‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 99 sur 163 · DOTATION DU COLLEGE · texte numérisé non relu

DOTATION DU COLLEGE

Numa», disait-on, à l'entretien du cultes Ces biens ne laissaient pas que d'être considérables, car la portion que TÉtat fit vendre en 89, dans un moment où le Trésor était vide, suffit à payer les frais de la guerre contre Mithridate ^. César, autant pour permettre à la ville de s'étendre du côté du nord que pour se procurer de l'argent, poursuivit la sécularisation de ces propriétés^, qui paraissent avoir compris, à l'origine, le Champ-de-Mars tout entier, du Cajitole au Tibre *. Personne n'eut l'idée de contester en cette matière le droit de l'État : il était libre de pourvoir aux besoins du culte de la manière qu'il jugeait convenable, et il avait pris depuis longtemps l'habitude de payer en argent les frais de la plupart des cérémonies officielles. Les augures avaient encore, à ce qu'il paraît, la jouissance d'une propriété située sur le territoire de Véïes ' : le fait prouve que leur dotationfut augmentée vers 396, lors de la prise de Voies par Camille. On ne leur connaît point d'autres revenus : ils n'avaient pas, comme les Pontifes, le droit d'infliger et de percevoir des amendes pour contravention aux règlements liturgiques ^.

Du r.?ste, les dépenses dont pouvait se trouver chargé le budget de la corporation étaient insignifiantes. Le local oii le collège tenait ses séances ^ était un édifice public. Les fonctions d'augure étaient, comme toutes les dignités officielles, absolument gratuites, et même les titulaires se cotisaient volontiers pour ajouter à leurs réunions, à leurs banquets, plus d'éclat que n'en demandait la simplicité des règlements primitifs. Les employés dont le collège avait besoin pour larédac-

^)ÀPPIAN., B. Mitkrid,, 22. Cf. Liv., I, 20. Siculds Flaccus, De condic. agror., p. 1G2, Lachm.— 2) Appian., ibid. Gros., V, 18.— 3)Dio Gass.,XLIII, 47. — 4) Cf. Ambrosch, Studienund Andeutungen, p. J99 sqq. 201 noie 29. Le domaine royal, consacré après l'expulsion des Tarquins (Liv., II, 5), en faisait partie. — 5) (Obscum) appellatur locu$ in agro Veienti, quo frui soliti produntur Augures romani (Fest., s. v. p. i89). — 6) Cf. les Pontifes de l'ancienne Rome, p. 155. — 7) Voy. ci-dessous, p. 278.

tion et la garde de ses archives, poar les convocations, pour tous les détails du service intérieur, étaient en petit nombre et d'un entretien peu coûteux, car c'étaient des esclaves publics prêtés par l'État ^ • Outre les moteurs , qui étaient au service du collège, chacun des membres prenait pour son service personnel un esclave qu'il aflEranchissait et dont il faisait son messager ou commissionnaire, un ^/a^or' ou monitor^. Peut-être le collège prenait-il à sa charge Tentretien de ses principaux auxiliaires, les pullarii '.

Les pullarii ont été de bonne heure chargés de tenir auprès des chefs d^armée la place des augures, qui ne se souciaient point d'échanger leur rôle de conseillers d'Étal contre celui de devins ambulants. On les rencontre annonçant aux généraux et interprétant les présages fournis par les poulets sacrés, toutes les fois que quelque incident attire sur ces détails l'attention des historiens ®. A Rome même, les augures, se réservant pour les questions délicates et se trouvant suffisamment occupés par la surveillance des comices, leur laissaient volontiers le soin d'expédier les besognes courantes. Lorsque les magistrats observaient le ciel le jour de leur entréeen charge, c'étaient ordinairement des pullaires qui leur annonçaient le signe convenu, l'éclair à gauche ^ On voit qu'avec le temps la compétence des pullaires ne resta point limitée, comme le ferait croire l'étymologie de leur nom, à l'observation des poulets sacrés. Les pullaires suffisaient éga-

h) Pu6/icusaugwrum (Orell. 2649. 2650, 2853. C. L L. VI, 23i5-2317, — 2) C. ï. L. VI, 1847. — 3) Sdet., Grartm, ill, 12. — 4) Orkll. — Henzen, 5670. Sur ces subalternes, voy. Th. Mommsen, Staatsrecht, I, p, 134. — 5) Les pui/am sont dits (AwObvIx tou 8r,(jio5r{ou ?ep4^£voi. (Dion., II, 6). Le texte ne prouve pas que ce salaire leur fût alloué par les augures, mais il De prouve pas non plus le contraire. Les pullarii ont commencé par n'être que des domestiques, chargés de nourrir et d'apporter dans leurs cages les poulets sacrés {attulit in cavea pulhs is, qui ex eo ipso nominatur puUarius. Cic, Divin., II, 34). — 6) Lnr., VIII, 30. IX, 14. X, 40. XLI, 42.-7) Cic, Dimn.f II, 34 (texte cité ci-dessus, p. 208). Dion., Il, 6.

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