‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 45 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Cette classification doit être maintenue^ Elle n'exclut de la mantique qu'un seul ordre de phénomènes révélateurs, la parole directe des dieux apparaissant aux hommes et leur parlant avec une voix perceptible aux sens; et, en effet, il n'y a plus là de divination propî'ement dite, mais une révélation qui s*opère hors de l'homme et sans lui, entièrement comparable à un livre qui tomberait tout écrit du ciel. Tous les autres modes de révélation trouvent place dans les deux aspects de la mantique, tels qu'ils ont été définis plus haut. Seulement, les qualificatifs appliqués par les stoïciens aux deux méthodes générales ne peuvent être maintenus, car,

1) L'esprit confus.de la décadence byzantine s'est servi de ces termes consacrés pour construire des classifications dans lesqueUes ils prennent une acception toute nouvelle. Ainsi, Suidas, un compilateur du x* siècle (s. v. 9cpo97)Ts(a), cx)n3id6rant la divination, d'une manière générale, comme une prévision, distingue d'abord la prescience spirituelle (t:veu(jLaTtxii) ou prophétie chrétienne, issue de l'Esprit-Saint, puis la divination démonique (Bat|Aovix<), qui vient des génies, et la physique ou naturelle (çuoixi^), qui utilise Tinstinct des animaux. Enfin, la prévision artificielle ou technique (tc^viki]) et la vulgaire (S7)(u{>87)() représentent simplement, l'une, Finduction scientifique, l'autre, le bon sens. C'est à peu prés la division adoptée par Caspar Peucer dans son traité De variis divinationum generibus. Le scoliaste de Lucain (Phars,^ I, 585) a une manière bien plus étrange encore de classer les méthodes divinatoires (quibus providentur futura). 11 en distingue cinq dont la mantique n'est plus que la première. Après la mantique, subdivisée en autant de parties qu'il y a d'éléments, vient la mathématique, dans laquelle entrent pêle-mêle les auspices, l'haruspicine et l'horoscopie; puis, le sortilège ou divination par les sorts. Les deux autres méthodes appartiennent à la magie; le maléfiœ, d'abord, le prestige ou l'art de se rendre invisible, ensuite. L'utile mais indigeste compilation de Boulenger (Bulengerus, De sortibus^ de auguriis et auspiciis, de ominibus, prodigiis, de terrx motu et fïtlminibus, 1621) est étrangère à toute méthode G. R. Pabst, dans son excellente dissertation {De diis Grœcorum fatidicis^ 1B40;, et M. Mezger^ dans son article Bimnatio {Paulys R.-Encyd,), s'en tiennent à la division consacrée. M. Chevreul, amené à s'occuper de ce sujet par des circonstances qui rendaient aux sciences occultes un certain intérêt d'actualité (Journal des Savants, 1852 et 1853), dresse {ibid,, 1852, p. 716) une classification d'ensemble qui s'appuie sur la division Iraditionnelle, mais se con tente trop facilement dans le détail, de rapports superficiels, et surtout ne tient pas compte de l'évolution historique.

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