‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 108 sur 742 · Cf. AL. Tél., I, 5 et suiv. Falco Benev., p · texte numérisé non relu

Cf. AL. Tél., I, 5 et suiv. Falco Benev., p

entrées solennelles dans les villes, il faut voir non pas simplement l'expression d'une vanité satisfaite, mais, si l'on peut ainsi s'exprimer, un moyen de gouvernement. L'idée monarchique est trop récente pour s'imposer d'elle-même ; par la pompe dont 1l s'entoure, le roi cherche à faire pénétrer dans les esprits l'idée que le souverain, représentant de Dieu, est un être à part des autres hommes. C'est ce même sentiment qui parfois fait recourir Roger à des ruses un peu enfantines. Pour étonner par sa science ceux qui l'approchent, il ne craint pas de s’instruire en secret et pose ensuite des questions auxquelles il peut seul répondre!, en ayant d'avance appris les solutions.

Dans l’organisation qu'il donna à ses États, Roger II apparaît également comme particulièrement remarquable. Aussitôt après ses premiers succès, il avait créé quelques institutions ? ; toute cette organisation dut être détruite par les victoires de Lothaire. Après ses victoires de 1140, leroise remità l'œuvreet, à l'automne de cette année, à l'assemblée d'Ariano, il promulgua ses Assises et organisa l'administration provinciale eninstituant les justiciers et les chambriers?. Sans insister ici sur ces institutions que nous étudions plus loin, disons cependant qu'elles centralisèrent aux mains du roi toute l'administration. Tout imbu de l'idée de l’État, Roger

possédait à un degré éminent les qualités d'ordre et de régularité

qui paraissent avoir fait défaut jusque-là aux populations de l'Italie du sud. Roger, grâce à sa lucide et persistante volonté, réussit à triompher de tous les obstacles et à donner à ses États une organisation qui centralisait entre les mains du roi toute l’autorité. Partout le pouvoir royal se fait sentir, maintient l'ordre et assure à tous une exacte Justice.

Jaloux de son pouvoir, Roger II tient éloignée des affaires l'aristocratie dont il se défie; il ne s'appuie que sur des hommes qui, lui devant leur fortune, sont entre ses mains des instruments dociles. L'administration organisée par Roger ITest un modèle. Les finances, en particulier, paraissent avoir été l'objet d'un soin

. Cf. supra, p. 48.

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