‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 97 sur 163 · LE COLLEGE SOUS L'EMPIRE · texte numérisé non relu

LE COLLEGE SOUS L'EMPIRE

fut admis que le prince, possédant la plénitude du sacerdoce, pouvait se choisir partout des auxiliaires ou des délégués à sa fantaisie *. Les collèges n'eurent donc plus, en fait, d'autre règlement que la volonté de César, et on y entrait de plusieurs manières, sauf par la voie usitée jusque-là, l'élection populaire, celle-ci ayant cessé de fonctionner même avant la suppression des comices par Tibère.

Les candidats aux sacerdoces pouvaient être nommés ou par l'empereur ou par le Sénat ou par les collèges euxmêmes. Ces trois modes de promotion furent employés concurremment. Le prince nommait ses amis, ceux auxquels il voulait faire honneur ou épargner des démarches ^; le Sénat nommait d'ordinaire les membres de la famille impériale ou ceux que lui désignait le prince ^ ; les collèges pourvoyaient plus ou moins librement aux autres places. Alexandre Sévère essaya d'une combinaison qui rendait théoriquement au Sénat, le seul refuge du droit de suffrage sous l'empire, l'élection des prêtres. Il décida que les nominations faites par le prince seraient enregistrées par le Sénat, qui délivrerait aux élus un brevet en bonne formel La réforme était d^importance minime, et c'est à peine si on eut le temps de l'appliquer. Dans tous les cas, il demeura entendu que, comme par le passé, l'investiture sacerdotale restait chose distincte de l'élection ou nomination : les candidats étaient cooptés en la forme traditionnelle parleurs collèges respectifs, et tous les modes de désignation étaient ainsi régularisés.

On comprend que, sous ce régime d'arbitraire, le nombre

1)JCf. mes Pontifes de l'ancienne Rome, p. 344.-2) TAC^AnnaL, I, 3. Hist. I, 2. 77. SuET., Claud., 22. Plin., FjnsL, IV, 8, X, 8. Plut., Otho, i. Act, Fratr. ArvaL Tab. XXII, 23. Capitolin., Ant, PhiL, 4. — 3) Tac, Annal. ^ 11!, 29. SuET., Calig., 42. Claud,, 6. Capitolin., Ant. Phil., 6, etc. — 4) Poniificaius et quindeccmviratus et auguralus codidUares fecit, ita ut in Senatu alkgarentur (LAiirniD , Alex. Srv., 40)»

des sièges dût varier souvent dans chaque collège. Plutarque prétend que le collège des augures bornait encore de sont temps le nombre de ses membres au chiffre traditionnel * : mais il oublie probablement les surnui^éraires. *

A partir du temps de Dioclétien, l'histoire perd la trace des augures. Arnobe, qui leur reproche d'assister aux jeux publics % est le dernier écrivain qui parle d'eux ; mais on trouve encore çà et là des noms d'augures publics dans les inscriptions. A partir de Constantin, le collège put prévoir sa dissolution définitive. Uneloide 357ordonna « à lascience menteuse des augures et devins de se taire ^ ». Cette disposition visait uniquement les devins non officiels, ceux qui s'occupaient de divination, mais elle n'annonçait pas une grande bienveillance pour les dignitaires endormis dans lessinécures du collège augurai. Le collège des augures publics disparut en même temps que les autres corporations sacerdotales, avec la génération des Symmaque et des Praetextat, sous les fils de Théodose.

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