RÈGLES GÉNÉRALES DE L'ART
une c hirondelle possédée dejPhœbus*, » on peut trouver la métaphore bizarre, mais on ne saurait affirmer que Tomithomancie hellénique n'ait jamais demandé de présages aux hirondelles.
La divination ornithoscopique parfaite eût été Tintelligence du langage des oiseaux, telle que l'avaient eue Mélampus, Tirésias», Pythagore», ou que la retrouvèrent, bien des siècles plus tard, Apollonius de Tyane et ses émules*. Mais il fallait pour cela des oreilles purifiées et on ne rencontrait plus guère de ces dragons dont la langue opérait cette purification indispensable. Il ne restait de cette science perdue que le premier rudiment, l'interprétation du cri des oiseaux observés.
Les règles de l'art concernant l'observation et l'interprétation des actes instinctifs des oiseaux étaient, comme on peut s'y attendre, fort complexes, car la pratique les avait pliées en tout sens et encombrées d'exceptions. Le devin pouvait d'abord tirer un pronostic général de V espèce. Il y avait des oiseaux qui étaient € favorables par leur nature » et d'autres, « de sinistre présage, » qui avaient une réputation tout opposée*. Ainsi, il suffisait, paraît-il, de voir un héron pour êtPe assuré de réussir dans un dessein secrètement médité*. Mais il ne fallait pas se hâter de conclure. Certains oiseaux étaient favorables pour tels individus et défavorables pour tels autres, suivant les circonstances ou même
\) LycoPHfi. A/ex., 1460. Les hirondelles paraisseut avoir eu pour mission de prévenir des dangers imminents. Elles avertissent en vain Cjrus, puis Darius prêts à envahir la Scythie ; une d'entre elles, suivant Ârrien (ina&.,I, 25)« réveille Alexandre le Grand pour lui révéler une conspiration. C'est que, comme Aristandre de Telmesse l'explique alors au conquérant^ « Thirondelle est un oiseau familier, ami des hommes et plus bavard que tout autre oiseau. » — 2) Voy., vol. Il, les Devins de Vâge mythique. — 3) Amm. BIarc, XXII, 16. — 4) Philoste. Vit. Apoll., I, 20. Cels. ap. Obigen. Contra Cels., IV, 88. PoaPHYi. DeAbstin., HI, 3-4. — 5) iEscHYL. Prometh,, 486. — 6) Schol VE^irr. y/iad., X, 274.
suivant la nationalité. La chouette était de mauvais augure pour tout autre que pour un Athénien, tandis que la corneille était redoutée à Athènes, sous prétexte qu'elle était en guerre avec la chouette et qu'elle avait trahi jadis la confiance d'Athenè en répandant le bruit que TAcropole n'était phis gardée par Érichthonios, Agraulos et Erse. De même la mouette ne portait malheur que le jour d*un mariage*. •
L'espèce une fois constatée et appréciée, l'ornithoscope avait à observer deux actes principaux, le vol et le an. Les Romains se sont toujours contentés de cette classification (alites — oscines)j mais les Grecs, plus subtils, subdivisèrent la matière en trois* ou même quatre* points; le vol (jît?^?), le crî (<?wv>i— xXaYYaC), Tassiette ou siège (?$pa— xdtOeSpa), Tattitude ou opération (êvepYi(a). Un certain Apollonius, de Lacédémone ou de Laodicée, avait poussé plus loin encore l'art des distinctions, mais au nom d'une science bâtarde qui confon* dait les signes divinatoires avec les pronostics naturels*.
Tous ces actes, abstraction faite de leur intensité ou de leur durée, avaient d'abord une valeur de position, une signification variable suivant la place qu'occupait l'oiseau par rapport à Tobservateur. Ici, l'art augurai des Grecs était beaucoup moins précis que celui des Étrusques et des Romains'. Les Grecs n'avaient point de temj)le^ c'est-à-dire que le champ de la vision n'était point orienté par des axes perpendiculaires tracés à l'avance. Ils distinguaient seulement le côté droit ou cote heureux (ôéÇioç— aî^ioç), et le côté gauche ou malheureux (dpbTcpoç— l5a(aio$)*.
i) PoRPHYR. Ahslin., III, 5. Tzetz. ad Lycophr. Alex.^ 513. — 2) Synes. Deinsomn,, p. 13i. — 3) Mice. Psellus, ap. Philologns, VIIÏ, p. 167. — 4) 'A7:oXX(()Vioç 6 AaxsSaiji'Svioç ïrX Ttdcjrjç ^pdcÇswç xiivia -zh. iwv TrrrjvCiv rrspteipYdbaio, npoXaSoïv xa\ owvf/; xa\ 7rv£u;jLa y.a\ ipiOjibv xa\ xX^pov xa\ [xirpov xa\ (XEptauibv xai 7:Ep(o5ov TgXeCov xat IjjjliteX^, xa\ î^/ov xpo/^aXbv, pLOY£pbv, e5r,yov, oj<n;x^ov, ouo/^xoov, <7up.9(ovov, ivi{çwvov, 15 wv ta Bidiçopa twv i^roieXEapiàtwv «upioxerai. (PsELLUS. ibid,) — 5)Voy., au vol. IV, Ja théorie étrusco-romaine du templum, — 6) Les synonymes, pour la droite et la gauche, ne manquent pas. On rencontre