ROGER II ET LA FAMILLE ROYALE
à s'entourer, mais ici elle n’est plus seule, car Byzance également exerce sur Roger une sorte de fascination, dont on retrouve la trace aussi bien dans la législation que dans l'appareil extérieur dont la personne royale est entourée.
Roger aime à entendre discuter par ses conseillers les questions à résoudre ; dans le conseil, il demeure impénétrable, laisse tous les avis s'exprimer, opine lui-même le dernier, en résumant, avec une éloquence facile, la discussion et les motifs qui déterminent sa décision!
Les révoltes de ses sujets ont un moment obligé le roi à agir avec sévérité, avec cruauté même, envers certains rebelles, mais dès que les circonstances le lui ont permis, la sévérité a fait place à la douceur. Bienveillant envers ses fidèles, scrupuleux dans l'exécution de ses promesses et de ses engagements, le roi sait néanmoins tenir à distance son entourage le plus intime?. Ayant une haute idée de la majesté royale, voulant surtout donner à tout le monde le respect de la personne du roi, Roger II ne s'abandonne jamais ; il représente continuellement, ilest toujours le roi, devant qui tout doit trembler. Tout imbu des idées byzantines sur la majesté du souverain, le roi cherche à rehausser aux yeux de son peuple le prestige de sa personne en s’entourant d’une pompe tout orientale ; il aime les cortèges magnifiques qui se déroulent lentement, processionnellement et étalent aux yeux de la foule un luxe inouï, dont l'éclat rejaillit sur la personne même du souverain?. Dans toute cette pompe, dans le luxe déployé lors des cérémonies du couronnement, lors des