‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 132 sur 163 · TIBÈRE ET LES CHALDEENS · texte numérisé non relu

TIBÈRE ET LES CHALDEENS

faisant lire Parrêt du destin qui, comme le lui avait dit naguère à ApoUonie le mathématicien Théagëne, le destinait si visiblement à l'empire * .

Tibère, qui était un esprit fort, avait, comme Auguste, un penchant pour l'astrologie : elle lui avait, dit-on, montré dès Tenfance le sommet où devait le porter sa fortune ^. Il n'en fut que plus redoutable pour les astrologues. Un jour, il lui prit envie de jeter à la mer, du haut des falaises du rivage, son familier, l'astrologue Thrasyllus, pour quelques prédictions qui ne s'étaient pas vérifiées, comme « menteur et dépositaire peu sûr de ses secrets. > Les Chaldéens ne tardèrent pas à justifier ses soupçons. Le procès de Drusus Libo (16 ap. J.-C.) montra comment ils pouvaient, à l'occasion, pousser un esprit faible aux extravagances et transformer un étourdi en conspirateur. On sut que Libon fréquentait les Chaldéens, les magiciens et les interprètes de songes ^. Tibère le faisait déjà surveiller depuis quelque temps, et il en était aux évocations nécromantiques lorsqu'on se décida à le poursuivre. Au cours du procès, l'accusateur Vibius « produisit des pièces vraiment extravagantes : ainsi Libon s'était enquis des devins s'il aurait un jour assez d'argent pour en couvrir la voie Appienne jusqu'à Brundisium \ »

L'aflEaire une fois terminée par le suicide de Libon, le Sénat décréta l'expulsion des astrologues et des magiciens. L'interdiction de l'eau et du feu, c'est-à-dire le bannissement perpétuel et la confiscation des biens, parut une peii^e suflîsante pour 1^ commun des prophètes de carrefour ^ ; mais tous ne s'en tirèrent pas à ce prix. Un d'entre eux, L. Pituanius, fut précipité de la roche Tarpéienne. Un autre, P. Marcius, conduit par ordre des consuls hors de la porte Esquiline après que son jugement eut été proclamé à son de trompe, fut

\) SuET., Oct. 94. Cf. vol. I, p. 253. — 2) Suet.. Tiher. 14. — 3)Tac., Annal. II, 27. — 4) Tac, Ann. II, 30. — 5) Ulpian., in Mos, et Rom. legg. coll. 15, 2.

Il faut qu'elle allège, autant que le permet la rigueur des lois naturelles, les maux dont se plaint notre espèce, la douleur dansTordre physique, l'injustice dans rordremoral.il fautque son règne ne laisse point regretter les consolations chimériques, mais accessibles à tous et entouttemps,que l'imagination rapportait de ses voyages dans Tinconnu. Il faut que, jusqu'aux limites extrêmes du possible, jusqu'au point précis oii la résignation est un devoir, elle donne satisfaction aux désirs qui s'échappaient jadis en jets ardents dans les perspectives ouvertes par la révélation ou se dépensaient en colloques avec les puissances surnaturelles.

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