DIVINATION PAR LES SONGES OU ONIROMANCIE
S'il est un mode de divination en faveur duquel on puisse invoquer le témoignage du consentement universel, c'est, à
[*] L'oniromancie a été exposée, enseignée, discutée par quantité d'auteurs anciens, — presque tous d'origine orientale, — dont les ouvrages, intitulés uniformément « Des Songes » ou « Ohirocritiques » sont aujourd'hui perdus : par Épicharme (Tert. De An., 46. Cf. Lorenz, Leben des Epicharmus, p. 289) ; — Panyasis d'Halicarnasse (Artemid., I, 2. 64; II, 35. Suidas, s. v. ilavjacnç); — Antiphon (Cic Divin., I, 20. M ; II, 70. Senec. Controv., 9. Diog. Laert., II, 40. Lucian. Hisl. ver., 2. Tertull. De An., 46. Hermogen. De hlcis, II, 7. Fulgent. Myih., I, 13); — Straton (Diog. L., V, 59. Tertull. Ibid); — Démétrius de Phalère (Artemid., H, 44); — Aristandre de Telmesse (Piin., XVII, 38, 343. Plut. Alex., 2. Aman. Anab., IL 18. Lucian. Philops., 21-22. Artemid., I, 31; IV, 23); — Apollodore de Telmesse (Artemid., I, 79); — Piiilochore (Tert. Ibid.); — Chrysippe (Cic. Divin., I, 3. Cf. I, 20; II, 65. 70); — Antipater de Tarse (Cic. Divin., II, 70. Artemid., IV, 65);
— Denys de Rhodes (Tert. Ibid. Artemid., Il, 66) ; — Cratippe (Tert. Ibid.); — Alexandre de Myndes (Artemid., I, 07; II, 9. 66) ; — P. Nigibios Figulds (Io. Lyd. De Ostent., 45); — Hermippus de Beryte (Tert. Ibid.); — Artkmon de Milet (Artemid., 1,2; II, 44. Fulg. Myth., 1, 13. Schol. Hom. Iliad., XVI, 854);
— Aristarque (Artemid., IV, 23); — Apollonius d'Attale (Artemid., I, 32; UJ^ 98); — P. JEl. Aristides (Aristid. Orat., iv, v., vi) ; — IIorus (Dio Chrys. Orat,, XI); — Gemincs de Tyr (Artemid., II, 49); — Nicostrate d'Éphèse (Artemid., L 2);— Phœbus d'Antioche (Artemid., I, 2; IV, 60); — Dion Cvssius (Dio Cas?., LXXII, 23); — Serapiox d'Ascalon (TerUbid.) ; — Philon de Béryte (Hist. Graec. Fr. éd.Didot., III, 35);— PAPPUsd'Alexandrie(Suidass. v.IIa^ds).
En laissant de côté les travaux d'Hippocrate, Aristote et Galien sur les songes considérés comme moyen de diagnostic médical, il nous reste de l'antiquité :
Artemîdorus Daldianus. Onirocrilicon, libri V, éd. R, Hercher. Ups, 1864.
coup sûr, l'interprétation des songes ou oniromancie'. Il n'est point cle peuple et, clans l'antiquité, presque point d'individus qui n'aient cru à une révélation divine par les songes. Les Hébreux même ont accepté pour leur compte la foi générale : l'un des fils de Jacob fait fortune en Egypte pour avoir expliqué un songe du Pharaon, et l'Écriture est remplie d'apparitions et de songes prophétiques.
Il est donc superflu de se demander d'où vint aux Hellènes la croyance aux songes. L'oniromancie est aussi vieille que le monde, et. s'il n'est pas sûr qu'elle doive finir, il est certain qu'elle n'a pas eu de commencement que puisse signaler riiistoire. C'est qu'elle repose sur un fait psychologique et physiologique dont une science avancée peut seule rendre raison, et que l'on expliquait commodément par une cause surnaturelle. L'invincible illusion produite parle rêve, l'impuissance de la volonté, en face des images bizarres et incohérentes qui traversent le champ de l'imagination, semblaient prouver avec la dernière évidence que l'homme n'est pas luimême l'artisan de cette fantasmagorie qui, cent fois démentie par les constatations du réveil, retrouvent toujours le spec-
Astrampsycbos. Oraculorum décades CM, ex codd. ilal. nunc primum edidil R. Hercher. Berjl. 1803. Cf. Onirocrilica de N'icéphore le Patriarche, d'Adomet Ben-Seirim, de Germain le Patriarche et de Michel Paléologue.
Synesics. Iïepl Evj-vtVjv. (De Insomniis, cuni Schol. Niceph. Gregor.).
Macrobius. Comment, in Somn. Scipionis, 1 il ». I J .
Les érudits mode: nés qui jont "traité ou touché la question sont, :
H. Meibomids. De incubatione in fanis deorum medicinac causa. !6o9.
Bcrigny. Sur la superstition des peuples à l'égard des songes. 1772. (Mém. de l'Acad. des In^cr., XXXYlll, p. 74 82.)
(i. Lkopardi. Saggio sopra gli errori popolari degli antichi (cap. v. Dei sogni), 1843.
F. G. Welcker. Incubation-RhetorAristides. Kleine Schriften, III, p 87-114.
A. Maury. Le Sommeil et les rêves. Paris. 1863.
II. BCcHSENSCBfiTZ. Traum und Traumdeulung in Alterlhum. Ber'.in, 1808.
1) 'OvetpopavxEfc — âveipooxoftfa — âveipoxpixixij — ôvetpoxptafa. Nous adopterons, comme plus conforme à la fois à la prononciation grecque et à la phonétique française, la forme oniro — au lieu de onéiro — dans tous ces mots composés.