Otton de Freisingen, Gesta, I
5. Ann. Magd., ad an. 1147, M.G.H.SS., t. XVI, p. 188. Cf. BernharAi, op. cit.,t. Ip. 684.
son suffisante pour ne pas entrer en campagne. Encore fut-il stipulé que, si l’un de ces deux casse présentaient, l'expédition serait remise à une date ultérieure, mais que le traité ne serait pas pour cela résilié f. Un passage de Kinnamos paraît indiquer que la question du partage de la future conquête fut tranchée, à ce moment *. La Pouille et la Calabre, devaient revenir à Manuel Comnène, comme dot d'Irène, suivant la promesse faite par Conrad à une époque que nous ne connaissons point.
On voit donc que, lors du départ de l’empereur allemand, en février 1149, Manuel était en droit de compter sur l'heureuse
réussite de l'expédition qu'il allait entreprendre contre Roger IT.
Au printemps, le basileus se dirigea vers Corfou, pour prendre la direction des opérations qui avaient été commencées à l'automne de l’année précédente *. La ville de Corfou, dont les défenses étaient très fortes; avait facilement résisté à l'attaque combinée, des flottes grecques et vénitiennes. A une date que nous ne connaissons pas, le grand duc Kontostephanos fut tué: il fut remplacé par le grand domestique Aksouch #.
La prolongation des hostilités suscita entre Grecs et Vénitiens de graves difficultés qui s'élevèrent en l'absence de Manuel. Bien que les camps. des deux armées eussent été séparés, l'accord entre les alliés cessa bientôt de régner et des rixes éclatèrent entre matelots vénitiens et grecs. Ces incidents ne tardèrent pas à amener entre les troupes des deux nations, une mêlée générale à laquelle prit part le commandant grec lui-même : dans cette rixe les Vénitiens eurent le dessous. Ces événements ne nous sont connus que par les chroniqueurs byzantins, qui, naturellement, donnent raison à leurs compatriotes.
À la suite de ce combat, les Vénitiens remirent leurs vaisseaux à la mer, et gagnèrent une île voisine, où ils incendièrent un certain nombre de navires de commerce, appartenant à des Grecs. Ils réussirent même à s'emparer du navire impérial,