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1) Cic, Legg*t H, 12. lï, 35. Liv. rv, 7. Fest., p. 161. s. v. Maximum. On disait une réponse des haruspices et un déisret des augures.— 2) Gic, 0tvtn.,II| 18. Fest., p. 317. s. y. SanquaHs. Serv., £n., I, 398.
SOUS le nom commun de Libri augurum ou augurâtes ', qui put même s'appliquer à des compilations distinctes des archives. Les membres du collège, en e£fét, durent être des premiers à extraire de cet amas de documents des résumés ou manuels méthodiques qui pussent servir de guide aux augures improvisés et mal préparés à leurs nouvelles fonctions. C'est évidemment un de ces livres que Tib. Sempro^ nius Gracchus, le père des Gracques, avait emporté en Sardaigne, car il s'aperçut en le lisant qu'il s'était rendu
i) lAhH Augurum (Varr., Ling. laL, V, 21. 33. 58. Vn, Si. Gic, Republ, h 40. Il;.31. Prodom., IS. Gbix., Xlli, i4. UkOi.ySat., 1, 16, 49. Scav., £in., UI, 537. iv, 45): Libri auguraks (Fb8T., pp. 233-322. s. vy. Paludatù Sarte. Senbc, Epist. 108. Sb&v., ifin., V, 738. IX, 20)d On entend parler aussi de libri rûConUti (Cic, Ptù dom., i5. Sbrv., jEh., I, 398), dont les aujrures s*engageaient, dit-on, par serment à ne point révéler les secrets (Plut., Qwnt. Rom,, 99). On verra plus loin quel était le seul arcane des augures, et ron nUmagine pas ce qu'ils pouvaient avoir à cacher ainsi. Gomme le fait observer?. Regell (op. dt,, p. 35), on a pris trop à la lettre une expression oratoire de Gicéron : car le principe qu*il donne comme extrait de ces lihri reconditi (Pro dom,, i5) était des plus connus, et|il le dit ailleurs {Divin, ^ H, 18), extrait des Commmtarii, Quant aux libri reconditi de Servius (JS/i., l, 398}, ce sont apparemment des livres toscans, comme ceux qu'il mentionne en un autre endroit (ufin., Il, 6i9). U reste des livres auguraux quelques rares fragments dispersés dans les textes des auteurs, et ceux qui les coUigent cèdent parfois à la tentation d'en augmenter le nombre. £n attendant l'édition qu'il promet, P. Regell a émis des vues fort sensées sur la rédaction des livres du collège. Il estime qu'elle a dû conunencer parles formulaires et commencer de bonne heure, dès l'époque royale, lo parce que la discipline augurale était des plus minutieuses ; 2o que les augures chargés de l'appliquer étaient des hommes du monde, souvent nommés tard à cet emploi, et non une caste sacerdotale ; 3o parce qu*il y avait des jcérémonies augurales d'un usage peu fréquent, comme l'augure du salut et à plus forte raison le déplacement du pomeriumf et qu'il fallait en fixer le rite par récriture. Les formules ont pu être rédigées en vers saturniens. Gette première collection, achevée avant l'époque ou à l'époque des Xfl Tables, fut refaite après l'incendie de Rome sur un plan mieux ordonné, et on enregistra désormais au fur et à mesure les actes du collège, qui tenait régulièrement séance aux Noues de chaque mois. Il y eut ainsi une tradition écrite, qui mit les plébéiens introduits dans le collège par la loi Ogulma à même de se renseigner sans se faire les disciples de leurs confrères patriciens, n va sans dire que le collège gardait aussi et tenait à jour une liste de ses membres passés et présents {fasti auguraksh
LK RITUBL ET LS DROIT AUdURAL 183
coupable d'une irrégularité dans la prise des auspices l'année précédente, où il était à la fois augure et consul ^
Le collège, du reste, ne tenait plus à faire du droit augurai un mystère. Au dernier siècle de la République, les plus doctes de ses membres écrivirent des volumes sur la théorie et la pratique des auspices. Après eux vinrent les archéologues, érudits ou simplement curieux, qui mirent la théologie augurale à la portée du grand public '.
