SUBDIVISIONS DU CERCLE ZODIACAL
Grâce à ce supplément d'informations, on put distinguer dans chaque signe les parties favorables et les parties dangereuses; celles-ci amenant des calamités et des épidémies parce que, selon Manilius, les unes sont obscures, les autres sont gelées, les autres desséchées par le feu ou noyées par l'eau. Ces parties antagonistes, dont chacune correspond à un degré, se trouvaient jetées comme au hasard, sans règle apparente, sur le contour du Zodiaque'.
D'autres règles frappaient d'incapacité un certain nombre de parties choisies tout aussi arbitrairement dans les signes, et que l'on appelait vides, par opposition aux autres déclarées pleines. Les parties vides, non-seulement n'avaient pas d'énergie propre, mais encore paralysaient les influences qui se trouvaient concourir avec elles. Le nombre en était évalué à cent soixante-un, c'est-à-dire à plus de treize par signe en moyenne. Elles étaient, dans chaque signe, disséminées irrégulièrement en trois ou même quatre groupes, séparant trois groupes pleins qui avaient chacun leur nom propre. On comprend que Firmicus s'extasie sur la profondeur de ces mystères, que Pétosiris avait voulu ensevelir avec lui2.
Tout aussi mystérieuse est la distribution des sexes entre chacun des degrés. Les signes sont pareillement divisés en trois, quatre, cinq, six, sept et même huit groupes de sexe alterné, sans qu'on puisse découvrir la raison qui a présidé à ce désordre calculé. Les degrés masculins sont au nombre de cent quatre-vingt-dix-sept, contre cent soixante-trois féminins. Les sexes se balancent dans le Capricorne, tandis que la proportion des parties féminines descend à un quart dans
Manilii. (Poetœ Latini minores, éd. Lemaire, VI, p. 646 sqq.)— 1) iM^.nil., IV, 441-496. D'après le tableau dressé par Manilius, il y a, dans les douze signes, cent une parties funestes contre d^ux cent cinquante-neuf favorables. Il est impossible de trouver la raison de cette répartition iriégulière, les degrés mal notés étant au si bien de nombre impair que de nombre pair. — 2) Firmic, IV, 16.
les Gémeaux1. Peut-être y avait-il là quelques conclusions hasardeuses tirées de la statistique des naissances par les prêtres égyptiens.
L'astrologie grecque se contenta de la division des signes en décans ou arcs de 10°, à raison de trois par signe. La série des emblèmes zodiacaux fut répartie dans les décans, de façon qu'elle se reproduisait trois fois dans le contour entier du cercle. Le signe initial, le Bélier, se trouvait ainsi occuper le premier décan de sa propre case, le premier du Lion et le premier du Sagittaire : le Taureau occupait le second décan du Bélier, le second du Lion, le second du Sagittaire; et ainsi de suite2. Ce système eut l'inappréciable avantage de donner une constitution identique aux signes associés par l'aspect trigone.
Ainsi, chaque signe zodiacal contient tout un monde. Outre ses qualités propres, les systèmes réguliers lui attribuent ou le Zodiaque tout entier ou le quart du Zodiaque tenant en raccourci dans sa case : les rêveries capricieuses de l'Egypte y sèment au hasard le plein, le vide, les sexes, le bonheur et le malheur, tant et si bien qu'il n'est pas un degré du cercle fatidique qui ne représente1 un faisceau d'influences.
Et pourtant les signes du Zodiaque ne fournissent à l'astrologie que la moindre partie de ses ressources. Fixés à demeure sur la sphère et immobilisés dans leurs positions respectives, ils n'exercent que dos influences éternellement semblables à elles-mêmes. Si nombreuses que soient ces influences, on les connaîtrait bientôt à fond si elles n'étaient à chaque instant modifiées par des éléments variables introduits dans le calcul. Considéré en lui-même, le zodiaque ne saurait éprouver de modification qu'en vertu de son mouvement diurne. En faisant le tour du cercle, chaque signe passe par des redouble- I) Firmic, IV, 17. — 2) Ma.nil., IV, 308-:K»0. Fjrmic, H, 4, 16.