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CLASSIFICATION DES SIGNES OBSERVES

Ce terme est de ceux dont Tusage a le plus démesurément élargi le sens. Le trait caractéristique de Vomen parlé, c'està-dire le hasard, la spontanéité imprévue, se retrouvant dans tous les accidents fortuits {(Tù[dckci) où la préoccupation du surnaturel faisait découvrir des signes de la volonté divine, l'analogie fit entrer tous ces présages, quels qu'ils fassent, dans la catégorie des oniina. 'En conservant au mot ce sens, déjà étendu mais encore limité, on pourrait classer tous les signes observés par la divination inductive des peuples italiques sous trois chefs principaux : leB prodiges^ ou signes évidents de l'intervention divine, qui ont une valeur propre, indépendante de toute convention artificielle; les omina ou présages fortuits, dont la cause se dissimule sous le nom vague de hasard et dont la valeur dépend en grande partie de la fantaisie de l'observateur; et enfin, les auspices ou signes convenus, dont le sens est fixé au préalable par un pacte intervenu entre les hommes et les dieux.

Nous n'avons pas à revenir sur la question Aq% prodiges^ j qui sont plus ou moins subtilement interprétés suivant les pays, mais s'imposent partout de la même manière à l'attention des hommes; les atispicesy qui sont l'objet spécial de la science augurale, s'offriront plus loin à notre examen; il s'agit maintenant d'étudier les omina, en prenant pour type du genre l'espèce qui lui a donné son nom et en rejetant dans une seconde catégorie les présages fortuits appelés plus particulièrement sorts.

§ I. — OMINA PROPREMENT DITS.

Tout ce qui a été dit ailleurs du clédonisme grec s'applique

ling. fa(., VI, 76, Vil, 97. Paul., p. 193, 8. v. omen. Cf. Hartung, Mig. der Borner, l, p. 97). 0. Kkllkh (Jahrbb. fÛrPhiloL [1864], p. 524) propose une explication subtile : amen pour ovamen (cf. ovatto), signifiant une parole qui interrompt un acte religieux.

1) Voy. ci-dessus, p. 75 sqq. et vol. f, p. Hi-lo.

136 DIVINATION LATINE ET OMBRO-SABELLIQUR

exactement à Vomen latin. Il n'est pas besoin, par conséquent, d'insister sur le lien qui rattache à la théorie générale de la divination cette méthode particulière. Mais nous devons entrer un peu plus avant dans les questions tie détail, parce que l'esprit méticuleux des Romains en a fait toute une casuistique, aussi intéressante à connaître que difficile à élucider. C'est qu'en effet, dans la pratique, la divination ominale était pour eux, non plus, comme en Grèce, l'appoint et le superflu des autres méthodes, mais la divination tout entière. Incompétents en matière de prodiges et n'attendant des auspices qu'une révélation très bornée, ils reportaient sur les présages fortuits tout l'effort de leur curiosité. C'est dans ces signes, dont la divination officielle reconnaissait elle-même la valeur*, que clîacun, libre de son interprétation, cherchait les indices de l'avenir. De cette préoccupation superstitieuse est sortie, non pas une doctrine systématisée, mais une habitude constante qui, jusqu'à un certain point, en tient lieu.

Le principe le plus général dont cette habitude atteste le crédit est que Vomen n'a point une valeur et une efficacité indépendante de la volonté de celui [qui l'observe, mais qu'il est créé par celui-ci avec les éléments que lui fournit le hasard. Une phrase claire, acceptée dans son sens réel, un mot rapporté à son objet véritable, ne constituent pas un omen; il faut pour cela que la parole soit détournée de son sens et appliquée, par voie d'allusion, à un autre objet. C'est ce travail qui crée Vomen avec toutes ses conséquences. « Ainsi, dit Cicéron^, si quelqu'un, pensant à ses affaires et parlant de ce qui l'occupe, dit un mot qui s'applique à ce que vous faites ou à ce que vous pensez, en voilà assez pour vous donner crainte ou confiance ». Les Romains ont donc

\) Voy. ci-dessous, Divination officielle de»« JRomaîns. ~ 2) Cic , Divin., II, 40.

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