A cette époque, comme le dit Cicéron, « la science divinatoire et l'art des augures s'étaient comme éventés par l'effet du temps et de la négligence * », autrement dit, il n'était plus question du sens fatidique des auspices, mais seulement de leur valeur légale* L'augure Marcellus déclarait nettement, dans un ouvrage sur la matière, que « les auspices avaient été institués pour l'utilité de l'État^», et App.CIaudius Pulcher était tourné en ridicule par ses collègues eux-mêmes parce qu'il soutenait le contraire •.
C'est donc spécialement sur la partie juridique de la science augurale que tous ces auteurs portaient leur attention ; le rituel proprement dit ne nous est guère connu que pour avoir fourni des archaïsmes et des déânitions, ou des détails techniques pouvant servir à expliquer l'épopée savante de Virgile, considérée comme un résumé du droit pontifical et augurai ^
I) Voyez ci-dessns, p. iOS-109. — 2) Voyez ci-dessus la liste des ouvragei anciens.— 3) Cic, Xe^g., H, 13. -^ 4) Cic, î&td. — 5) Cic, Divin., II, 35. — 6) La distinction entre le rituel, les cérémonies augura1es(au{^urta), et le droit augurai, qui s'occupe de la valeur politique des auspices {auspicia), est des plus utiles et des plus justifiées ; mais, si elle est dans les choses, elle n'est pas toujours dans les mots. II ne faut pas non plus donner un sens trop précis à disciplina et à jus dans les expressions suivantes : Disciplina augurum CiCjDwn., 11,35. Legg.,\l, 8. Gell., VU, 6. Pun., XXVIII, §17.Serv., JEn., II, 693, etc.) : disciplina auguralis (Serv., JEn,, III, 90. IV, 453, etc.); disciplina augurandi (Suet., Gramm. ilL, 1^ : Jus augurum (Cic, Dtvtn., 11,35. Legg., II, 12; Prodom., 15. Fbst., p. 253. s. v. Peregrinus):jusaugurium(Cic., Dtvtn., II, 33. Sen., 4. Gell., 1, 12. VII/6) : jus augurale {Skby., JËn„ IV, 340. Georg.^l, 272. Macb., 8at., J, 24, 17). Cf. ars auspiealis (Sbrv., ifin., IV, 56).
SI
RITUEL AUOUAAL.
Les auspices, signes demandés ou impétratifis. — Signes tombés en désuétude. — Les signes oblatifs ; signes funestes (dira). — Les trois méthodes d'auspication conservées par les augures : auspices par les oiseaux^ par les poulets, par les signes célestes ou éclairs.
A. — Lb temple augural. — Orientation du temple romain. — Tracé des temples : le lituua, — Les formules sacramentelles. — Inauguration périodique des temples par les augures. — Le pomerium. — Inauguration des temples urbains et des campagnes. — Participation des augures à VAmburbium, aux Ambarwxlia et à Vaugurium canarium, — Rôle des augures dans Vaugurium Salutiê, — Le déplacement du pamerium, — Le temple considéré au point de Tue de la prise des auspices. -— Installation du « petit temple ». — Conditions nécessaires à la production du silence.
B. — Les méthodes d'auspication. — 1^ Auspices par les oiseaux, -- Le canon des oiseaux auguraux. — Alites et oscines, — Appréciation sommaire des signes. — 2o Auspices tirés des poulets. — L'appétit des poulets. — Le tripudium soUistimum* -^ La méthode réservée aux auspices militaires. — 3^ Auspices célestes, — Importation tardive de la méthode. ^ La méthode réservée aux auspices urbains.
Le rituel devait régler Jusque dans ses moindres détails, l'ensemble des cérémonies nécessaires à l'observation et à l'interprétation des différentes espèces de signes désignés BOUS le. nom générique d*attspices.
Le nom d^at4spices ne convient qu'aux signes demandés et obtenus en vertu d'un pacte {legum dictio) dont l'auspiciant récite à haute voix la formula ^, signes qui doivent être observés dans un espace donné et en un laps de temps déterminé. Mais, comme il pouvait arriver que des signes analogues, ou des accidents auxquels l'opinion attachait un
i) Legum dictio est cum eerta nuncupatione verborum dicitur quali condieionê augurium peracturtu sit (Serv., JEn,y HI, 89). Cf. Liv., f, i%{tum peregit verbis auspiciaf qux mitti vellet). Les signes demandés sont précisément dits impétratifs : avguriu auX oblativa sunt, qux non poscanlur^ oui impr trativa, qusB opidia ^eniunt (Serv.» Mn , Vf, 190;.