LES METHODES DIVINATOIRES
assez exacts dans la langue grecque, ils ont pris en latin et surtout en français un sens équivoque. Nous appellerons donc la divination artificielle divination indtictive, raisonnée, conjecturale^ ou même extéfHeurey objective, par opposition à Tautre, que nous appellerons intérieure, subjective ou i/itui^ tive.
Pour fixer Tordre dans lequel il convient d'étudier les deux parties de cette classification d'ensemble, nous avons à consulter les faits beaucoup plus que la théorie. La théorie résulte des faits et les coordonne dans un ordre logique, mais ne leur laisse pas ce que nous cherchons ici à saisir par surcroît, leur valeur historique. Ainsi, au point de vue rationnel, la divination subjective précède l'autre, puisque les règles de celle-ci ne sont pas simplement le fruit de l'expérience et ont dû être révélées d'abord à des initiateurs privilégiés^ On en voit dans Homère un exemple frappant. En face d'un prodige, Hélène se sent tout à coup inspirée. « Écoutez-moi, s'écrie-t-elle, je vais prophétiser selon que les immortels me le suggèrent en mon cœur et comme je pense que les choses arriveront'. » Là-dessus, elle interprète le prodige. La divination conjecturale présuppose donc, comme impulsion initiale, la révélation intérieure ; mais si l'on veut bien ne pas confondre avec la mantique proprement dite l'inspiration des Muses, qui en est restée distincte, on reconnaît, au premier coup d'œil jeté sur les origines de l'histoire grecque, que la divination inductive a été pratiquée avant l'autre. Les devins de l'âge héroïque lisent tous l'avenir dans les prodiges ou signes extérieurs, et, comme l'a fort bien remarqué Pausanias, « il n'y en avait pas un qui fût chresmologue, mais
i) C. R. Pabst (op. cz7., p. 13) ne fait point valoir cette raison contre lopinion opposée de C. Vôlker (Allgem. Schnlzeit,, 185i. II, nol46}, mais il a bien va qae Texercice de la divination artiticielle n'avait pu êtro la condition préalable de la foi à la divination naturelle. — 2) Hom. Odyss,^ XV, 172 sqq.
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ils étaient habiles à interpréter les songes et à examiner le vol des oiseaux, ainsi que les entrailles des victimes «. » ^
C'est donc par la divination inductive que nous allons commencer Tanalyse des méthodes, en faisant toutefois à l'enckaînement logique des idées une concession obligée, c'est-àrdire en réservant à Poniroman tique ou divination par les songes, qui est vraisemblablement la plus ancienne de toutes et comme telle aurait dû être étudiée d'abord, une place intermédiaire entre 1,'interprétation des signes et l'intuition subjective, attendu qu'elle est à la fois l'une et l'autre.
i) Pausan., I, 34, 4 (xpY)9|&oX6Yoc équivaut à vates et signifie prophète, dans le sens actuel du mot).