ROGER IL ET LA FAMILLE ROYALE
Roger IT fut marié trois fois !; il épousa d’abord Elvire, fille d’AIphonse VI de Castille etde safemme, Élisabeth. Ce mariage, d'après di Meo, aurait été célébré avant 1118 ?, car Roger, le fils aîné du roi, étant mort à trente ans, en 1148, il dut naître en 1118; mais di Meo ne cite aucune source à l'appui de son dire. De ce mariage naquirent, outre Roger, Tancrède, prince de Tarente et de Bari, qui mourut un 16 mars, entre 1138 et 1140 3, Alphonse prince de Capoue et duc de Naples, qui mourut en 1144 *, Guillaume prince de Tarente et prince de Capoue ?, Henri qui mourut jeune © et enfin une fille morte en bas âge. Nous connaisnaissons une fille de Roger IT, Adélaïde, mariée à Jocelin comte
4. Le manuscrit de Pierre d'Eboli conservé à la Bibliothèque de Berne, qui est très probablement le manuscrit original, contient au sujet de la famille de Roger une miniature intéressante. Voici les légendes qui s’y rapportent : {0° Idem rex | Rogerius] accepit Albidiam. 2° Hic sepelitur Albidia cum filiis. 3° Idem rex Rogerius duæit secundo Sibiliam in uæxorem. #4 Hic sepelitur Sibilia aborciens. 5° Idem rex Rogerius tertiam duxit uxorem nomine Beatricem. 6° Regina Beatrix genuit Constantiam. 7° Hic sepelitur reæ cum uæore. Cf. les reproductions de ces miniatures dans l'édition de Rota, Muratori,:R.[.SS., nouv. éd., t. XXXI, p. 7. Sur les mariages de Roger IL, cf. Garufi, I diplomi purpurei della cancelleria normanna ed Elvira, prima moglie di Re Rugaiero, dans les Atti della R. Academia di Scienze, lettere ed arti, série HI, t. VIT (Palerme, 1904), pp. 45 et suiv. du tirage à part.
2. Romuald de Salerne, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 421; Pierre d’Eboli, I, vv. 9-14. CÊ. di Meo X, op. cit., pp. 155-156, et Espana Sagrada, t. XIV, p. 474.
3. Cf. Romuald de Salerne, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 425. Cf. Crudo, op. cit, p. 245; Cod. dipl. Bar., t. V, p: 136, et. Necrol. Pan., dans Forschungen, t. XVIII, p. 472.
4. Il mourut le 10 octobre, d’après le Necrol. Pan., dans Forschungen, t. XVIII, p. #72. Cf. Abignente, Le Chartulæ fraternitatis dei Confrati della Chiesa Salernitana, dans Arch. sl. napol., t. XII, p. 457; Garufi, op. cit., p. 19 du tirage à part.
8. Hugues Falcand, p. 6; di Meo, op. cüit.,t. X, p. 165. Caspar, op. cut., p. #28, note 2, dit qu'en novembre 1140, Guillaume est prince de Tarente. Il s'appuie sur un acte en faveur du monastère de Montevergine dont j'ai attaqué l'authenticité, Moyen äge, t. VII, p. 303. Depuis, cet acte a été publié par Garufi, op. cit., p. 29, qui n'en discute pas l’authenticité, mais reconnait, p. 81, note 1, que la souscription de Georges d’Antioche parait « piu disegnata che seritta ».
6. Cf. dans Cusa, op. cit., t. I, p. 115, un diplôme en faveur de la nourrice d'Henri. Celui-ci mourut un 29 août, Necrol. Pan., dans Forschungen,
t. XVIII, p. #72.
de Loreto, mais nous ignorons quelle fut sa mère !. Elvire mou-
rut le 6 février 1135, et en secondes noces Roger II épousa Sibille, fille d'Hugues de Bourgogne, sans doute en 1149 *. Evidemment, par ce nouveau mariage, Roger II qui n'a plus qu'un fils a voulu assurer l'avenir de la dynastie. Sibille mourut en couches, le 19 septembre 11513. Peu après, Roger II épousa Béatrice, fille du comte de Rethel ; de ce mariage naquit une fille posthume, Constance *, En dehors de ces fils légitimes, Roger IT eut plusieurs bâtards dont nous parlerons à propos du règne de Guillaume Ie" 5.
À une date douteuse, mais très probablement en 1140, le duc Roger épousa Élisabeth. fille du comte de Champagne, Thibaud. Une mission ayant à sa tête le chambrier Alfan, chargé en même temps de demander à saint Bernard d’envoyer quelques moines en Sicile, alla chercher la jeune princesse. Le départ devait avoir lieu de Montpellier, le 23 août. C’est sans doute à
1. Archivio di stato à Naples. Proces. di r. padr., 1069, fo 14-16, cité par Bindi, Monumenti slorici ed artistici degli Abbruzzi (Naples, 1889), in-#4, p. 586. Très probablement Adélaïde fut la fille d'Elvire. Romuald de Salerne, loc. cit., dit en effet qu'Elvire eut une fille, mais il ne nous donne pas son nom.
2. La date de la mort d’Elvire est fournie par le Lib. confratrum de l’église de Salerne, Garufi, °P- cit., pp. 20-21. Cf. Necrol. cap. Palat., dans Forschungen, t XVIII, D: Pr , @t Necrol. Pan., Ibid., p. #74. Sur la date du second mariage, cf. di Mes CHEN D. #1 76.
Necrol. Pan., dans Forschungen, t. XVIII, loc. cil., Ann. Cassin., M.G.H.SS., t. XIX, p. 310. Sibille fut ensevelie à la Cava, cf. Guillaume, Op..cit, pt 121-
4. Ronald de Salerne, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 425; Pierre d’Eboli, loc. cil.; Gui de Bazoches, Chronogr., M.G.H.SS., €. XXVI, p. 217; Sigeb. Cont. Aquicinct., M.G.HSS,.,t. VI, p. 423; Gislebertus, Chr. Hanon., M.G.H.SS;, t. XXI, p. 508.
5. On a attribué à Roger IT deux autres femmes, une fille de Pierleone, sœur d’Anaclet Il, et Airolda, de la famille des comtes de Marsico. Cf. Pirro, Oops cut LT, p: xix et xx; et Murätori, R:I-SS.; NV, p. 543, Principum normannorum arbor genealogica. Rien n'autorise à admettre ces mariages. Le premier repose sur un renseignement inexact d'Orderic Vital, l'XI, 25 e035, t: V,'pp::37 et 103, Les éditebrs ont adopté ce renseignement sans le Éontoler ; Elvire était non pas la fille de Pierleone, mais celle d’Alphonse VI de Custite: Quant au second mariage, on fait probablement une confusion avec une maîtresse de Roger Il. Cf. Chr. Kerr. p. 28, et Hugues Falcand, p. 51.