SYMPATHIES ET ANTIPATHIES
propriétés, ses goûts particuliers, ses affinités et ses sympathies. A l'antagonisme ou à l'accord des signes pris isolément, il faut ajouter les rivalités ou les accommodements des trigones entre eux, d'un aspect donné vis-à-vis d'un autre aspect, de sorte que chaque point du cercle est visé par une multitude d'influences directes et le plus souvent antagonistes. Manilius constate avec douleur que la discorde règne dans les deux et que les hôtes du Zodiaque, toujours armés lés uns contre les autres, inspirent aux hommes leurs passions haineuses. Peuton s'étonner que l'histoire du genre humain soit un long tissu de crimes, que le feu, le fer, le poison aient partout semé l'effroi et le deuil; quand l'exemple vient des puissances qui règlent nos destinées ? « Si la paix est ravie à l'univers, si la loyauté est rare et se trouve être le privilège d'un petit nonubre, c'est sans doute que bien des signes font présider la discorde à notre naissance. A l'exemple du ciel, la terre est divisée contre elle-même, et une fatalité ennemie pousse les nations à se haïr'.»
Toutes ces données ne suffisent pas encore à mettre l'astrologie zodiacale en mesure d'expliquer l'infinie variété des caractères et des événements humains. La division du cercle en douze parties ne permet qu'une estimation grossière des influences, et il faut faire appel à des subdivisions qui rendront possibles des mesures plus précises.
On imagina de multiplier le Zodiaque par lui-même en faisant tenir dans chaque signe les influences de tous les signes réunis2. Chaque douzième du Zodiaque fut donc divisé en douze dodêcatémories, ou douzièmes du second degré, assignées aux douze signes, qui y furent installés dans leur ordre habituel, en commençant par le signe possesseur de la case zodiacale ainsi subdivisée. Le Bélier, par exemple, donnait
\) Manil., II, o93 sqq. — 2) Manil., II. 093-707. Ptolem., I, 22. Sex. Empiiuc. Ibid., 9.
son dernier douzième aux Poissons ; le Taureau au Bélier; les Gémeaux au Taureau, et ainsi de suite1. On pouvait recommencer, sur ces dodécatémories du second degré, toutes les opérations du groupement déjà pratiquées sur les premières et combiner les résultats avec les précédents.
Ce mode de subdivision duodécimale ne fut guère employé, parce qu'il se combinait malaisément avec la division du cercle en 300°. Celle-ci, que l'Egypte et la Chaldée se disputent l'honneur d'avoir inventée, passait pour représenter exactement la marche du soleil durant l'année lunisolaire de 3G0 jours. Chaque signe comprenait donc 30 degrés (jjôîpai, gradus, partes)-.
Attribuer un caractère spécial à chaque degré était une tâche devant laquelle ne recula pas l'astrologie égyptienne, mais qui effraya les astrologues grecs, d'autant plus que, pour opérer ces distinctions de degré en degré, les Égyptiens crurent devoir sortir du Zodiaque et tenir compte des constellations éparses sur toute la sphère céleste. Les Grecs appelèrent toujours « Sphère barbare » ce système qui gardait pour eux son caractère exotique, mais qu'ils admiraient et employaient à l'occasion sous le nom de myriogenèse.
La sphère barbare introduit dans le zodiaque trois espèces d'influences nouvelles, d'abord l'influence propre de chaque degré considéré en lui-même (pvojiorpat) ; puis l'influence des constellations extra-zodiacales qui se lèvent en même temps qu'un signe zodiacal et correspondent, dans ce signe, à tel degré déterminé par l'intersection de l'horizon avec le zodiaque; enfin, l'influence des grandes étoiles, mises en rapport, de la même manière, chacune avec un degré de l'éeliptique8.
I) Manil , II, 7I.'i-72i. — 2) D'après Servius, c'étaîl lï le sys'èm égyptien : les Chaldéens en avaient un autre pluscomp iqné : « Chaldœi nolunl squales esse partes in omnibvs signis, sed pro quatttate sui, aliud signum XX, aliud XL liabere, eum JEgyptH tricenas esse parles inomnibus retint. (Serv, Georg., I, 33.) — 3) Finliic, YI11, Jj-31. Cf. lus. Scaliger. Nolcc in spli.rram barbaricam