‹ Histoire de la divination dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 9 sur 157 · DIVINATION ET MAGIE · texte numérisé non relu

DIVINATION ET MAGIE

Définitions diverses de la mantique ou science divinatoire. — Différence entre la mantique et la magie: l'une, contemplative, l'autre, active.

La divination est le produit d'une idée religieuse qui a, de tout temps, possédé la conscience humaine, la foi en la Providence. Elle ne présuppose que les deux conditions ou postulats dont la réunion constitue le fond de toute doctrine religieuse, à savoir, l'existence d'une divinité intelligente et la possibilité de rapports réciproques entre l'homme et la divinité; et elle en est une conséquence naturelle, sinon nécessaire, dès que l'on considère cette science comme pouvant contribuer au bonheur de l'homme ou à son perfectionnement moral.

Considérée dans son essence, et indépendamment des termes peu précis par lesquels les langues anciennes la désignent, la divination ou science mantique est la pénétration de la pensée divine par l'intelligence humaine, en-dehors des considérations ordinaires de la science : c'est une connaissance d'une nature spéciale, plus ou moins directe, plus ou moins complète, mais toujours obtenue par voie de révélation surnaturelle, avec ou sans le concours du raisonnement. La divination a pour domaine tout ce que l'esprit humain ne peut connaître par ses seules forces;

en premier lieu l'avenir, en tant qu'il échappe a la prévision rationnelle (r.oô^^ic), puis le passé et le présent, dans ce qu'ils ont d'inaccessible à l'investigation ordinaire1. Elle plonge le regard dans les profondeurs les plus mystérieuses de ces perspectives ou aspects du temps que symbolisait jadis le groupe des trois Parques. La science de l'avenir, étant la plus ambitionnée et la plus merveilleuse, a parfois été prise pour la divination tout entière, et cette préoccupation exclusive a laissé sa trace dans la plupart des définitions antiques.

L'auteur des Définitions platoniciennes regarde la mantique comme « la connaissance préalable d'un fait sans indice rationnel2. » Cicéron est moins exact encore en définissant la divination « le pressentiment et la science des choses futures3. » La connaissance de l'avenir est aussi pour Plutarque*, qui se fait en cela l'écho des théories platoniciennes, le tout de la divination. C'est que le spiritualisme platonicien, mal dégagé de l'instinct artistique qui lui faisait modeler l'âme d'après les lois de la symétrie, tenait à placer dans l'intelligence humaine une faculté spéciale tournée vers l'avenir, comme la mémoire l'est vers le passé.

Une étude même superficielle de l'histoire de la divination montre que cette science surnaturelle a été plus souvent peut-être appliquée à l'investigation du passé ou du présent qu'a celle de l'avenir. La plupart des prodiges étaient considérés comme ayant leurs causes dans le passé; le résultat de leur interprétation était toujours de faire connaître la volonté présente des dieux et par lu, mais indirectement, les secrets de l'avenir. La science des expiations ou cathartique ne peut atteindre les souillures de la conscience qu'avec l'aide de la divination qui indique dans les ténèbres du passé

1) Cf. Macrob. Saturn., !, 20, o. — 2) Platon. Définit, p. i!4. — 3) Cic.

Di'n'n., !, I . — i) Plutahch. Dcfcct. orac. 38. 40.

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