LA GENÈSE SELON LES TOSCANS
avant la création de rhomme, et que les six autres restent assignées au genre humain, de manière que le temps tout entier jusqu'à la consommation compte 12 chiliades * . »
Il est possible que les haruspices des derniers siècles, pris entre la Bible et Pastrologie, aient emprunté de part et d'autre de quoi composer ce système de transaction : mais il est possible aussi qu'on Tait fait sans eux.
Quoi qu'il en soit, les doctrines relatives à la division du temps, système des semaines ou décades dans la vie individuelle, des siècles dans la vie des nations, des âges dans la durée du monde, ont été édifiées à Poccasion des pratiques divinatoires et en vue d'agrandir le domaine de la divination. C'est pour motiver l'observation des prodiges que la spéculation, encouragée par l'influence du mysticisme oriental, s'est hasardée dans ces perspectives lointaines. Les haruspices passaient à bon droit dans le monde classique pour les plus habiles interprètes de prodiges, car ceux de leurs rivaux qui restaient fidèles au génie de la race gréco-romaine n'osaient point plonger le regard aussi avant dans les obscurités de l'avenir.
Telle apparaît dans son ensemble cette « discipline étrusque » qui resta, durant de longs siècles, le dernier patrimoine de la nation. Sa vitalité prouve qu'elle reposait sur une tradition précise, garantie par un enseignement sur^ veillé contre l'épuisement et le discrédit où les caprices de la fantaisie individuelle font vite tomber les doctrines révélées. Elle était) en effet, représentée par une corporation d'hommes spéciaux auxquels les Romains donnaient, nous le savons déjà, le nom d^haruspices.
i) Suidas, s. v. Tup(nr)v{a. Ce système établissait un parallélisme parfait entre les it hebdomades de la vie iadividaelle et les 12 périodes de la vie cosmique.