DOMICILES PLANÉTAIRES
Vénus dans le Taureau, Mars dans le Bélier, Jupiter dans les Poissons, et Saturne dans le Verseau. On abandonnait ainsi le principe chaldéen : « chaque astre a une seule maison*, » mais on obtenait une ordonnance plus régulière* et on faisait coïncider à merveille deux nombres, 7 et 12, celui des planètes et celui des signes, qui semblaient n'avoir pas de commune mesure.
L'ordre dans lequel les astrologues rangeaient les planètes a dû varier avec l'état de la science astronomique. Il n'est pas douteux qu'il ne soit resté longtemps conforme à l'ordre des maisons, et on le rencontre tel dans les écrits de Platon, le fidèle disciple des Égyptiens*. Des notions plus exactes sur les distances respectives dé ces astres à la terre firent enfin établir l'ordre qui, depuis Ptolémée, fit loi en astrologie. Ce classement n'avait pas besoin d'être recommandé aux savants. Il fut accepté des ignorants pour d'autres raisons. ' On fit remarquer qu'il reproduisait exactement le cours de la vie humaine, la Lune correspondant à la première enfance, Mercure au jeune âge, Vénus à l'adolescence, le Soleil à la jeunesse. Mars à l'âge viril, Jupiter à la vieillesse, Saturne à la décrépitude*. Mais on ne dérangea pas pour cela l'ordre des cases qui, séparé de sa raison première, passa à Tétat d'arcane révélé. L'assignation des maisons zodiacales aux planètes lançait l'imagination sur une pente facile. Les astrologues déterminèrent avec soin, pour chaque planète, quelle était son influence dans sa propre maison et quelle dans la maison d'autrui, c'est-à-dire dans chacun des douze signes'. Dans la maison d'autrui, il fallait tenir compte, d'abord, de
i) DoKOTH. SiooN. Loc. cU. — 2) I) y eut ainsi six mddsons dites solaires^ en parlant da Lion et descendant la sér'e des signes, et six maisons lunaires, en remontant à pirtir du Cancer. — 3) Plut. Placit, phil., II, «5. — 4) Pto- LEM., IV, 9.— 5) Maneth. Apotelesm.y lib. I. Firmic, V, 3-16. L'horoscope est d'autant plus heureux qu'il compte plus de planètes dans leur domicile propre. (FiBMic, H, 24.)
rinfluence propre du signe, puis des rencontres qu'y pouvait faire la planète, des secours ou des oppositions qui venaient Ty chercher. Il était important de savoir en quels termes elle était avec le maître de la maison, si celui-ci se trouvait chex lui, ou venait d'en sortir, ou allait y rentrer. En tout cas, il fallait ne pas négliger la théorie des domiciles partiels que nous allons essayer de rendre intelligible.
Ce qui a été exposé jusqu'ici n'est, en effet, que le commencement des combinaisons avec les signes. Dans l'intérieur de chaque signe, on traça des divisions limitées (5pta), régulières ou irrégulières, qui constituèrent de nouveaux domiciles planétaires*.
Les Grecs, toujours occupés à simplifier le chaos où Ifts Égyptiens et les Chaldéons s'enfonçaient à plaisir, voulurent des divisions régulières. Ils s'en tinrent aux décans du Zodiaque, qui devinrent les sous- domiciles des planètes*. Seulement, les planètes y furent rangées dans un ordre incompréhensible qui, partant de Mars, descend, par le Soleil, Vénus, Mercure, jusqu'à la Lune, remonte ensuite au plus haut des cieux jusqu'à Saturne, et rejoint Mars par Jupiter. C'est donc Mars qui ouvre la marche dans le premier décan du Bélier; et, comme 36 n'est pas un multiple de 7, c'est lui qui la ferme au trente-sixième décan, troisième des Poissons.
Il y en eut qui subdivisèrent chaque décan en trois parties, de manière à loger dans chaque signe neuf puissances qu'ils appelaient « synergiques, » avec la prétention de subdivissr encore ces subdivisions en une infinité de parties remplies de froids, de fièvres, etc'... Cette méthode, qui rompait avec la division normale du cercle en degrés, fut rejetée comme trop subtile.
Les Grecs acceptèrent pourtant avec docilité des systèmes.
1) DoROTa, SiDON. Fragm. (rapi 6p((ov), Firmîc , U, 6. Sex. Empir. /6id., 37. — 2) Fjrmic, U, 4. — 3) FiRMic Jbid.