‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 71 sur 152 · MODE DB L'INTERVENTION PROVIDENTIELLE · texte numérisé non relu

MODE DB L'INTERVENTION PROVIDENTIELLE

à droite ou à gauche, la préméditation divine a dû se servir de moyens plus complexes pour amener sous rœil du sacrificateur les signes gravés dans les entrailles des victimes.

On se demanda, en eflfet, lorsqu'il fut question de justifier la pratique par la théorie, si la conformation des entrailles était naturelle chez l'animal choisi comme victime, ou si elle prenait miraculeusement les caractères fatidiques par l'effet des prières et des rites religieux du sacrifice*. Dans la première hypothèse, la Providence avait dû graver à Tavance dans les animaux des réponses applicables à tous les cas possibles, et guider le choix du sacrificateur de façon à lui faire prendre la victime qui contenait précisément la réponse exacte à une question posée : dans le second cas, elle devait modifier sur-le-champ la constitution anatomique des organes.

En adoptant cette dernière explication, qui était celle des haruspices toscans, on peut encore concevoir divers modes d'action providentielle. Porphyre propose trois systèmes distincts. Ou bien la modification des fibres animales est produite par Dieu lui-même, ou elle est l'œuvre de quelque génie, ou encore Tâme de la victime, éclairée par la révélation, laisse elle-même, en sortant du corps, la trace de sa pensée sur les viscères*.

Tous ces systèmes peuvent se réclamer de l'autorité de Platon, qui rattache ingénieusement les principes de l'extispicine à sa théorie générale de la mantique. Selon lui, le foie est comme un miroir qui, après avoir, pendant la vie, servi de réflecteur à la pensée divine et produit la divination intuitive, garde après la mort les traces des images contemplées par l'âme '. Cette conception entraîne après elle une conséquence fâcheuse, c'est que les entrailles humaines doi-

i) Cic. Divin,, I, 52; II, \2, 15, <6, H. Cf. Arnob. Adv, gent., IV, {{-{% — 2) PoRPBTB. De Ahstin^y II, 51 . - 3) Plat. Tim., 71 c.

vent être les plus intéressantes à consulter. C'est ainsi que Pentendit, paraît-il, Héliogabale, dont le funeste exemple passait pour avoir été imité*. Porphyre, qui veut abolir tous les sacrifices sanglants, ne manque pas de signaler le danger, mais Philostrate avait déj à arrêté la logique sur cette pente fatale en proposant un système qui aboutit à des conclusions tout opposées. Philostrate pose en principe que le foie ne donne de présages que s'il est complètement livré à Pinfluence divine et soustrait à celle des passions. Cette condition ne se trouve remplie que chez les animaux et seulement chez les animaux pacifiques ou apathiques. Ainsi le coq et les animaux enclins à la colère sont impropres à l'observation splanchnoscopique*. Il n'y avait pas, comme on pense, de doctrine imposée. La preuve en est que les entrailles du coq passaient, au contraire, aux yeux de certains, pour les plus 4c parlantes » de toutes'. L'extispicine s'est faite au jour le jour, en-dehors et, au besoin, en dépit des théories.

Cette méthode divinatoire, que les Grecs désignent par quantité d'expressions synonymiques *, était inconnue de l'âge homérique*. Sans doute, le sacrifice étant l'acte religieux par excellence, a été de tout temps un moyen de connaître la volonté des dieux. Mais les tepstç et le ^uoojwSot, autrement dit les « prêtres et les sacrificateurs » des poèmes homériques, ne sont pas des devins proprement dits : leur office est simplement déjuger si le sacrifice est accepté ou

1) L'a-rcu-alion d'avoir sacrifiô dei victi.ucs humaines a été reproduite c.;Dtre Valérien, Maxence, Pollentianns, Julien,... etc., par leurs ennemis politiques. D'après Strabon, les Lusitaniens et les Albanicns du Caucase pratiquaient cette divination homicide, qu'on a appelée VanUiroponianeie. (Stra- BON, lir, 3, 6; Xî, 4. 7.) -2)PiiiL0STR. VU. Apoll., \[\\,1, 49-52. — 3) Cic. Divin. y II, ^ 2. — 4) 'Upomoizla — îepojiavteta — aicX«Yxvo{iavT€{a — ankvfyiyo9X(mim — ^ooxonîa — ^j:aTooxo;:(a — jkojAoaxoîifa — 5utixi5 (xiy vtj). — Le nom d'hiéros^ copie est le plus ordinaire, peut être à cause de la ressemblance qu'on lui trouvait avec Mruspicine. — ii) Vny. 0. Mulleb. Etnisker, H, p. 185. A. Lobeck, Aglaophamus^ p. 262. Negelsbach. Nachhomcmche Théologie, p. ^68,

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