LA DIVINATION ET LE FATALISME THEOLOGIQUE
Difficultés soulevées par l'exercice de la divination. — Que l'avenir doit être immuable pour que la divination soit possible, et conditionnel pour qu'elle soit utile. — Conception populaire et poétique du destin. — La fatalité dans Homère, Hésiode. Pindare, les tragiques. — Système des ajournements. — Le problème resté sans solution.
Sous sa forme la plus simple, la foi a la divination admet que la divinité, connaissant l'avenir, juge parfois à propos de faire part aux hommes de cette connaissance, dans la mesure où elle peut leur être utile, usant pour cela de divers moyens; soit du langage direct, perceptible aux sens; soit du langage symbolique des signes; soit enfin d'une révélation intérieure infusée dans l'âme humaine. Mais, d'autre part, cette croyance suppose résolus un certain nombre de problèmes qui, soumis à l'analyse philosophique, se montrent à peu près insolubles, et ces difficultés sont de telle nature que la logique populaire elle-même, si complaisante pour le merveilleux, n'avait pu les aborder sans embarras.
La conscience religieuse de l'antiquité avait foi dans l'utilité de la divination comme dans l'efficacité de la prière La prière a pour but de provoquer une modification de la destinée humaine dans un sens déterminé, par le fait de l'intervention divine. Le but de la divination n'était pas sensiblement différent. La prescience devait fournir à l'homme