de côté les travaux d'Hippocrate, Aristoie et Galien sur les songes considérés comme moyen de diagnostic médical, il nous reste de l'antiquité :

Artemidorus Daldîanus. Onirocriticon^ libri V, éd. R. Hercher. Lips. 1864.

coup sûr, rinterprétation des songes ou oniromancie*. Il n'est point de peuple et, dans l'antiquité, presque point d'individus qui n'aient cru à une révélation divine par les songes. Les Hébreux même ont accepté pour leur compte la foi générale ; l'un des fils de Jacob fait fortune en Égj^pte pour avoir expliqué un songe du Pharaon, et l'Écriture est remplie d'apparitions et de songes prophétiques.

Il est donc superflu de se demander d'où vint aux Hellènes la croyance aux songes. L'oniromancie est aussi vieille que le monde, et, s'il n'est pas sûr qu'aile doive Anir, il est certain qu'elle n'a pas eu de commencement que puisse signaler l'histoire. C'est qu'elle repose sur un fait psychologique et physiologique dont une science avancée peut seule rendre raison, et que l'on expliquait commodément par une cause surnaturelle. L'invincible illusion produite par le rêve, l'impuissance de la volonté, en face des images bizarres et inco* hérentes qui traversent le champ de l'imagination, semblaient prouver avec la dernière évidence que l'homme n'est pas luimême l'artisan de cette fantasmagorie qui, cent fois démentie par les constatations du réveil, retrouvent toujours le spec-

AsTRAHPSYCHos. Oroculorum décades CIJU ^^ codd. ital, nuneprimumedidii ' R. Hercher. Berol. 1863. Cf. Onirocriiiea de Nicéphore le Patriarche, d'Achinot Ben-Seirim, de Germain le Patriarche et de Michel Paléologne.

Synesius. n6p\ Ivu3uv(ci>v. (De Insomniii, cam Sohol. Nioeph. Gregor.).

Macrobius. Comment, in Somn. Scipionis^ lib. IJ.

Les érudits modernes qui |ont traité ou touché la question sont 2

H. Mbibomius. De incuhationein fànis deorum medicinae causa. 1659.

RcRiGNY. Sur la superstition des peuples à l'égard des songes. 1772. (Mém.de FAcad. des Inscr., XXXVIII, p. 74-82.)

G. Lropardi. Saggio sopra gli errori popolari degli antiehi (cap. v. M sogni)j i845.

F. G. yfELCKER, Incuhatîon-Hhetor Àristides.Kleine Schriften, lII,p.87-H4.

A. Mâury. Le Sommeil et les rêves. Paris. 1869.

H. BOchsenscbOtz. Traum und Traumdeutung in Alterthum, BerUn, 1868.

{) "OMctpoiAovTcCx — 6vctpomo3c(0t — ÔMsipoxpixixiJ — jv6ipoxpia(ci. I<^ous adopterons, comme plus conforme à la fois à la prononciation grecque et à la phonétique française^ la forme oniro — au lieu de onéiro — dans tous ces mots composés.

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