‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 8 sur 157 · K()LE HISTORIQUE DE LA DIVINATION · texte numérisé non relu

K()LE HISTORIQUE DE LA DIVINATION

l'efficacité de ses rites, et l'on craignait de voir disparaître avec lui un trésor dont il se disait seul dépositaire. Ceux-là seuls purent le vaincre qui lui opposèrent des prophéties portant, plus évidente encore, la marque de leur origine surnaturelle, et promirent au monde de ne point le laisser manquer de révélation.

On ne saurait estimer trop haut, ce semble, l'influence qu'a exercée sur les sociétés antiques la croyance à la divination. Non-seulement elle a pesé, d'un poids parfois décisif, sur les destinées des États, qui s'étaient interdit de rien entreprendre sans « consulter les dieux, » mais elle s'est glissée dans les préoccupations de chacun, et elle a agi ainsi sur la collectivité avec l'irrésistible puissance des forces moléculaires. Cette puissance, qu'elle tient d'un instinct indestructible, n'est point encore annulée aujourd'hui et le psychologue en retrouverait aisément la trace dans bien des habitudes contemporaines.

Nous pouvons juger par la do l'énergie que dut avoir une telle foi en des temps où, au lieu d'être ridiculisée comme une superstition, elle était professée parles gouvernements, représentée par des institutions vénérées, vantée par les poètes, démontrée par les philosophes et pratiquée par tous. Il faut, en face d'une adhésion aussi générale et aussi persévérante, renoncer à classer la divination et ses méthodes parmi ces curiosités que l'on rencontre dispersées ça et la, loin du grand chemin de l'histoire. Il faut aussi, jusqu'à plus ample examen, renoncer à expliquer trop facilement, par l'astuce des uns et la crédulité des autres, l'origine et le crédit des pratiques divinatoires.

L'étude préalable que nous allons entreprendre, avant d'aborder les questions de détail, est destinée à montrer que la divination s'est imposée à l'attention de tous les penseurs qui ont fait la civilisation antique et préparé la nôtre : que,

touchant aux problèmes métaphysiques les plus ardus, elle a obligé les poètes à philosopher et les philosophes à se maintenir, sur bien des points, en communion d'idées avec la théologie poétique; en un mot, que les principes sur lesquels elle repose et les conséquences auxquelles elle entraîne ne sont point de ces absurdités dont on vient à bout avec un sourire.

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