LES PLANÈTES ET LES DIEUX
{rouge''feu)o\x Bcni^ç (bouillant); Jupiter, ^di^m (lumineux) ^Sb,-^ turne, <i>a(vwv (luisdnt)\
L'astrologie leur conserva ces noms justifiés par leur aspect, mais elle ne put que favoriser l'association et bientôt ridentiflcation des planètes avec les dieux. La religion chaldéenne était fondée sur ce système ; la mythologie égyptienne s'en accommoda aisément; la mythologie grecque était assez épuisée pour que Ton se passât de son acquiescement. On ne lui demanda pas d'expliquer comment ses dieux anthropomorphes, qu'elle rassemblait jadis sur l'Olympe, pouvaient habiter les planètes et où s'étaient réfugiés ceux qui n'y avaient point trouvé place. Les auteurs grecs s'habituent, depuis letemps de Platon", à dire 4f l'astre d'Hermès, »«rastre de Kronos, » etc., et les Romains le dirent après eux, sans songer plus qu'eux à introduire les planètes dans leurs légendes mythologiques.
Le nom divin que porte chaque planète est de grande conséquence, car il en caractérise le tempérament physiologique et psychologique. On s'attend, avant tout détail préalable, à trouver la puissance, la gloire, la fierté dans le Soleil- Hypérion ou Apollon; la grâce sévère, l'imagination rêveuse dans la Luae-Artémis; l'habileté peu scrupuleuse dans Mercure; les passions tendres dans Vénus; l'impétuosité et la violence dans Mars; la bonté tranquille dans Jupiter; la patience froide et la tristesse dans Saturne. Les astrologues ont surchargé ces caractères de retouches diverses, mais n'en ont pas altéré la physionomie générale*. Nous verrons
i) Voici les sigles qui désignent les planètes ; Q = Soleil : O = Lune : Ç =: Mercare : 9 «= Vénus : cf = Hars : V = Jupiter : t = Saturne. Sur Torigioe de ces sigles, Toy. le système de Saumaise. (Saluasius, Plinian* eserciU.j II, p. 873.) — 2) On sait que, pour Fauteur du Tiniée, les corps célestes fcont des dieux secondaires qui créent leurs habitants avec les éléments fournis par le Démiurge. — 3) \oy. Ptolkm., II, 8; UI, 13. Fiamc, II, 10.
plus loin quelles sont les circonstances qui en modifient accidentellement Veiïet dans la pratique.
Si Ton veut, surchaque planète, des détails plus précis, des distinctions scientifiqujes, l'astrologie y a pourvu. Au point de vue de leur nature physique, les planètes, considérées comme matière, sont : chaudes (© cf ?0 ^^^ fivides (O 5 9 ï) )* sèc/ics (© ? cf ï) ) ou humides (O 9 2^); comme êtres animes, el les sont masculines {Q>^W cf ), féminines (O 9) ou communes (?) '. Certains astrologues n'admettaient qu'un sexe métaphorique et variable, déterminé par la position des planètes relativement au soleil. Pour eux, celles qui se trouvaient à l'orient de cet astre étaient masculines, les autres féminines*.
Les planètes sont encore^ par nature, diurnes (© ^^ ï)) ou nocturnes (G cT 9)? c'est-à-dire que, selon le terme consacré, elles se réjouissent (gaudent. x*^pO'>ai) et exercent leur meilleure influence, les unes pendant le jour, les autres pendant la nuit».
Enfin, bien que toutes puissent être favorables ou défavorables dans certaines conditions, il en est qui sont plus souvent bienfaisantes, comme ?^ 9 ,© 0? d'autres malfaisantes, comme ï) et surtout cf. Mercure afllrme une fois de plus son caractère moyen. La bonté de Jupiter était particulièrement vantée. Firmicus prétend que, s'il agissait sans antagonistes, « les hommes seraient immortels *. >
Les infiuences planétaires ont été, comme celles du Zodiaque, distribuées dans le corps humain, mais non plus suivant un ordre quelconque. Pour donner une idée de ce que se permit la fantaisie astrologique, il suffira de dire quje, dans le système égyptien, adopté par Firmicus, le soleil
{) Ptolem., I, i. Finmc, U, 10. — 2) Ptolem , I, 6; 111, 6. Cf. ci dessus, p. 216. — 3) Ptolem., I, 7. Firmic, II, 7. Mercure est diurne dans soo éloDgation orientale, nocturne dans Tauirc moitié de sa révolution. — 4) Firmic , II, 15. Cf. Ptolem., I, 5. Sex. Empij. Ibid.^ 30. 40. Plut. De ïs. ci Osir., 48.