‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 61 sur 152 · INTERPRÉTATION DES ACTES OBSERVES · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES ACTES OBSERVES

Le temple rudimentaire des Hellènes acceptait-il la division de chaque côté, droit et gauche, en partie antérieure et postérieure ? Le fait est vraisemblable, mais il ne devient certain qu'à partir du moment où les Grecs, détachés de leur traditions nationales, s'inspirent librement des exemples de leurs voisins*. Galien considère Tart augurai des Grecs comme très-avancé pour tout ce qui concerne la mesure de l'espace. Préoccupé, sans doute, de rechercher si réellement, comme on le disait, Tornithomancie venait de Phrygie ou d'Arabie, il met à profit la rencontre de deux devins, l'un grec, l'autre arabe. ^ Je leur demandai, dit-il, s'ils accordent la même influence à un oiseau volant indifféremment à droite ou à gauche, et s'ils pensent qu'il n'y a pas de diflférence à ce qu'il se tienne très-haut ou très-bas ou entre les deux : de même, s'il est près ou loin de l'observateur. L'Arabe me dit que cela n'avait aucune importance, tandis que l'Hellène distingua entre la gauche et la droite symétriques comme cela a été écrit par les gens du métier, et dit que les distances illimitées sont opposées aux distances définies. Je reconnus alors que l'Arabe n'avait point de règles précises, tandis que l'Hellène avait des règles et un art, car ce qui constitue l'art,c'est la distinction expérimentale des phénomènes* . » On sait d'ailleurs qu'un vol élevé, un élan rapide et les ailes bien déployées passaient pour favorables*, tandis que des battements irréguliers ou bruyants, un vol bas et capricieux trahissaient, chez le messager céleste, une inquiétude communicative.

point à la droite^ mais chercha des mots heureux pour désigner la gauche. 'Apt<jT6p^ç était peut-être déjà un synonyme de cette espèce (de ipKjroç, pour <noLx6i on Xat6ç) : à partir du v* siècle av. J.-C, le terme eO((>vo(jLoc. dont le sens intrinsèque équivaut à celui de faustus, passe de la langue poétique dans Tusage ordinaire, de sorte que les présages de gauche^ funestes en fait, sont appelés Aeur^u^. (Eustath. Odyss,, 121. Et. M. s. y. dipi<neptf(. D(BDBR- LEiN. Gloss. Hom.f § 385, 2041.) — i) V. SaiDis, s. v. Oiwviorixiîv. Pskll., ap. Philol, 1. c, p. 167.-2) GiLEN. ad Hippocr. Acut. morb., 1, 15. — 3) Cf. Hou. Iliad., XII, 237.GELL., VIÏ (VI), 6.

L'interprétation du cri^ dépendait d'abord du lieu qu'occupe l'oiseau par rapport à l'observateur, puis de son intensité et de sa fréquence. Les superstitions arithmétiques pouvaient être utilisées ici et le furent en effet, au moins à l'époque de la décadence*.

Pour ce qui regarde les actes des oiseaux une fois entrés, par la gauche ou par la droite, dans le champ de la vision, nous sommes à peu près dépourvus de renseignements. Les poèmes homériques ne peuvent être d'un grand secours, car le poète n'y propose à l'interprétation de ses devins que de véritables drames allégoriques, des prodiges dans lesquels se reflète avec une netteté exceptionnelle le secret de l'avenir. Tantôt c'est un aigle qui laisse tomber, au pied de l'autel où SSicnûeni les Grecs, un jeune faon*; tantôt un aigle qui précipite du haut des airs, à la gauche des Troyens, un serpent lacéré et agonisant ' ; ailleurs, deux aigles viennent se battre au-dessus des habitants d'Ithaque assemblés sur l'agora'; ou un aigle passe à la droite de Télémaque, emportant une oie dans ses serres *; ou un autour, « messager d'Apollon, » vole à la droite du héros avec une colombe dont il répand les plumes à terre*. Ce sont là des cas prodigieux sur lesquels ne pouvait compter l'observation ordinaire.

Celle-ci enregistrait des détails beaucoup moins significatifs. Une inscription d'Éphèse, malheureusement mutilée, nous a transmis un précieux échantillon des règles traditionnelles. Il s'agit de l'attitude de l'oiseau fatidique : « S'il

1) C'était ]à la science des xopaxojxdcvteiç, le corbeau étant le type des oscines. — 2) Mich. PsELL\:s(Pkiiologus^ VUI, p. 167) dit que le cri de la corneiUe est heureux s'il vient de gauche, de l'arrière, d'en haut, et double, c'est-à-dire de nombre pair; malheureux venant de droite, de l'avant, d'en bas^ et simple, triple ou quintuple. Comme la corneille fait tout au rebours des autres oiseaux, il n'y a qu'à renverser ces règles pour avoir l'usage ordinaire. — 3) Hou. lliad,. VllI, 247. -« 4) Hou. Ibid., XU. 200. — 3) HoM. Odyss., II, «46.— 4) Hom. Ibid., XV, iOO. - 3) Hom. Ibid., XV, 525;

xvn,ico.

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