INFLUENCE SPECIALE DES CENTRES
en Occident étoiles et planètes, les planètes ont un mouvement propre en sens contraire1. Il fallut du temps pour débrouiller les rapports qu'avaient entre elles et avec les signes du Zodiaque toutes ces vitesses différentes, les rétrogradations annuelles des planètes extérieures à l'orbite terrestre ou solaire, les élongations des planètes intérieures et la marche indépendante de la Lune.
Toutes ces orbites, conçues comme circulaires, furent divisées en quatre quadrants égaux par quatre points de repère (xévrpa — cardines) opposés deux a deux suivant deux diamètres perpendiculaires, le lever (àva-roXii — ortus), le coucher (8j<jiî — occasus), la culmination supérieure (rJ^w;j.a— .^^oucàv^aa — altitude) et la culmination inférieure (uno-réiov— £vti{«<ioup<*vt)|«e — dejectlo).
La sphère étoilée n'a de mouvement propre, en-dehors de la rotation diurne, que par rapport à la révolution annuelle du soleil, qui occupe successivement tous les signes du Zodiaque. Les points cardinaux de la sphère avaient donc été déterminés par la position des équinoxes et des solstices.
Pour choisir laqualitéqui convenait à chacun de ces points, on prétendit reproduire l'aspect de la sphère à l'origine du monde en plaçant le lever dans le Cancer, solstice d'été; la culmination supérieure dans le Bélier: le coucher dans le Capricorne, et la culmination inférieure dans la Balance 2.
Les points cardinaux des orbites planétaires furent pris sur le Zodiaque, qui leur sert de cadre fixe. Il suffisait pour cela de déterminer un point initial, qui fut généralement Vhypsoma.La, culmination supérieure des planètes paraît avoir été marquée sur la sphère droite, dans laquelle le plan de l'équateur est perpendiculaire à celui de l'horizon. Pour un observateur ainsi placé, le point culminant d'une orbite pla-
1) La mythographie grecque prétendait que les choses n'allaient ainsi que depuis le festin d'Atrée, le Soleil ayant rebroussé chemin avec sps acolytes devant un pareil forfait. — 2) Firmic, 111,2. Macrob. Somn. Scip., 1, 21, 23.
nétaireest, en effet, celui où elle coupe l'équateiir. De là peutêtre la légende d'après laquelle les Éthiopiens, habitants de la zone équatoriale, passaient pour les inventeurs de l'astronomie. Le point culminant de l'orbite fut donc fixé pour chaque planète ainsi qu'il suit : pour le Soleil, dans le dix-neuvième degré du Bélier; pour la Lune, clans le troisième du Taureau ; pour Saturne, dans le vingt et unième de la Balance; pour Jupiter dans le quinzième du Cancer; pour Mars, dans le vingt-huitième du Capricorne; pour Vénus, dans le vingtseptième des Poissons; pour Mercure, dans le quinzième de la Vierge1. La position de ce premier point cardinal déterminait naturellement celle des trois autres.
Uhypsoma a, en astrologie, une valeur considérable. Les Chaldéens l'identifiaient avec le domicile des planètes; la théorie égyptienne le déclarait plus favorable que le domicile lui-même.
En-dehors de ces centres ou points cardinaux marqués sur la sphère étoilée ou sur chaque orbite planétaire, il y en a d'autres, qui sont déterminés par le plan supposé immobile de la surface terrestre. La rotation diurne du ciel fait passer tous les astres, étoiles et planètes, par le lever, le coucher et les étapes intermédiaires, culmination supérieure et inférieure. Chacun de ces centres modifie dans un sens déterminé l'influence des astres. Le mouvement diurne n'est plus simplement justiciable de la géométrie qui eût, sans doute, placé à la culmination supérieure le point où les corps célestes agissent sur nous avec le plus d'énergie, et déclaré l'influence du lever (gale à celle du coucher. Le sentiment, prêtant à la nature nos besoins et nos habitudes,
1) Doroth. Fragm. nspl &4,l0iJl^TWV ■ Ptolem., I, 20. Sex. Empiaic. Ibid., 35- :!t;. FiitMii., II, :î. Firmicus place la cul minât ion de Jupiter dans le dix-neuvième degré de la Balance. Du reste, Ptolémée ne donne de raison mathématique que pour la position des centres solaires : pour les planètes, il se contente de convenances arbitraires.
position de l'horoscope 237
assimila les astres à des courriers qui se lèvent dispos et se couchent épuisés. S'il s'agit de chercher au ciel les tuteurs d'une existence nouvelle, il y a, entre l'enfant qui naît et l'astre qui se lève, une analogie plus forte que toutes les raisons soi-disant scientifiques. C'est donc à l'Orient, là où les astres, émergeant au-dessus l'horizon, possèdent toute la vigueur de la jeunesse, que l'astrologie plaça Y horoscope, c'est-à-dire le point précis où le moment de la naissance attache notre destinée.